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(1452-1525)
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SES MANUSCRITS INÉDITS
PUBLIÉS ET ANNOTÉS
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AVANT-PROPOS AU MANUSCRIT VÉNITIEN
LE TESTAMENT DE MAHOMET A ALI
Traduit du turc en italien, par J. M. Angiolello
Parmi les nombreux et non moins précieux manuscrits que
possède la Bibliothèque nationale de Venise (Marciana Ba =
B. di San Marco) figure un recueil qui renferme le « Testament
de Mahomet à Ali, traduit du turc en italien, » par Angiolello.
Ce recueil porte la cote suivante : mss. lat. , cl. xiv, n° 123
(4662) ; l’on y compte cent trente-sept feuillets non numérotés.
On lit sur la couverture de vélin : Descrizione del Alcorano
col Testamento di Maometto ad Ali suo Nepote.
Au premier feuillet, figurent les titres des différents manus-
crits. Ceux des deux premiers suivent : « Traduction du Coran
de l’arabe en latin l, par Guillaume Raymond de Moncada,
dédié à Frédéric duc d’Urbino. Testamento fatto da Maometto
ad Haly suo genero vulgarizato da Giov. Maria Anzolello nobile
Vicentino. » Ce document est une copie (ainsi que tous ceux du
recueil), il mesure 1 35 millimètres de largeur, sur 210 de hauteur.
L’écriture est ferme, mais difficile à lire, par suite des nombreuses
abréviations — des termes du dialecte vénitien — de l’orthogra-
phe fantaisiste. Le recueil entier a été transcrit, de 1514 à 1538;
les deux premières copies, entre le 27 juillet 1518 et le 18 octo-
bre 1538.
Le copiste se dit médecin, de Parme : « Joanes Jacobus Par-
1. Bertrand de la Broquière, au retour de son voyage d’outre-mer, apporta au
duc de Bourgogne un Alcoran « escript en latin, don du chappellain du Consul
des Venissiens à Damas. » Cf. coll. Schefer, t. XII, p. 261.
1
— 2 —
mensis bartholotus phisicus », lit-on, au f° 129 v° du recueil.
On ignore ce qu’est devenu l’original....
Mais il importe de se rendre à l’avertissement du sage :
« Tempus loquendi, tempus tacendi. » Taisons-nous et goûtons
à loisir cette si originale traduction, cette curieuse anthologie
morale du Coran {.
Testament de Mahomet
Sequitur testamentum hic atergo Mumethis 2 ad hally 3gene*
rum suum qui filiam habuit Maumethis in uxorem quae pho-
toma 4 dicebatur.
Fu Jan Maria corne scrisse paulo Jovio schiavo di Mustapha
primogenito da Maumeth. Scrisse costui la Victoria de’ turchi
contra Usson Cassan in idioma turchesco et fu molto grato al
gr. turcho.
El testamento 5 fato Maumeth nel morire ad Hali suo Genere
1. Voir 1’ « Analyse du Koran », par Jules de la Beaume, t. IV de la collection
de l’École des Langues orientales. B. Sainte-Geneviève (R1 784, in-4).
2. Maumeth (Mahomet, Mohammed ou Méhémed — le loué, le digne de louanges),
né en 570-622 (hégire), f 632 (Médine), fondateur de l’Islam, auteur du Coran
(voir GeulTroy (1543), appel à la croisade; B. Georgievitz, 1546, idem ; Postel,
1560. Étude impartiale et sympathique du Coran ; — analyse du Coran, par Jules
de la Beaume, coll. de l’École des Langues orientales; Abr. Geiger : emprunts....
Cf. notre bibliographie). On montre encore le tombeau de Mahomet dans la mos-
quée de Médine, ainsi que celui de sa fille Fatimah (cf. coll. Schefer et Gordier,
IX, p. 32 et 33). Selon les Chiites, elle est enterrée auprès de son père; selon
d’autres, au cimetière de Baqy.
3. Hally (Ali, Aly = Sublime), gendre de Mahomet, assassiné dans la grande
mosquée de Koufah, le 24 janvier 661. 11 a son tombeau à Nedjef ; — par contre,
le tombeau de sa femme Fatimah se trouve dans la mosquée de Médine, près de
celui de Mahomet (voir description Bulletin de la Société de géographie, 2* s.,
t. XV, p. 145, et le plan de cette mosquée, dans SeferNamèh de Nassiri Khosran,
Paris, Leroux, 1882).
4. Photoma (Fatoma ; cf. Varthéma, p. 33) pour Fatimah. Les Musulmans vénè-
rent la fille de Mahomet « Settina Fatimah », comme les chrétiens vénèrent
Marie, la mère de Jésus; à leurs yeux, Fatimah, Khadidja, Aïccha et Marie sont
des femmes parfaites. Fatimah, fille chérie du Prophète, devint la femme d’Aly
et la mère de Hassan et Husséin. Hassan est le père des Chérifs ou gouverneurs
de la Mecque (voir le récent travail, sur Fatimah, du savant arabisant P. Lam-
mens).
5. Testament de Mahomet. Sujet à des crises de catalepsie (ou d’épilepsie),
Mahomet n’a pas laissé de testament. Nous avons affaire, sans doute, à un de ces
nombreux écrits destinés à grandir Mahomet et Ali. Écrit d’abord en arabe ou en
persan, il aura été traduit en turc, puis en italien. Nous ne savons si l’original
- 3 -
traduto 1 da idioma turchesca in italop. Joan Maria AnzoleloNobile
vicentino, il quale pizolo siando stato preso da turchi fu ade-
nato con gran credito apresso il gran turcho et era thesoriero
da tute le sueintrade et habiando vivesto co’ loro circa anni (20)
essendo stato christiano fugito el tandem pervene a la patria sua
circha lano 1483, dapo la morte del gran turcho 2.
,V. B. — Nous reproduisons intégralement le texte du manuscrit, même
les fautes d’orthographe et de ponctuation. ( Elles sont nombreuses.)
In nome De dio, il quale fa gracia et liberalita a tutj et rin-
graciato sia, quello dyo il quale nutrisce et mantene tute le créa-
ture del mondo, et al fine salvara quelli sarano stati obedienti
ad esso dio, et cusi corne esso dio è stato causa e principio de dar
la vita a tute le créature, cusi sera inimico di tuti li disobedientj
liquali harano contradito a li soi comandamenti. Et solo la sua
gratia harano coloro liquali desiderano pervenir ad esso dio,
corne è Maumeth e sui seguaci quai Maumeth fu stendardo del
populo et superiore deli prophetj et quello precioso parlador
et quello insignolo che amaestrava zorno e notte atorno le cose et
cantava al populo la fede et la iusticia, et si corne il papagallo
desidera il Zucharo, cusi lui desideravade dirla fede et coman-
damenti de dyo, et diseva il paradiso esser mirabile ornamento
et vita senza recrescimento sed questo era il dileto e piacer di
quai degno et precioso del quai non se pol estimare le sue bonta
et sue gracie et miracoli per chè la gracia del omnipotente Dyo
era semp. con lui, et dapoi considerando questo mondo esser
cossa vana si volsse transformarse al infinito gaudio de dyo et
pregolo che lo trazesse da questi afani et fu exaudito quello
existe encore, ni qui en est l’auteur. En tous cas, l’attribution de ce testament
ne saurait être admise par les critiques. C’est une sorte d’anthologie coranique
très intéressante.
1. Traduction. En thèse générale, il n’est pas orthodoxe de traduire le Coran.
Point de traduction officielle du livre saint, chez les Musulmans ; — tout au
plus, quelques fragments sont traduits entre les lignes du texte pour les fidèles
ignorants. La traduction d’Angiolello nous paraît avoir été faite en vue d’étudier
le turc, moyen employé par l’auteur dès les premières années de son séjour à
Constantinople ; peut-être aussi ce travail a-t-il été fait bien plus tard, pendant
le second séjour de l’auteur en Perse, en vue de gagner la faveur des Chiites.
2. Gran Turco, c’est ici le nom de Mohammed II, le Conquérant (1451-1481).
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che era ornamento del mondo et amaistramento de tuti le gene-
racioni Maumethane et essendoli révéla, dal anzolo l’hora che se
doveva partir da questa vita. prima et fece chiamar suo Zenero,
il quale havea nome haly et li disse. O fiolo di obedientia haly
avanti chio mi parta da questo mondo te volio dar alchuni boni
amaistramenti liquali te priejo et commando siano observadi
da ti et dal mio popolo, et sareti benedetj da dio et da mj et
esso dyo vi porga gracia de farlo.
O Haly le boneperssone sono quelle che sono utile adaltri et
non a se medesimo et li cativj non guardano a grande dâno
del proximo per poca sua utilité. Ancora uno cativo homo
manza et comesse solo. O Haly le meglio adorar in lo tempio
che in altro loco salvo chi volesse orar de note. O Haly le pers-
sone superbe alegrano li richi et stremisseno li poveri. O Haly
le cative perssone se cognoscono nel viver perche vivono d. mal
aquisto, et quando tu vedi prosperar le perssone che vive del
mal aquisto non te dar maravegia, perche dyo voria le se
emendare et non perdere li perdona il peccato. O Haly, il viver
chepiace a dyo è aservarsi de roba de mal aquisto, et con sudor
guadagnar se ne de bon aquisto. O Haly um bon amico 1 se
cognosce a li bisogni et il bon cavalo se cognosce a la bat-
taglia , O Haly in questo mondo fa-che habi deli amicj asai
perche senza amici non e vita. O Haly che non ha amicj è senza
Mane. O Haly le manco mille amicj al homo ch’ intende che
non è uno inimico. O Haly chi in questo mondo non hara
amici il di del iudicio li ochi de coluj guardarano in qua e in la et
da nisuno non trovara favore. O Haly li amicj in questo mondo
sono richeza et intelleto, et in l’altro alegreza.
O Haly il di del judicio li amicj se dirano l’uno al altro
sapevi in ben perche non me lo ricordasti : et perche el no
die uegnir dapo de mi altro propheta 2 te ricordo che questo
mio testamento sia observado et chi lo observara sara honorato
1. Cf. Koran, IV, 62, et J. de la Beaume : Analyse du Coran, p. 700, 15 versets
sur l’amitié.
2. Koran, XXX, 40 : « Mahomet est l’envoyé de Dieu et le sceau des pro-
phètes, comme Jésus le sceau des Saints. » Voir Journal asiat., s. IX, t. XX, p. 68
(le mahdisme est, par suite, une hérésie musulmane, il en est de même du
soufisme).
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dal mondo et ben remunerato da dyo l. O Haly li servi de dyo
se hano tre segni : il 1°) fano oration asai; il 2°) fano grande
abstinencia; il 3°) dano volentieri elimosina. O Haly li inimici de
dyo hanno tre segni: il 1°) disono bugie asai; il 2°) non aten-
dono le promesse ; il 3°) sono denegatori de le robe li sono dat’
in salvo. O Haly li pegri hanno tre segni : il 1° sono pegri in le
oratione ; il 2Ü) non observano li commandamenti de dyo ; il 3°)
non sarano conversevoli eu’ le perssone. O Haly coloro ch. vo-
rano ben fare haverano 3 segni; il p°) disprezarono il mondo;
il sec°) sarano constanti et fortj ; il terzo) sarano patienti
O Haly le perssone perfete harano3 segni ; il 1°) a chi li farano
male li renderano bene; il 2°) chi li biassimara loro li lauda-
rono; il 3°) sovenirano li bisognati. O Haly li ignoranti hanno
tre segni ; il 1°) non observarano li mandatj de dyo ; il 2°) par-
larano asai parole vane; il 3°) sarano detractorj. O Haly le pers-
sone prudente 2 harano tre segni : il 1°) la roba sua sara d.
bon acquisto ; il 2°) conversarano con perssone che sapiano più de
loro ; il 3°) farano le orationi con el populo. O Haly le perssone
imprudente hanno tre segni il p° la roba soa sara d’usura; il
sec0 fuzirano le bone perssone ; il terzo non farano le oration’
insieme con el populo. O Haly li misericordiosi harano tre se-
gni : il 1°) cerchano da meter pace ove è differentia ; il 2°)
amarano pace; il 3°) quello vorano per si lo farano ad altrj.
O Haly le perssone discrète hâno tre segni : primo se abste-
nirano de dar over veder punigion’ ad altrj ; secondo non dirano
malo in absentia a niuno ; terzo, temerano il viver de mal
acquisto. O Haly fa che nunsj la verita che al di del iudicio tu
non sarai vergognato, et se tu fosi per esser morto la fa ti più
presto amazari chedir bugia. O Haly quando tu dai elimosina
da la in ascosto azoche dyo non lo habia per male 3. O Haly ogni
lunafa ch. ali (7) zorni, ali (11) eali (21)tufaci abstinentiaperoche
dyo ha dito che sono pericolosi tali zorni. O Haly dyo creo il
ciel et la terra de domenica, et in tal zorno è bon dar principio
1. Koran, XXIV, 50 , 51, 55.
2. Koran, IX, 72.
3. Koran, II, 273 : « Faire l’aumône au grand jour est louable, la faire secrète-
ment vous profitera davantage. »
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a chi volesse andar inviazo, perch. in tal di li propheti comen-
zavano li soi viazi. Il Marti è bon cavarsi sangue perche chaino
arnazo Abel in tal zorno, Mercore è bon tuor medicine et andar
al bagno. O Haly domanda gracia a dyo de zoba perch. in tal
zorno abraam è morto. O Haly le bon far marital , o di venere ;
perche tuti li prophetj in tal zorno faceano li maritali, de sa-
bato fa-che tu digi oration’ assai perche ancora mi stando a la
mecha diseva oration’ assai et la oracion de Maumeth era
questa : O sumo dyo daGaudio al mio populo : Ancora il sabato
et zoba in questi dui giorni alchune noiè de lo inferno disseno.
O dyo Creator del tudo perche hai creato noj ; et li fu resposo
da parte de dyo che sera sta creado per li peccatorj et lo inferno
rispose sia ringraciato il mio Greatore che me ha creato a
qualche fine. O Haly guarda te che tu no stj de quelli peccatorj
et sarai luntano da lo inferno che dyo il faza. O Haly le da far
conto de le orationi che fano li poveri perche dyo li exaudisse
volentiera: O Haly fa ch. tu sij obediente al padreeta la madré
ancora fa li honore se ben fossero infideli. O Haly chi desidera
far bene et viver de bon acquisto Dyo sempre è in soa com-
pagnia. O Haly chi fara roba d. mal acquisto il divolo fara suo
compario et chi fara roba de bon acquisto Dyo fara suo comis-
sario et al mondo ge ne rendera bon conto. O Haly chi non se
ricordara del nome de dyo spesso sara accompagnato dal dia-
volo, et chi se aricordara del nome Dyo sara sempre con luj et
chi vivera de bon acquisto sara sempre contento et aliegro.
O Haly cinque cosse amazano l’animo del homo et casca in
desperacione : 1° il tropo manzare ; 2°) il sustenir li peccati del po-
pulo; 3°) il non far oration’ al hora débita; 4°) comenzar co’
la man zancha ; 5°) a dir bugie.
O Haly cinque cosse fano perder la memoria : 1°) il tropo
manzar; 2°) passar ne Rsso il loco dove si fa la oratione;
3°) aturbar l’aqua corrente; 4°) a serar li ochi quan se sta al foco;
5°) assorzarssi far roba de mal acquisto. Cinque cosse fano
l’animo del huomo speculativo : 1° recordarsi spesso d. dyo;
2° manzar erbazo fresco; 3° manzar poco; 4° manzar il pan ch.
fusse cascato in terra; 5°) far oration la notte.
O Haly cinque cosse fanno l’animo vivo : 1° conversar con le
1 —
perssone che danno bon exempio; 2° insegnar li poveri ; 3° par-
lar poco ; 4° far abstinentia ; 5° manzar adazio.
O Haly cinque cosse multiplica la luce de li ochi gardar
versso dove se fa oratione ; 2° veder del mondo ; 3° guardar in
la leze de dyo ; 4° guardar in l’aqua corrente ; 5° guardar in
faza del padra et de la madré.
O Haly cinque cosse fano presto invechir l’homo prima asai
pensiere ; la segonda viver ne le zana ; 3° torse tropo melan-
colia; 4° de rico venir povero; 5° spudar spesso.
O Haly la perssona ben costumata sempre die guir a dyo
adciocbe possi al’altro mondo haver gran credito.
O haly chi vivera de mal acquisto sara sempre melancolico
et sara sempre dubioso ne la fede et la oracio. sera exaudita,
O Haly se ’1 peccator domanda gratia a dyo pol esser exaudito
salvo quand’ il peccato fosse por offender dyo. Et quando dio vol
punir uno peccator lo lassa prosperar in roba de mal acquisto
et ( ) de tal perssona perche tuti i pensier soi sono posti
in far roba et si smentica di tornar a dyo.
O Haly quando dyo vol redur una perssona al bon fine ello lo
fa acompagnar da li anzoli et li anzoli dicono : o dyo la tua
creatura ti fa oration exaudi la : et poi dyo risponde : Jo amo
quella Creatura che sempre me chiama et sia exaudita.
O Haly chi ajutara il prox0 ai bisogni dyo lo ajutara lui
a li soi et li dara tanto merito che solo esso dyo lo potra esti-
mare.
O Haly, Dyo non exaudise la perssona se non è contrita.
Ancora la Elemosina non val sino che se posied la roba del
mal acquisto.
O Haly chi morira senza chiamarsi in colpa de li soi peccatj
li anzoli non lezerano il suo nome avanti dyo overo li dirano
che’ 1 è sta uno bugardosich. la perssona ogni ora si debe ricor-
dar de la morte.
O Haly chi morira essendo chiamato in colpa de bon core
sera messo nel nummero di bonij.
O Haly fa che faci Elimosina per li toi mortj pereh. dio ha
creado un anzolo che subito apresentara quello merito a quela
oratione per chi Y è sta fata et quella oratione si prega per coluj
— 8 —
che fa la EIemosa e dise o glorioso dyo colui il quale ha impido
la mia sepultura di splendor de Elemos4 perdonage li soi pec-
cati et aparechiage una de le sedie del paradiso et cusi Dyo
exaudise li pregi de mortj.
O Haly quando sara il di del judicio Dyo comandara ch-’l
mio populo sia menato in paradiso et quando sara apresso il
paradiso venira un altro comio da dyo che dira quelli che
beffavano li poveri essendo al mondo tornali adrieto et me-
nali al inferno.
O Haly a salutar le perssone et ricever il saluto è comanda-
mento de dyo et chi p. salutara hara mazor merito.
O Haly quando la perssona sara al ponto de la morte vedera
cosse terribile secondo havra fato in questa vita.
O Haly quando tu dai Elimosina da la de bon acquisto perché
è meglio dar’ un boccone de pan de bon acquisto che 400 de
mal acquisto.
O Haly quando tu fosi laudado da quache uno per merito non
te insuperbire perch. dyo non ama li superbi ne quelli che se
reputano essergrandj.
O Haly fa che tu converssi con li toi parentj se tu voi viver lon-
gamente et sarai de li mej amicj : ancora chè staracon li soi pa-
rentj stara sempre co’ mi et coloro che fuzivano da li parentj sarano
maledetj da li anzeli. O Haly non te alegrar de cossa de questo
mondo perch. dyo non ama quelli 1 se confidano in questo mondo.
O Haly quando uno dona una cossa ad un altro, poi se pen-
tise et ge la retole è simile a un cane che vomitasse il pasto poi
el tornase a manzare. O Haly el non è honesto a tuor una
cossa donata in drieto salvo al padre et a la madré è licito.
O Haly fa ch. tu stagi cum, faza aliegra perche dyo ama li ho-
mini aliegri et quelli che stano eu. faza non garba dyo li tien per
inimicj.
O Haly quando tu fossi per far qualche cossa fa la con conscio
che dapoi fata tu non te pentissi, et se tu voi far Elemosina fa
la sécréta che tu non faci murmurare perche il murmurar de
le perssone conssuma la roba corne fa il foco le legne.
1. Omission de « chi » dans le manuscrit.
- 9 -
0 Haly fa che tu trati ben li toi subditj adcio dyo te lo habj
de meritar il di del iudicio.
O Haly fa abstinentia de parlar male di alchuno, perch’ el non
torna utilita salvo s’el non fusse per emendar de qualche vicio.
O Haly qn. 1 Dyo vol un per amico el ge da quatre virtu :
1° parlar eu. verita ; 2° a salvar quello li sara dato in deposito ;
3° esser liberale ; 4° aschivarssi da li scandoli.
O Haly domanda sempre roba de bon aquisto perche lo capo
de tutte le cosse che piaceno a dyo. O Haly non pastizar co’ li
grandi et Hali dimando quai sono questi Grandi. Maumeth li
disse li richi perche e li hanoli animj alteri et vivj.
O Haly il mondo è in tre parte : 1° le perssone che insegnano
la Scientia ; 2° le personne che intendono la Scientia ; 3° le pers-
sone che intendeno et observano la Scientia. Siche tu debi
lezer, intender et observar la Scientia et fa che sij sobrio del
vivere.
O Haly fa che tu vadi in leto mondo perche dyo ama le pers-
sone nete .
O Haly qn. tu te lavj non decipar tropo aqua perche eu. aqua
asaj el non è tanto merito et quando tu sarai lavado per far la
oratione di tre fiade « enzelinan » che vol dir. Dyo redime al
ben fare et haraj tanto merito corne se dezunassi (50) annj.
Dapoi dite tre fiate queste parole tu diraj « qulhu valanhohe-
dun » 2. = Jo testimonio esser un solo dyo et poi deto questo,
tu levarai il deto et dira Jo testimonio Dyo esser omnipotente et
Maumeth esser vero Mesia et quando tu nominaraj dyo guarda
versso il cielo et quando tu nominaraj il nome mio guarda
verso la terra. Ancora chiama te spesso in colpa del mal fare et
se tu farai questo che te dice Dyo te lavara di toi peccatj et te
rendera gran merito.
O Haly Zaschadun che se trovara nel servicio de dyo quando
se leva et quando tramonta il sole Dyo lo absolvera de tutj li
soi peccatj se ben fussero piu che lapiega et havesse piu num-
mero che sabione et ceschaduna perssona che ogni matina ad
hora débita fara oratione Dyo comandara che a quella pers-
1. qn. : abréviation de quando.
2. Formule de la profession de foi musulmane, défigurée par le copiste.
- 10 —
sona li sia ascrito uno gran merito et chi non fara la oratione
debitamente sara messo a star nel inferno.
O Haly non far la matina la oratione deputada se il zorno non
si condza schiarirse se tu vol gran merito. Ancora la quare-
sima fa che avantj zorno tu ti levi a far colacione et domanda
gracia da Dyo perche tuti li prophti hâno fato questo et hâno
trovato gracia da dyo.
O Haly vasca il quai ogni venere se lavera tuta la sua pers-
sona ; dio lavara li soi peccatj et trovara merito.
O Haly ciascuno bon servo de dyo quan. a la oration’el mete
il corpo in terra dira o dyo guardame da la furia de li quatro
elementi del corpo perch. i sono pericolosi a l’anima.
O Haly non salutar coloro che beveno vino perche tutj li
anzoli del paradiso lo maledicono. O Haly non salutar li
zugadorj ne li usurarij perche i contrastano co’ dyo et ogni
volta che dio mi manda l’anzolo il me ricorda su questo fato.
O Haly al tempo de la quaresima ciascuno che se trovara a
far la senza roba de mal acquisto et non dira mal del px° et
hara dyo sempre ne la mente altramente la quaresima non
sara valida. O Haly dopo fato pasqua ciascuno che fara 6 giornj
quaresa havera tanto merito corne se tuto l’âno dezunase.
O Haly quan stai a la oratione fa che tu tegni la mana al pecto
perche Jo ho visto le chori de li anzoli in paradiso liquali fa-
ceano oratione tenendossi le mano al pecto.
O Haly avanti che fu faci oratione contempla il nome a chi tu
la fai adcioche il diavolo non te impedisca et ancora se sempre
priego Dyo che guardi il mio populo da la tentacio del dia-
volo.
O Haly Dise l’anzolo chabrielo che se dyo lo havesse fato
homo che lui se adataria far septe cosse: 1° fara la oration’
insieme con el populo a hora débita ; 2° conversaria con pers-
sone che intendesseno meglio de luj le cosse de dyo ; 3° anda-
ria a visitar li amaladi ; 4° compagnaria li mortj a la sepul-
tura ; 5° lezeria le cosse de dyo ; 6° consegnaria al proximo quello
el volesse fusse fato a luj ; 7° faria bona compania a li pupili.
O Haly fa che tu ancora reservi questi sete propositi adcio-
che tu non sij privato de la gracia de dyo. O Haly chi hara
— 11 —
compassio di pupili Dyo comandara al anzolo chabrielo che li
daja logo in paradiso. O Haly chi fara pianger li pupili fara
pianger tuto il paradiso, et dyo comandara ch’ in lo inferno sia
scaldato un logo dove sia messo culuj che li hara fato pianger.
O Haly la piu presta cossa ch. habia l’homo in la perssona è la
lingua perch. condolce lingua l’homo pol andar in paradiso et
con amara pol andar ai infermo. O Haly la perssona ch. réfréna
la lingua del mal parlare conquistara questo mondo et l’altro.
O Haly la perssona che ogni mese fara tre zorni de quares* :
el di dl. iudicio hara la faza corne la luna siando d. 14giornj.
La perssona ch. fara oration’ a dyo et non intendera la subs-
tantia tal perssona sara corne s’ el fusse in la campagna deserta
et non li fusse trozo dove il sapesse in quai loco Validasse
siche le simile al ciecho. O Haly ciascuno che dira 10 volte rin-
gratiato sia quell’ idyo che me nuttrisce et mantiene tute le
créature del mondo Dyo li perdonara li soi peccati. O Haly la
vergogna se contiene co la fede perche la vergogna schiva
moltj scandalj.
O Haly le gran richece sono de picol merito perche le dis-
piaceno a dyo. O Haly el valeno più le orationi si fano de notte
che quelle si fano il giorno.
O Haly ogni zorno chiama tj in colpa ch. mi ogni zorno.
Ancora mi chiamo (7) fiate in colpa.
O Haly ciascuno che si pentira del mal fare el di del iudico
se trovara una cortina tra luj et lo inferno, et sara seguro d. non
andarge .
O Haly non biasfemar alchuna creatura del mondo sia homo
o bestia perch’ a la fine quella biasfema ritornara a coluj che
biasfemara.
O Hali quando la perssona manza o ha manzado s’ el ha rin-
gracia. dyo et quan el venere lascha lavadadel mal fare se chia-
masse in colpa il di del iudicio senza esser examinada andara
in paradiso. O Haly il tropo dormir amaza l’homo et fa lo
deventar zalo et il poco dormir fa vivo lo animo et colorisse la
perssona. O Haly fa abstinentia de far peccadi perch’ el peccato
fa negro lo animo et apentir se, poi fa l’animo vivo et incolorise
la faza.
- 12 —
0 Haly quando tu voj domandar una gracia domanda la a
perssona aliegra perche l’anemo de tal perssona è neto. O Haly
chi disprezara questo mondo il di del iudicio el passara el
ponte de gracia el quai va in paradiso presto corne la saita 1
quando la è trata et andara in paradiso. O Haly la perssona che
desidera cosse di mal acquisto sara in disgracia de dyo.
O Haly chi dara da manzare a lo affamato dyo li perdonara
ogni gran peccato. O Haly ciascuno che se contentara del ben
et del male datto da dyo Dyo si contentara de luj. O Haly quan.
una perssona te domandara un servicio attendi a fargelo più
presto tu poi perch dyo te rendera in cambio 70 servicij.
O Haly honora il forastiero et fa li bona compania. perch.
dove va il forestiero la roba abonda. O Haly quan. un forastiero
ariva in una casa tutj li peccadi de quelle perssone d. quella
casa se levano. perch. dyo comanda quelli peccatj esser gittati
in mare. O Haly quan. dyo vol mandar qualch. disgracia a
qualche uno, prima el ge leva lo andar de forastieri in casa.
O Haly no. guardar a li toi superiori Ma guarda a li inferiorj
acio ti vegna da ringraciar dyo de quello tu te trovj havere.
perch. ogni cossa è data da luj. O Haly no haver odio ad al-
chuno perche il diavolo se aliegra. O Haly leva te avanti de li
slropiadj perche dyo li exaudisse.
O Haly no. te usar a tuor sacramento perch’ el vien a manchar
la reputacio et ( ) ancora la fede, salvo se tu non lo vo-
lesse abstenir te da qualche vicio et fer sperzuro sopra de
quello.
O Haly versso sera non dormire perch. el seguadagna per
quello a soj malj. et quan. tu ori no guarda versso il sole perch5
el se discaze di honôr. O Haly quando tu liai pisado se tu non
trovj piera no te forbir con altro che con terra over sabion 2.
O Hali no. portar la camisa roversa et stagando in piedi no. te
meter la muanda perch. el vie. da poco Seno. O Hali verso il
soleovero versso la luna no mostrar il tuo dorsso nudo perche
intraviene vergogna et ancora lo homo sevenaglona. Non te
1. Saita pour saetla.
2. Sabion, usage juif aussi.
— 13 -
tagiar ancora le ongie con li dentj perch. ladvien poverta et
ancora stando no. te conzar il fazol. in testa.
O Haly fra Gambeli et muli no passare perche l’adviene de
moltj mali, ancora no butar cossa ch. se manza in ne in loco
dove se fa la oratione perche l’adviene gran danno et gran
peccato. O Haly no. guardar li secretj altruj et li toi no. li mos-
trarad alchuno, perche dyo ha maledeto coluj che mostra li soi
secreti.
O Haly quando tu hai comenzata la oratione Non parlar a
nisuno fino che non la hai finita perche è pericolo de morte e da
timoré. O Haly no te sperzurar troppo perche l’adviene poverta.
O Haly no schizar co li amicj perch. el fa inimicicia. Ancora
honora il tuo vicino che Dio tihonoratj. O Haly no. caminar con
alegreza se tu non voi esser inimico de dyo. O Haly non andar
inCamino solo, perch. l’adviene de moltj casi : Ancora no. sen-
tar al foco essendo scuro et no manzar al scuro perch’ el dia-
volo vien et manza insieme. Ancora quando tu manzi fa li bo-
coni pizoli perch. el ge è gran pericolo. Ancora no. te terassano
de cossa che le inanchi perch. il darsse affano è cossa inutile.
O Haly quando tu sei per far una cossa avanti che tu la prin-
cipe consegia te con altrj et la tua intentione andara bene.
O Haly no esser superbo perch. dyo nontomali superbi et quando
dyo ode parlar co superbia fievrosa. O Haly no parlar a nisuno
li toi secretj se ben fusse tuo amico caro perche tempo poria
venire che séria inimico et il pentire dapoi non vale.
O Haly no. longar la lingua a li toi menorj. Ancora li toi
schiavi et schiave no. tenir con dispresio et no li. smachar et
quando ge comandi no. ge comandar con rebufo. Ancora no.
esser causa d’impoverir quelli che te serve, anci da ge favor de
far bene. Ancora fa honor a li toi forestieri se ben fusseno in-
fideli perche dyo ama li forestieri, et manda li achj esso ama
siche El sede far reverentia a li forestieri.
O Haly fa che tu sij fidele a coloro che te darano roba in
salvo et ciascuno che si contentara d. quello li sara dato de
dyo sara exaudito da Esso. Anchora fa che tu sij fidele in la
testimonianza che tu faraj perche se tufarai altramente tu serai
degno de morte.
- 14 —
0 Haly quan. tu te comenci a vestire over tu comenci altra
cossa simille ogni flatta di al nome de dyo et quan tu intrj in lo
tempio porzi il pede dextro avanti et poi di in nome di dyo et
testimonieraj esser solo omnipotenteet mi esser servovero Mes-
sia. O Haly fa che ogni zorno tu digi gia fin che vol dire l’officio
di mortj et dyo sara contento de tj. O Haly ciascuno dira il
« lachar furessi » il venere de sera, cioè una oration che se
dise il venere de sera dyo mandar un splendor adosso de coluj
il quale sara splendor corne una colona che tocara dal cielo in
terra et quella tal persona sera sempre piena di splendor.
O Haly chiamaratj spesso in colpa et ricordaratj de mj et di-
raj queste orationi lequale non se scriveno perche sarebbe
tropo da dire.
O Haly sono sete companie quai intrarano in paradiso senza
esser examinade il di del iudicio : la la di coloro ch. se chia-
marono spesso in colpa; la 2a) di coloro che darano Elemosina
sécréta; la 3a) de colo. che temerano far male; la 4a) di coloro
che si trovarano far oratione do hore avanti zorno; la 5a) de
quelli sarano pacientj a le adversita ; la 6a) de quelli pianzerano
il teror de dio contra li malfatorj; la 7a de quelli demarano li
savij de la leze. O Haly colui il quale sparagnara da lieri a ozi
per far roba et non sovenir il prox0 colui è rebello de dyo et sa-
ria meglio tal perssona esser morta che esser nata.
O Haly chi non credesse che la abstinentia fusse utile saria
senza fede. O Haly adorar dyo non vale senza scientia. O Haly
quan tu manzi fa li boconi pizoli et masticali bene et il paslo
si convertira in utilita et non in dano ne periculo.
O Haly non chiamar li Zudei p. altro nome che per zudio.
O Haly ciascuno sera rebello a la Mecha o ali di quanto li fa-
rano vivi non li haver remissione. Ma combati con ellj perch’
essi combateno con dyo. O Haly chi guidara un orbo, dyo li
perdonara cento milia peccatj. O Haly quando tu te vestirai da
novo, da li pani vechi a poveri adcioch’ al di del iudicio tu non
habi a seder raso a dyo. O Haly s’el tuo prox° te domanda so-
corsso soccori lo senza falo.
O Haly quando è l’hora de la oratione fa che tu sij di primi
et trovaraj asai merito. O Haly ogni perssona si ha quatro vene.
- 15 -
zioè la vena de la mateza, la vena de la vechieza, la vena de la
superfluita et la vena del ciecho.
O Haly da une che è rebeilo non se trova promessa che sia
adesa da un buxaro non se trova utilita et da invidioso non se
trova Misericordia. O Haly chi fano la quaresa hano doi alegrece
una per lo merito, l’altra fazendo la quaresa con cibi che siano
de bon acquisto haverano alegreza del paradiso.
O Haly li veri servi de Dyo hara tre virtu : pa viverano senza
macula ; 2a starano in bona coscienza; 3f farano oration’ ad hora
débita.
O Haly meti te in li ochi del surme et multiplicarai la vista. O
Haly el surme è una polvere negra. O Haly fa ch’ una volta la
setemana tu te tagii le ongie et ogni (20) zorni de luna te lavi li
pelli de la perssona et li pedi et sera di meglio.
O Paly quan. lezerai l’alcoran dimanda gracia et serai exau-
dito.
O Haly se tu voi che la tua roba multiplichi lezi l’alcoran.
O Haly ogni cossa créa co’ causa, la causa ch’è esser in gracia
de Dyo et far bene et a far male . è. in desgracia de Dyo.
O Haly, Dyo senza falo dara gran tormento a due companie :
una sara li ladri, l’altra li falssi sacerdotj. O Haly chi dira
200 psalmi de l’alcoran sara de li amici de Dyo; et chi lezera
l’alcoran et non discernera il ben viver dal male, il di del iudi-
cio coluj sera menato senza ochi nel inferno.
O Haly quan tu farai uno servicio al prox° tuo, fa Jo ch’ sia
in piacer de Dyo, et coloro che vorra converzer la verita
con il falso il di del iudicio li sera messo al colo zogie di foco
zioè 70 p. uno dequelli et se una di quelle zogie di foco. O Haly
da bona fama a toi fîlioli et retiene le dà la libidine asai.
O Haly no. manizar Galo biancho perche ’l è mio inimico.
O Haly, la uva negra (overo salvatica) da vigor da perssona et
conssuma la filegma.
O Haly insegna a le tue done la oracion del spirito santo et de-
chiara ge quello vol dire. O Haly torrai la xa da li richi et dara
la a li poveri et non donandola de volunta tolila per forza et con
quellj non conversarne li salutar et no. tor il saluto. O Haly in
quella casa ove sera caxedo melle et uva negra in quella casa li
— 16 -
alti anzoli ge intrarano volentiera. O Haly in quella casa Dove
è imagine cantj instrumeti et vin e done et non vi è fores-
tiero in quella casa gli anzoli non ge habitano.
O Haly no. menar stragi in casa perche le sono causa d. molti
malj.
O Haly maniza granata assai perche li conservano la sanita. O
Haly tagia il melon dal cavo et descoverzerai le macule. O Haly
quando tu manzi datali no. butar via li ossi. Ma fa di pater nos-
tri et haraj merito assai. O Haly no. manzar carne troppo grassa,
perche la conturba l’animo. O Haly quando tu ( ) di mi
ringracia. sia dyo omnipotente : O Haly quan. vai in viazo di
nove volte giassanche . è . un psalmo del Alcoran et non haraj
paura che alcuna persona te noya. O Haly quan. harai paura de
qualche tuo nemico dimi queste parole : O anzolo Ghabriel
o Anzolo Michael, o Dyo de Abraam, e Samuel 1 2, o vera leze de
David, de Moyse, de Ghristo et Maumeth, defende mi da ogni
pericolo et sarai salvo e seguro.
O Haly il luni de note et mercore de note non usar con dône
perch. facendo fîglio sara costionero. O Haly la notte de pasqua
non usar co’ dona perche sel nascera fio. maschio dara fas-
tidio al padre et a la madré. O Haly stagando verso il sole in
pie no usar co’ dona perche sel nascera un fio. pisara in leto
spesso.
O Hally quan. tu usi co' la dona no parlar et no li guardar in
la natura perche s’el nascera fîglio sera muto over cieco.
O Haly no. usar co’ dona soto arbero fructifero perche sel nas-
cera fîglio el sera crudele. O Haly fora de la oracione fino a la
fine Non usar co’ dona perche sel nascera fîglio sara grand usu_
raro. Et ogni volta che tu voi usar con dona dirai : al nome
de dyo altramente el diavolo sera présente a quel fatto et per tal
causa procédé che moite flatte le créature nascono stropiade et
senza membrj. O Haly quan. la dona ha il suo male no usar
1. Gabriel et Michel. Le nom de ces deux anges revient le plus souvent dans le
Coran : aussi bien, c’est Gabriel qui l’a apporté du haut du ciel. Les Musulmans
croient non seulement en Dieu, en la révélation, en la prédestination, au juge-
ment général et aux prophètes, mais aussi aux anges.
2. Abraham, Samuel, sont les noms le plus souvent cités dans le Coran, parmi
les prophètes.
- 17 —
con essa perche se nascera figlio el sera mal sano et in pericolo
de esser leproso.
O Haly a luce di luna over di Stella essendo in loco discoperto
no. usar co’ dona perche nascendo un figlio sara infidèle. O Haly
la sera de la matina tj volessi andar in viazo Non usar co’ dona
perch’ il figlio sara disipator de roba : et quan. tu te forbi
dapo el fatto no. te forbir co’ peza vechia perche l’amor che è tra
fhomo e la dona se perde et intraviene separacione. O Haly li
venere de notte usaraj co’ la tua dona perche se nascera un figlio
sara d‘° d’inzegno. O Haly usa co’ la tua madona anchora il
sabato de notte perch. el fio. che nascera sara sacerdote. O Haly
ciascuno che di zoba avanti mezo zorno usase co la dona, il
figlio che nascera sara piacevole, bon et di bona conscientia et
tanta sera la sua bonta che il diavolo scampara da luj.
O Haly ciascuno ch’l venere avanti mezo di usara co’ la sua
dona nascendo fio sara de mente neto et disprezara il mondo et a
la fine morira per la fede.
O Haly tu observaraj questo testamento ch’io lo ho observado
da lo Anzolo Gabrielo et l’anzolo Gabriello l’ha observado da
dyo. Ancora tj observalo et ciascuno che lo observara et senzera
p. esso per ogni loco ove andara sara honorato et dyo vi porzi
gracia et saretj contentj.
Rescrito past. per maistro Zua. Jac° Bartholoto da parma 1.
in Venetia 1518 Alj 27 lugio et Jo lo rescrisj poi a li 18 otto 1538 2.
1. Zuan Jac° Bartholoto, copiste de la traduction du testament de Mahomet à
Ali, par Angiolello. Il était de Parme, médecin. Voir folio 129 du recueil vénitien,
qui renferme la copie de cette traduction.
Pour la biographie du traducteur de ce testament de Mahomet, voir notre
thèse de doctorat : « Essai sur la vie et l’œuvre d’Angiolello dit Jean le Vicentin
(1452-1525). » En vente, chez M. Charpentier, 43, rue de Fleurus, Paris (VIe).
2. Les points de suspension entre parenthèses indiquent un, deux ou trois
mots indéchifîrés.
2
NOTE PRÉLIMINAIRE AU VIAGGIO INEDITO
AUTREMENT DIT A L’EXPEDITION DE NEGREPONT
De Fr. et J. M. Angiolello
Le 26 avril 1881, à l’occasion des « faustissime nozze » de
M. Lampertico (fils du sénateur Fidele L.) avec Mlle Laure
Balbi, Andrea Capparozzo, alors bibliothécaire de Vicence, a
édité pour la première fois, chez Staider, le manuscrit italien
n° 32. Ce document relate le voyage de François et de Jean-
Marie Angiolello, de Vicence à Venise, à Négrepont, à Constanti-
nople. Capparozzo l’a publié avec une notice sur Jean-Marie,
sous ce titre : « Délia vita di Gio. Maria Angiolello etdi un suo
inedito manoscritto » (Vicenza).
Le manuscrit vicentin n° 32 (Bertoliana B.) n’est pas un
autographe, mais une copie en cursive ; il mesure 296 millimètres
de haut et 219 de large.
Imprimé à un très petit nombre d’exemplaires, et distribué
en présent, il n’est plus en librairie et, par suite, il est très dif-
ficile à trouver. Cette brochure de vi-46 pages figure à la biblio-
thèque « Saint-Marc de Venise » dans un recueil de voyages
qui a pour titre : « Miscellanea storia civile Geograf. n° 3418. »
Nous l’avons reproduit en respectant jusqu’aux incorrections,
et aux formes propres au dialecte vénitien que présente le
texte. Dans la petite notice, qui précède l’édition du manuscrit,
l’on retrouve ce que savaient d’Angiolello les historiens du xvne
et du xvme siècle.
- 20 -
Corne l’anno 1468 Jo. Francesco et Gio. Maria mio
Fratello deglo Anzolelli Vicentini, partimo Da Vi-
cenzo 1 A’ Di 5 Agosto per lo Viaggio di Negroponte,
Et quello, Che Ne Incontra fino Alla Ritornata.
Alli d5 d’Agosto il giorno délia Madonna si levassimo dal
Porto di Venetia 2, et il giorno seguente si levô una fortuna
grandissima, la qualè duré dal marti di notte fin’ alla zobia, et
venne una saetta che intacco l’arbore délia Nave, et ammazzù il
Botter, il quale si ritrovava in sentina, et era il tempo tanto
oscuro che mal si conosceva il giorno dalla notte; alla fine
mediante l’aiuto d’Iddio, si fece bonazza ; et ritornati al predetto
Porto fu messo il morto in terra, et racconsi li mancamenti
délia Nave di novo si levassimo per seguitar il viaggio nostro,
et in giorni otto giungessimo a Modone 3, et ivi dimorassimo circa
in mese, poi montassimo sopra una Galea sottile, Patron Mess.
Giacomo Nani 4, et alli 26 di settembre giungessimo a Negro-
ponte 5 et essendo stati circa un anno a Negroponte in questo
tempo era Capitano dell’ armata di San Marco Mess. Nicolo da
Ganale 6, et alli 12 di settembre il prefato si levo con l’armata
1. Vicence (Vicentia, Vicentina, Vicenza), à soixante-quinze ou quatre-vingts
kilomètres ouest de Venise, cité vénitienne (de 1404 à 1797), sauf un léger inter-
valle, au commencement du xvie siècle (voir la topo-bibliographie d’Ulysse
Chevalier).
2. Venise (Venetia, Venezia), l’antique ville des Doges. Au xve siècle, l’une des
premières puissances de l’Europe chrétienne. Elle a pu s’appeler avec raison la
« Dominante » (voir les chroniques et les histoires des historiographes officiels et
la topo-bibliographie d’Ulysse Chevalier).
3. Modon (Mothon dePausanias, Moudon de B. de la Broq., p. 8. — Méthone de
Spandouyn, p. 326 et n.). Ville située à six milles de Navarin. Elle fut vénitienne
de 1124 à 1498 et fut enlevée par les Turcs, le 26 août (98) (voir la description
de Modon, par Spand., p. 38, 181 n., 302 n. — Du Fresne Canaye, éd. p. H.
Hauser, p. 179 et n., et p. Leake : « Morea, » t. I, p. 429).
4. Nani, famille patricienne de Venise, illustrée par celui-ci et aussi par un
ambassadeur et historien du xvue siècle, « J. -B. Félix ».
5. Négrepont (Euripo, Eubea, île séparée de l’Hellade par le canal de Négre-
pont, anciennement Euripe). Cette île fut vénitienne de 1210 à 1470, turque de
4470 à 1821 ; elle est grecque depuis.
6. Nie. da Canale, cet amiral vénitien qui saccagea Enos en 1469, perdit l’ile de
Négrepont (1470). 11 n’échappa à la mort que grâce à l’intervention du pape
Paul II. Il fut relégué à Porto-Gruero.
— 21 —
da Negroponte, la quai armata era ben ail’ ordine e fornita di
Stradiotti et Sollevati parte di loro a Napoli di Romania *, altri
vennero di Turchia 1 2, Coron 3 et Modon, et parte da Negroponte,
et con tal Armata andarono et presero un castello del Turco, il
quai Castello è chiamato Eno 4, et dapoi saccheggiando, fu
bruciato, et quelli che furono presi maschi et femine furono me-
nati a Negroponte con grandissimi trionfi et allegrezza delli nos-
tri, et ivi furono vendute più sorte di robe, corne tapezzarie,
ori, argenti, gioie, lequali erano la maggior parte di Cristiani
Greci, li quali furono lasciati in liberté.
Dapoi condotti a Negroponte li Turchi, che non erano tanti,
furono fatti schiavi.
Intendendo il Gran Turcho il danno ricevuto da’ Cristiani cercô
de farne crudel vendetta ; et comando a sua possanza per terra,
et Armata per mare, et Lui in persona vienne per terra, et fece
capitano délia sua armata Maumud Bassa 5 ch’ era il primo
huomo che avesse il Turco in questo tempo : la detta Armata
era Galere sotile et quattro Galeazze, et altri Navilii sino al nu-
méro di 300. Alli di Giugno 1470 giunse l’armata del Gran
Turco, et mossero subito senza alcun contrastoad un luogo detto
il Turcoo appresso la bocca del Porto chiamato lo stretto di San
Marco, lontano délia Terra circa un miglio. In quell’ hora us-
sirono délia Terra circa 200 persone con alcuni a cavallo, et
1. Napoli di Romania (Nauplie, ville forte de Morée, 6,000 habitants; elle a été
capitale de la Grèce jusqu’en 1832; elle comptait alors 30,000 habitants). Malgré
un siège héroïque (1537-1538), Venise dut céder cette place aux Turcs en 1540.
2. Turchia. La Turquie comprenait, vers 1470 : la Turquie d’Asie et presque
toute la péninsule balkanique. Réduire celle-ci sous son sceptre, fut la politique
de Mohammed II. A sa mort (1481), Constantinople était la capitale de l’Islam, le
Bas Empire était détruit, l’Albanie et l’Épire subjuguées, l’Asie Mineure tout
entière réduite. De plus, l’État possédait une organisation complète régie par le
Kannoun Nameh, loi fondamentale.
3. Coron (Colonis), ville située sur le golfe de même nom, ou golfe de Messénie,
à vingt kilomètres est de Modon. Elle constitue une ville forte de Morée. Son port
est peu sûr (voir Spand., p. 143).
4. Eno (Enos, Inos, Ænos), ville située près de l’embouchure de la Maritza,
7,000 habitants, enlevée par Nicolo da Canale en 1469 (voir coll. Schefer, t. XII,
p. 173). Elle appartenait, au xv* siècle, aux Gattilusio, tributaires des princes
ottomans.
5. Maumud B., vizir et favori de Mohammed II, se signale en Serbie, à Trébi-
zonde, à Lesbos, prend Sparte, Négrepont, jalouse « Chas-Amurat » ; cf. Guil-
let, passim, et sa mort, II, 223.
- 22 -
ammazzarono alquanti Turchi, et portarono alla terra 12 teste,
et delli Gristiani solo uno ne fa morto, il quale volse restar dopo
gli altri per dispogliar un Turco morto. Alli 13 detto, li Tur-
chi fecero un ponte con Fuste et Palendarie a tra verso il pre-
detto Lago, detto lo stretto di S. Marco.
Finito il ponte alli 15 detto gionse il Gran Turco con grand’
esercito a piedi et a cavello, et moltitudine di Gambelli carghi
di cose necessarie a tal armata ; et il Gran Turco et parte delT
esercito passo il ponte, et con ordine compartirono la sua giente
in un’ Isola, et luoghi circostanti alla Terra, et misero la detta
Terra in estremo assedio.
Scaricate le artigliarie, alli 17 detto furono tirate con gran
mortalité di quelli che tiravano ; per Tartigliarie tirate dalli
nostri délia Terra fra il giorno et la notte ne furono tirate et
messe in diversi luoghi, dove potessero far maggior danno. In
prima fu posto al nome del Gran Turco una bocca grande et
3 morteri, i quali erano molto grandi tal che la pietra che usciva
da quelli era di spane 12 di circuito, ancora con quelli si tira-
vano fuochi artifîciali, onde le persone erano in gran terrore
per la gran confusione di quelli, et moite persone non si assi-
curavano d’andar nelle case, ma si riducevano al circuito délia
Terra verso le mura ; perche tiravano la più parte al mezzo délia
Terra, le altre4 bocche tiravano ad un rivelino, detto lo Stretto,
et scorrevano tutta la facciata del Burchio perfino al Tempio.
Ancora ne furono poste sinq’ altre bocche dalla parte di
Santa Chiara, che rispondevano pur al rivelino del Tempio
fin alli Molini dov’ era il ponte levatore del Castello ; ancora ne
furono messe tre altre bocche in terra ferma, che risponde-
vano pur al tempio fin al Castello et tiravano anco da una
parte del Castello, et dall’ altra parte del Castello appresso
il Porto, ne furono post’ altre bocche, le quali rispondevano
ail* Arsenale et alla facciata del detto Castello insino dov’ era
la Pescaria che confina con la Zudeca, et tutte queste XI
bocche furono piantate al nome di Murat Bassa *, Capitano
1. Murat B., p. Mourad P. appelé : « Chas-Amurat », par Guillet « Chas = le
bien fait », surnom turc); de la maison des Paléologue, favori de Mohammed II,
— 23 —
y
di tutta la gente d’arme del Gran Tarco délia Romania *.
Depoi ne furono poste altre 8 bocche grosse, che la pietra
che usciva da quelle era spanelO di circuito, et furono piantate
sopra una ponta verso la bocca del Porto, le quali rispondevano
al rivelino del Burchio, che teneva tutta la Zudeca ; et queste
8 bocche si tiravano a nome di Maumud Bassà Gapitano delP
armata del Turco, et a questo modo stavano l’Artiglierie attorno
la Terra, di modo che le mura non potevano durare, et rima-
sero in più luoghi rovinate, et cosi dalla parte del Burchio fino
dove teneva la Zudeca, et per tante artigliarie et spessi tiri di
quelle, non si poteva far ripari, che durassero, essendo uscisi
molti dei noslri da quelle; perché scorrevano per tutta la Terra
per lungo et per traverso, che le persone non si potevano schi-
fare, ma convenivano perire. Tuttavie sollecitando la gente
Pagana con spingarde, schioppetti et freccie assai si appros-
simavano con li gradizzi et ripari à luoghi rovinati per esser
alL’ ordine a dar le battaglie. Alli 29 Giugno il Giovedi di notte
circa due ore avanti giorno si comincio un gran rumor di tam-
buri, et gnacare, et molti altri istromenti, i’ quali si usano in
Pagania et con gran strepiti di voce tutti gridando, assaltarono
la Terra da più bande, et si cominciarono una battaglia gene-
rale : la quale durô délia predetta hora, per fin’ a 14 bore del
giorno, et li Gristiani con ordine si difesero, et ammazzarono,
et ferirono gran quantité di Turchi con molti Gristiani. Final-
mente furono rotti li Turchi. Vedendo il Gran Turco la molti-
tudine délia sua gente morta, comando che la battaglia ces-
sasse, et pur tuttavia Tartigliarie lavoravano con gran danno
delli Gristiani.
In quel tempo si ritrovo per Bailo délia Gitta di Negroponte
Mess. Polio Erizo 2 et Gapitano Mess. Hierolamo Calbo 3 et
mort en 1473. Cf. Vie de Mohammed II, par Guillet, l. II, p. 208 et 220; N. Jorga,
II, 201 et 202.
1. Romania (Roumélie) : pour les géographes orientaux, toute la partie euro-
péenne de l’empire ottoman. Ce nom signifie pays de Roum ou de Rome.
2. Erizo. Les Erizzi = noble famille vénitienne. Paulo Erizzo, victime, ainsi que
sa fille, de la cruauté du Conquérant (1470) ; illustrée aussi par Séb. Erizzo (Eri-
cius), littérateur et antiquaire vénitien, 1522-1585, et par François, doge de 1632
à 1645, qui mourut au moment où il allait secourir Chypre, assiégée par les Turcs.
3. Calbo, voir Sabellico, trad. L. Dolce et Sanuto, ap. Muratori, XXII.
— 24 —
Camerlingo Mess. Andrea Zane *, et vi era Mess. Zan Bondi-
miero 1 2, il quai era stato Gapitano et poco avanti l’assedio
hebbe cambio dal predetto Mess. Hierolamo et non si puotè
partire, ancora vi era venuto in suo cambio, et lui per andare
a Venetia era gionto a Negroponte, et non si puotè partire ; an-
cora vi era altri gentiluomini Venetiani et alcuni nativi nella
detta Gittà di Negroponte.
Era Gapitano di 400 Fanti Tomaso Schiavo 3, il quale fu
traditore, corne di sotto si dira. La Gittà era ben popolata di
persone ricche et grossi mercanti, et era abbondante di vettova-
glie d’ogni sorte, corne di pane, vino, carne, pesse, et salvati-
cine assai, tal che era in grandissimi trionfi, et ricchezze. Ora
intenderete, il tradimento che fece il detto Tomaso Schiavo Ga-
pitano délia Fantaria.
Tomaso Schiavo era valente délia sua persona, ma non era
huomo da si fatta impresa corne quella di Negroponte, et per
haver alcuni suoi parenti con il Turco, trovandosi in cosi
grand’assedio, corne era il sforzodel Turco, dubito, et penso se-
cretamente di mandar un messo al Gran Turco per francar la
persona et famiglia sua da morte, il quai messo fu un suo
Caporale, detto Luca da Curzolla il quai havea un fratello nomi-
nato Francesco, al quai éra stata rotta una coscia con una balla
di piombo, il quai Caporale si parti insieme con un suo Fami-
glio detto Francesco da Ragusi.
Il Bailo et il Gapitano furono avisati délia fuga del predetto
Luca, con ii Famiglio, et perô mandarono a ritener il Fratello
del detto Luca, et fu messo alla corda, et non aspettando quella
il predetto Francesco per esser giovinett.o confesso tutto il tradi-
mento, prima disse esser il vero che Tomaso Schiavo havea
mandato suo fratello al Gran Turco a dirle, che il Giovedi di
notte egli dovesse far fare un’ altra bataglia, ch’ esso Tomaso
terria modo di lasciarlo entrare nella Terra, offerendosi lui con
la sua fameglia volergli essere servitore.
Li Rettori havendo fattonotar il detto del sopradetto Francesco,
1. Zani, voir Muratori, XXII, 1190.
2. Bondimiero, voir Muratori et Faroldo, p. 359.
3. Tomaso Schiavo, traître, et exécuté comme tel.
— 25 —
secretamente lo fece morire, et quel giorno non fa latto attro
motto, nè l’altro seguente per non metter Tomaso in sospetto,
dubitando ch’ egli nonfacesse qualche novità, per baver seguito
dalla compagnia sua; dappoi il terzo giorno di mattina il Bailo
et il Gapitano et altri gentilhuomini di Venetia, et alcuni Gitta-
dini délia Terra, se adunarono nella Loggia, e tutti insieme
deliberarono di far morire Tomaso; onde secretamente fu dato
ordine ai 12valenti huomini, li quali s’ascondessero in Cancel-
laria, la quale era appresso la predetta* Loggia ; dapoi fu man-
dato a chiamar Tomaso, facendole dire che là si volevano consi-
gliar d’alcune cose in beneficio délia Terra, et lui vienne con
circa 40 compagni armati d’arme inhastate, et arme di dosso,
et la spada cinta, bench’ egli non fosse lecito a venir a quello a
quel modo con tal compagnia, pur per esser il campo alterato
presupposero che venisse proveduto, sospettando del suo man-
camento. Onde Tomaso Schiavo gionse nella Loggia, et li cir-
costanti congli tutti altri se levarono in piedi,fingendo di fargli
honore con allegra faccia, et mostrando di honorarlo, et do-
mandarlo, nelli suoi buoni portamenti fingendo che non si sa-
pesse il suo trattato con il Turco, et il Bailo in fra gli altri le
disse : O Gapitano State di buona voglia che ancora spero di
vedervi Gapitano dell’ armata di S. Marco di gente d’arme, et
cosi stettero in diversi parlamenti per duoi hore; quando poi
parve al Bailo che Tomaso havesse deposto il sospetto si voltô
verso quei Compagni, li quali erano venuti in compagnia di
Tomaso et disse : O valenti huomini, date una volta attorno la
Terra, et vedete corne sono fornite le poste d’huomini, acciô che
non intervenisse qualche danno, et dall’ altra banda cosi disse
Tomaso : Andate et tomate, ch’io vi aspetto qui.
Partita la predetta Compagnia di Tomaso, il Bailo, pigliô il
detto Tomaso per la mano, fingendo volerli parlar di secreto,
et lo fece sedere et poi lo condusse verso la Cancellaria, nella
quale vi erano li detti 12 huomini, et lo fece voltar le spalle
verso quella, et quelli 12 huomini pianamente uscirono fora, et
misero le mani adosso di Tomaso Schiavo, et a duoi suoi fami-
gli, li quali erano rimasti seco, et subito furono menati sopra
la Loggia, dove si dava il tormento a malfattori, et senza altro
- 26 -
indugio per comandamento delli assistenti furono coppati, et
impicati con un piede in su nel mezzo délia Piazza. Subito il
Bailo monto a cavallo a son di trompetta, et andava per la
Terra confortando le persone. Li Cittadini si levarono a ru-
more dicendochevi erano molti soldati nel trattato di Tomaso,
et per ogni modo volevano che fossero presi et fatti morire, et
li Presidenti per manco scandolo, ne fece presentare aile pri-
gioni intorno a quaranta : trà quali vi era uno, il quale havea
nome Polio da Trani, Gaporale, et uno havea nome Piero dalla
Simia, un altro Andrea Albanese il Calogero; tutti questi no-
mati per valent’ huomini, et molt’ altri, li quali erano bastanti
nella Terra a gran difesa.
Li Presidenti fecero chiamareunGonteslabilech’eraFiorio di
Nardo1 et egli raccomandarono quella poca campagnia, la quale
era rimasta di Tomaso, et gli furono fatte gran proferte.
Et pur li Turchi tuttavia sollecitavano con ogni suo ingegno
et forze di danneggiar la Terra. Dopoi la passata Zobia giorni 8
si comincio un’ altra battaglia generale molto aspra et crudele,
per modo che mori gran quantita di valent’ huomini et alla fine
li Gristiani rimasero vincitori et romperono li Turchi, et per lo
predetto caso di Tomaso Schiavo li Cittadini et Gandiotti odia-
vano li soldati, interponendoli il trattato di Tomaso et del pre-
detto Fiorio di Nardo. Vedendo la Terra cosi alla strette, et Lui
et li compagni mal veduti dalli Cittadini, una notte fmgendo
voler far nettar dove havea rovinato T artigliaria , et il bon Fiorio
se ne fuggi dal Turco. Vedendo li Cittadini et Candiotti, che gli
erano fuggiti gia 4 soldati, il primo fu un Zorzi Bellafante,
del quai non ne fu fatto caso per essere un huomo tristo, et il
secondo fu Luca da Curzolla con un suo famiglio; il quarto fu
Fiorio di Nardo; li predetti Cittadini et Candiotti, si misero
insieme, opponendo a molt’ altri soldati, et per esser nella detta
terra più forti essi Cittadini et Candiotti i Presidenti non gli po-
tevano contradire et quasi contro sua voglia gli fecero appre-
sentar alquanti altri soldati aile prigioni. Oltra questo, dove
s’ incontravano per la Terra erano aile arme, ferendosi et am-
1. F. di Nardo. Cf. Malipiero, Archivio siorico, VII, p. 45.
— 27 -
mazzandosi corne inimici capitali et tutt’ era danno nostro,
et delli huomini che mancavano per li predetti errori.
Li prefati assisterai coq gli altri Gentilhomini molto si con-
tristavano, non potendo rimediar a tal danno, ma pur sperando
del prefato Mess. Nicolo da Ganale capitano deir armata di
S. Marco haver alcun soccorso, corne per suoi messi havea pro-
messo, benche il Gran Turco dubitandosi del fato, fece tragettar
attra verso Y Isola alquante Fuste, con le quali fece far un altro
ponte attraverso l’isola, il quale era verso santa Chiara , cioè
di sopra, et lontano dalla Terra circa un miglio; per la quai
cosa non potevano haver più da banda niuna nova dell’ armata
nostra; quasi dubitando di quello ne avienne, ma pur furono
proveduto da alcuni Albanesi 1 pratici co’ Turchi, mandati per
li Presidenti con lettere al prefato Mess. Nicolo da Ganale, dal
quale speravano una deliberazion di tal assedio, dove il prefato
rimando li messi nostri con lettere di gran conforte et speranza
di haver presto soccorso, ma le nemiche artigliarie tuttavia
facevano grandissimo danno per la Terra, et non era mai
giorno che non fossero morti et feriti assai Cristiani da
quelle. A di iO Luglio millesimo soprascritto in giorno di
Marti gionse il prefato Mess. Nicolo da Ganale con Y armata,
con la quale stette lontano dal predetto ponte circa un miglio
a mezzo.
Il Gran Turco vedendo Y armata de’ Ghristiani, assai dubito e
volse levare il campo per andarsene via, et Maumud Bassa Capi-
tano dell’ armata del Turco consiglio che non si partisse, obli-
gandosi con ogni sua forza di dargli Negroponte preso, et il
Gran Turco insieme con esso monto a cavallo et tutto quel
giorno andarono per lo campo, di padiglion in padiglion, confor-
1. Albanesi = les Albanais (cf. Hecquard : « L’Albanie, » 1859). — Albanais, des-
cendants des anciens Illy riens, mêlés avec des Grecs et des Slaves (on les appelle
aussi Arnautes et Skipetars, c’est-à-dire montagnards). Au xve siècle, l’Albanie
chrétienne, sous Skanderbeg, a résisté héroïquement à l'invasion des Turcs,
protégé ainsi l’Europe. (Les Mirdites actuels sont les descendants des soldats de
Skanderbeg, ils sont restés catholiques.) Profitant de la faiblesse de l’empire
grec, Venise s’empara, dès 1407-1421, de Scutari, Durazzo. Elle perdit Scutari en
1479, Durazzo en 1502. Venise conserva jusqu’en 1797 Cattaro, Préveza. Depuis
la chute de la République vénitienne, l’Albanie forme une province turque. En
1881, un des districts (Arta) fut cédé aux Grecs.
- 28 —
tando i suoi Gavalieri , che non volessero lasciar patir tanta ver-
gogna, quant’ era 1’ abbandonar taie impresa, essendo anche
contro sua volonta, et che lui voleva solamente le mura délia
Terra, et che la roba, oro, argento et schiavi fossero di chi li
prendevano, et in tal modo fu messo ordine che il giorno se-
guente , che fu alli iê detto il Mercordi, fossero ben in pronto
che la notte seguente si doveano ridurre alli ripari, cioe sotto
le mura délia Terra per dar la terza battaglia : et per tanto cias-
cuno delli suoi si offersero di fare quanto che Y era imposto,
d’ essergli obidienti.
Ivi pochissimi rimasero in terra perché la maggior parte di
valent’ huomini era stati morti, et feriti nelle due prime batta-
glie; dubitando di quello ne avienne, che ben si vedevamo non
esser bastanti a difender tanto luoco, quant’ era rovinato pero,
dalle bande délia Terra erano sicure per la gran rovina ch’ aveano
fatto le nemiche artiglierie, ma pur speravamo dall’ armata nos-
tra haver soccorso, et si fecero segni dell’ impotenza nostra
acciocchè il soccorso fosse avanti il principiar délia battaglia de
Turchi, et li segni era questi ; facelle accese, et poi estinte, gli
fu mostrato lo stendardo di S. Marco, et poi gettato a terra.
Vedendo che per tali segni T armata nostra non si moveva, alla
fine fu edificato un Grocifisso grande corne un huomo, et fra
portato aile mura délia Terra dalla banda verso Y armata nos-
tra, acciocchè li Governatori di quella si movessero a qualche
compassione, che lo potevano ben figurare.
Mess. Nicolo da Ganale con gli altri dell’ armata potevano ben
considerare che tali segni significavano che la Terra era in
grande estremidade et in pericolo di perdersi, né v’ era cagione
alcuna di non potergli dar soccorso, perché haveva vento pros-
pero, et huomini valorosi et volonteriosi, il quali alcuni have-
vano moglier, et figliuoli et altri parenti dentro délia Terra di
Negroponte, et questi tali pregavano li predetti Governatori,
che gli concedessero una Nave, che loro gli bastava Y anemo di
rompere il ponte, et soccorrer la Terra, et moite ne erano ben
in pronto, le quali erano bastanti, con quel vento a romper
maggior cosa, che non era tal ponte et gline fu conceduta una
di quelle; la quale fatto vêla andando per entrare gli fu fatto
- 29
comandamento a voce d’artigliaria che si calassero le vele, et
pur li stettero à perder tempo.
Andando nella Terra gli avisi del poco ardire dell’ armata gli
animi nostri dubiosi, et quasi senza più speranza di soccorso,
perché si vedevano li Turchi con ogni solecitudine et insegne
approssimarsi a’ luoghi rovinati délia Terra et assai più solle-
citavano dopo la dimostrazione délia nostra armata : perochè
anche i Turchi conoscevano esser facil cosa a soccorrer la Terra,
et pertanto non volsero indugiare alla Zobia di notte venendo
il Venere, com’ era sua usanza di dar le battaglie.
Mercordi di notte circa 4 hore avanti giorno venendo la Zobia
che fu alli 12 Lugio soprascritto, li Turchi assalirono la Terra,
et principiarono una battaglia piu crudele, che non fu 1’ altre
due prime, la quale duré fino a hore 5 di giorno; et fu gettato a
terra gran quantité di quella canaglia, quale era tanti, che se
non havessero fatta difesa, et li Gristiani sariano stati stracchi
prima che gli havessero ammazzati la mità et in questa batta-
glia entro parte dell’ armata del Turco nel Porto, et vennero
verso la Terra con le prove dando gran battaglia, tal che tutta la
Terra era circondata da aspri et crudi battaglianti , per modo
che li Gristiani erano la più parte morti, et feriti, et li Turchi
erano tanti, que quanti più ne morivano, tanti sempre piu ne
aggiungevano et per tanto continuar et sollecitar di battaglia li
Cristiani non potevano durare tra morti e feriti, et stanchi fu-
rono rotti dalla parte verso il Burchio per modo che li Turchi
intrarono nella Terra con gran furia, che T aere p.irea esser
intronato, tante erano li gridi da tutte le parti. Li Cristiani
chiamano soccorso et li Pagani pur gridando li cargavano dosso
senza niuna avvertenza di piccioli, grandi, maschi, femine tutti
l'urono mandati a morte, di bracioalle madri furonotirati li fan-
ciulli et buttati nelle mura; et ammazzavano le madri; gran
pietade era et tanta, et tal crudeltade, la quai usavano quelli
Pagani; et a questo modo scorrendo per le contrade davano
crudel morte a tutti quelli che s’ abbattevano a tal furia , fino
a tanto ch’ hebbero conquistata la Terra tutta, eccetto il Castello;
dapoi cominciarono ad intrare per le case, e facendo prigioni,
ligavano mariti et mogli, padre, madré, figliuoli , femine et
— 30 —
maschi tutt’ insierne per il collo, et le mandi dietro. Dapoi si
caricavano delle migliori robe che s’ imbattevano a trovare, et
mettevano in mezzo a quelli prigioni grandi et piccoli, i quali
erano ligati per il collo, et altri dietro gli cacciavano corne fos-
sero stati tante bestie. Vedevansi copia di corpi morti sparsi
per terra massima dalla parte che haveano gran contrasto dalli
nostri Gristiani. Abbondava tanto il sangue, che parevano fon-
tane che spargiessero di continuo. Erano in alcuni luoghi de’
corpi morti, et non si potevano passare, liquali erano T un sopra
r altro a modo di monticelli. Erano alcuni Gristiani che fuggi-
vano dalla furia per entrar nel Castello, et cargarono tanto il
ponte levatore, che le catene le quali lo sostenevano si rompe-
rono, et cascarono gran parte di quelli Cristiani in mare, et
alcuni s’annegarono, alcuni furonopresidaTurchi. Dapoi mezzo
giorno il castello si rese a patti, et non furono attesi, et gia
furono fatti di quelli, et délia roba sua corne delli altri, che
furono presi nella Terra ; et a questo modo fu saccheggiata quella
infelice Terra di Negroponte.
In questa distruzione furono morti, et presi, assaiValentissimi
et Nobilissimi huomini, prima Mess. Nicolo 1 Erizo, Bailo délia
detta Gittà, il quai fu morto alla prima furia, cioè alla guardia
del Burchio : Mess. Gerolamo Galbo Capitano délia detta Gittà,
il quale fu morto nella chiesa di San Marco, la quale era apresso
la Piazza, perché il prefato era guardia délia piazza ; Mess.
Andrea Zane Camerlengo fu morto nella chiesa di S. Bastiano;
Mess. Zane Bondimiero, il quale era a governo del Tempio, a
quello fu ferito, et preso da’ Turchi ; Mess. Bertucci Barbaro 2 fu
morto in casa sua, et presa la moglie et famiglia sua : ancora vi
morirono Gentilhuomini et Gittadini, Mercanti essai, tra i quali fu
un mio fratello Francesco 3, il quale fu morto al predetto Burchio.
1. Page 23, Polio, prénom véritable; cf. Hist. Turch., éd. Ursu, p. 36.
2. Barbaro, d’une noble famille vénitienne illustrée par Nicolo Barbaro, ambas-
sadeur à Constantinople en 1453. Le récit du siège a été publié en 1857 par Ellys-
sen dans ses « AnaLekten » (Leipz.). Josafat Barbaro fit un voyage à Tana (Azof)
en 1436, un autre en Perse (1471) (voir notre Essai). 11 a laissé le récit de ces
deux voyages (Ram., t. II), et il mourut en sa ville natale, en 1494.
3. Francesco Angiolello, frère de Jean-Marie, tué au siège de Nègrepont, près
du « Burchio », probablement l’aîné de Jean-Marie.
31 —
A di iS Luglio il Gran Turco fece far comandamento per,
tutto il suo campo che tutti li prigioni, che haveano barba, fos-
sero presentati ; et per la grande ubedienza sua ne furono pre-
sentati circa 800, et loro legate le mani li fecero inzenocchiar
a cercuito tondo et a tutti gli fece tagliar la testa ; et le donne,
donzelle e giovinetti maschi da dieciott’ anni in giu furono ven-
duti, donati et barattati seconde il parer di quelli i quali gli ha-
veano pigliati, et io Gio. Maria fui appresentato per schiavo al
Gran Turco : il secondo et terzo giorno dopo presa la Terra
furono cercati i luoghi ascosi délia Terra, et furono cavati molti
luoghi dove si pensavano, che fossero nascoste le persone, et
robe, et moite furono trovate.
A di 16 detto il Gran Turco comando che la Terra fosse nettata
et li corpi morti fossero gettati in mare, et eu rate le fosse, et
acconciate le mura et fu del tutto ubbidito ; et gli mise dentro
governo, et ivi lascio un Gapitano, il quale avea nome Ischieder -
beg 1 con sufficiente condotta, et bastante a tal custodia. A di 26
detto Tarmata del Gran Turco si parti carica di Schiavi e robe
di più sorte, et a di 28 il Gran Turco levô il campo et allogiô la
sera a Stivel 2 il quai luogo era chiamato anticamente Tebe, et
a di 29 il Gran Turco si levô da Stivel et allogio appresso Sati-
nes 3, il quai luogo anticamente si chiamava Athene et nota che
il Gran Turco andava aspettando alcune genti ch’ erano ite per
andar allaMorea nuotando il lago miglia venti, et il viaggio da
giornata che faceva era sempre di 20 miglia al giorno poco più
o meno et tal cammino faceva ad ogni ritornata sua : et ail
andala verso gli nemici faceva meno, cioe 8 ô 10 miglia al giorno,
et questo faceva per mantener le genti et Cavalli, acciocchè alli
1. Iskendier (Iskender Pacha-Squander, Squender Bassa) envahit leFrioul et la
Carinthie après la prise de Lépante, qui eut lieu le 26 août 1499. Tué en 1515,
pour avoir ordonné le pillage d’Amassia.
2. Itinéraire de Nègrepont à Constantinople (voir Ami Boué et coll. Schefer,
VIII, Xll, XVI). — Stivel (Thèbes, ville de Béotie), dans une plaine vaste et fertile,
fondée (citadelle) par Cadmos. Célèbre dans l’antiquité, rivale de Sparte; de
40,000 habitants, elle est descendue à 6,000.
3. Satines (Athènes; cf. topo-bibliographie de M. U. Chevalier). Depuis 1460 à
1827 turque; capitale grecque jusqu’en 1832 (cf. Léon de Lambros); « Athènes
aux xve, xvi® et xvne siècles », 1855 (cf. Hammer) : R. et B. « Atina, » à vingt jour-
nées de marche de Constantinople, par Isdin (le folio 64 de VHistoria Turchesca
porte Settines).
— 32 —
bisogni fossero freschi, et non stracchi. In questo luogo nomato
Satines vi sono assai antiche fabricheet vi è anche un monaste-
riodi Frati delf ordine dell’ Opinione, i quali non danno obbe-
dienza al Poiitificato nostro , et sono la maggior parte Fioren-
tini ; officiano alla italiana et il parlar et legger suo è italiano :
et hanno un bellissimo luogo con grande entrata sicchè vivono
del suo.
A di 30 detto il Gran Turco si levô da Satines, et allogio a Liva-
dia il quai luogo è ricco di mercantia, et altre cose necessarie
alla vita humana. A di ultimo detto il Gran Turco si levô da Li-
vadia, et allogio al Salino, il quai luogo è fortissimo di mura,
et bellissimo di Gittà perché sono in fra monti, liquali si disten-
dono verso Levante, et vanno fin in Albania : In questo luogo
si fanno sede assai : ancora in questo Monte si trovano Grane
fine in quantité, gli alberi che fanno le Grane sono piccioli, et
fanno fiori pungenti et è gran difficolta a raccoglierli per esser
fiori minuti et cosi pungenti. Addi 1° Agosto il Gran Turco
si levô da Salino et s’allogiô ad un altro Castello, chiamato
Modinezza 1 2, et passato il detto braccio di monte entrarono
in una pianura assai lunga, et non molto larga, circondata da
tre parti di monti, et la quarta parte s’appoggia al mare per
mezzo flsola di Negroponle, et questa pianura è chiamata Ter-
mopole, et attorno di questa pianura vi sono quattro buoni et
forti Castelli : il 1° è chiamato Modinizza ; il 2° il Zuton 3 4 5; il
3° Niopatra 4 ; il 4° Damacho 5 ; ancora in questa pianura vi
sono in due luoghi bagni Medicinali quasi corne sono quelli di
Abano 6, et vi sono Villaggi assai et si seminano guadi assai.
A di 3 detto il Gran Turco si levô da una parte di questa
pianura, et traversolla, et andô alloggiare sotto il predetto Cas-
1. Livadia, Livadie (Lebedea, ville béotienne, rivière (Hercynos et lac Copaïs)
de même nom). La Livadia est formée par le Léthé et la Mnémosyne et se jette
dans le lac de Livadia ou de Topolias.
2. Modinezza (Modunisch, Modunidich) (cf. Hammer, R. et B., p. 109), entre
Livadia et Isdin, à dix-neuf jours de marche de Constantinople.
3. Zuton, pas trouvé ce castello ailleurs.
4. Niopatra, idem.
5. Damacho, idem.
6. Abano, Aquae Aponi, Aq. Pativinae, ville de 3,500 habitants, se glorifie,
comme Padoue, d’avoir vu naître Tite-Live.
— 33 —
tello detto Damocho, il quale è confine di Termopole 1 colla
Tezaglia 2, et a di 4 levato il campo dal Damocho intrô nella
pianura detta Tezaglia, la quale è più tosto tonda che altrimenti,
et è circondata da monti asprissimi.
In questa pianura yi sono due Città, una chiarnata Larisso 3,
l’altra Trechalla 4 5 : ancora vi sono Castelli, Villaggi assai,
ancora vi è un luogo nel quale si piglia pessi di ogni sorte, et
ivi si vede il monte Parnasso 3. A di 5 detto levato il campo
alloggio il Gran Turco da una parte di questa pianura appresso
un Castello chiamato LaFersa 6. Adi 6 detto levosse et alloggio
appresso la predetta Città di Larisso ; et a di 7 levosi et alloggio
alla bocca d’uno stretto, il quale è chiamato Chustenze 7 per una
fimara la quale passa al longo il detto stretto, et si passa sola
unastrada, la quale è molto stretta per esser tra due montagne
altissime, sicchè quando s’arriva al mezzo di questo stretto, per
esser in un abisso, et per esser stretta la strada, da una parte
per la fnnara profonda, dalf altra la montagna altissima, et in
longo il tenir di questo stretto 20 miglia et ail’ uscita di questo
vi è alcune fabriche antiche, le quale dimostra esser gli sta un
Castello ô Città, et gli sono alcune Torre molto altissime, ancora
alla fine passassemo la fimara sopra un bellissimo ponte. A di 8
il Gran Turco alloggio ail’ altra parte del stretto, in una pianura,
laquale è detta confine di Macedonia 8. A di 9 alloggio appresso
1. Termopole (Thermopyles, portes chaudes, aujourd’hui Lycostomos ou Rocca
di Lupo), est un défilé qui conduit de la Thessalie en Locride ; il est long de six
à sept kilomètres, large parfois de dix mètres seulement. 11 a été rendu célèbre
par Léonidas et ses trois cents Spartiates (400), par la défaite d’Antiochus (191).
2. Tezaglia (Thessalie, Hémonie), contrée de la Grèce septentrionale. La plus
grande partie est turque depuis longtemps, une petite partie seulement est restée
grecque.
3. Larisso, pour Larissa (en turc Yénitchéhir, sur la Salembria, jadis le Pénée)
(cf. Hammer, p. 102, Yenischeher).
4. Trechalla (Tricca, Trikala, Trikela), ville thessalienne (Hammer, p. 99).
5. Monte Parnasso (Parnassus), actuellement Liakoura, haut de 2,459 mètres;
delà les orages fréquents et terribles qui y sévissent.
6. La Ferza, nom tronqué, peut-être ?
7. Giustenze (cf. Hammer : Rumeli et Bosna, deux villes de ce nom, p. 35,
Kostendje, près de Tatarbazar, p. 87. Kostendil (Giustendil).
8. Macedonia (Macédoine ; cf. topo-bibliographie d’Ulysse Chevalier et Desde-
vises du Dezert : Géographie de la Macédoine, 1862) = province de la Grèce septen-
trionale, habitée jadis par les « Macedones », tribu pélasgique, turque depuis le
xv° siècle.
3
- 34 —
un Castello chiamato Platimonia 1 2 3 4, il quale confina da una
parte sopra il Colpho di Seloniclii , et si discopre la Gittà di
Selonichi 2 dell’ altra parte del Colpho.
A di iO detto levato il Campo da Platimonia alloggiô a un
luogo chiamato Citro 3 pur sopra il detto Colpho, et ivi gli sono
moite sabine, et non molto distante vi sono una fimara grossa
la quale è chiamata Vardar 4 et passa per gran parte di Mace-
donia et finisce nel detto Colpho di Selonichi, in queste parti
vi sono gran coppia di Razze di Cavalli, et produce buoni Ca-
valli, le quai Razze furono condotte aile parti dell’ Azia per
esser luogo abile a tal cosa. A di ii passati la ponta, alloggio
sul piano di Selonichi, la quale Città è ben cituita et murata
con la sua Rocha, et sono abbondante di vettovaglie et mercan-
zie di più sorta et massime cordovani et lane grosse; ancora
qui vi è il corpo di San Domenico 5, et délia sua sepoltura esca
un liquore corne oglio, il quale è dedicato a moite infermità.
Levato il campo a di da Selonichi, alloggiô sopra un monte
chiamato Bogdanos 6, et alloggio alla sumità di detto Monte. A
di iS levato il campo alloggio appresso a una Città chiamata Le-
seres 7, cosi anticamente adimandata, et qui fu sepolto quella
buona anima di Mess. Francesco Brandolino 8, che fu Capitano
1. Platimonia (Platemona, Balatimna, Palatmona ou Palatimina; cf. Hammer,
R. et B., p. 10).
2. Selonichi (Selanik, Salonique, ville de 150,000 habitants, à 510 kilomètres de
Constantinople, l’ancienne Therma et Thessalonica, et en turc Saloniki ; Ham-
mer, R. et B., p. 75-80 (cf. topo-bibliographie d’Ulysse Chevalier).
3. Citro (pas réussi à identifier).
4. Vardar (Axios) ; cette rivière turque roule du Tchar Dagh au golfe de Saloni-
que, sur 290 kilomètres; arrose Uskub, Gradiska.... Ses principaux affluents
sont la Treska, le Karasou, le Brogalnitza (cf. Hammer, R. et B., p. 85).
5. San Domenico, saint Dominique, fondateur de l’ordre des Frères Prêcheurs
(1170-1221, Calahorra, Vieille-Castille). Sa vie, par Lacordaire, J. Guiraud. Cf.
bio-bibliogr. d’U. Chevalier.
6. Bogdanos, Bogdan, prince de Moldavie. Les Turcs appellent la Moldavie
Kara Bogdania, Karabogdanska, parce que le voivode de Moldavie s’appelait Bog-
dan, en particulier lorsque la Moldavie devint vassale de la Turquie, 1512.
7. Leseres, Seres, Serres, Siros, Sirus ou Syros, ville située au nord-ouest, à
deux journées de marche de Salonique et à douze de Constantinople. Le Grand
Seigneur y nourrissait des chevaux, ainsi qu’à Andrinople et à Salonique, dit
Spandouyn, p. 124 (cf. Hammer, R. et B., p. 173).
8. Brandolino, de l’illustre famille des Brandolini de Florence, ainsi qu’Aure-
lio (1440-1497), orateur, poète, professeur à Bude, qui est mort religieux.
- 35 -
di San Marco nella Morea 1 et alli U levato il Campo alloggio
per mezzo il monte Santo 2, il quale porge per più di trenta mi-
glia in mare, per mezzo l’isola di Stalimine 3 et l’isola del Co-
hino 4, il quale monte è altissimo, et sopra di questo gli sono
molti Monasterii di Cristiani Galogeri, li quali alcuni sono
Greci, et alcuni Macedoni et Vlaschi, et ancora de Italiani et
d’altre nazioni, li quali tengono una santa vita; per modo che
egli non mangiano mai carne, et molto tempo dell’ anno non
mangiano pesse che abbia sangue, assai di loro non mangiano
la quadragesima niente di cotto, et non dorme mai in letto,
hanno li suoi Oratorii lontani dalli Monasterii et vano solitarii et
stavano otto et dieci giorni secondo il parer suo, et fano aspre
penitentie, et d’ogni parte di questo Monasterio è abbondato di
fontane et di aque soavissime, et è piantato di Alberi domes-
tici et fruttiferi et li suoi ordini nonvogliono che in quel monte
nè à suoi Monasterii, vi vengi femina di alcuna condizione, nè
meno gallina, nè cagna, nè cosa feminile, et non accettano in
loro Ordine, un giovane che non avesse barba, et li vi è di Santi
huomini. Per tanto li Turchi vi hanno devozion granda, et li
fâno buona compagnia.
A di iô levose il Campo con il Gran Turco, et alloggio dove
già fu una gran Gittà chiamata Fillibegiuch 5, la quale fu
edifîcata da Philippo di Macedonia 6, et ivi gli sono antichità
1. Morea (ancien Péloponèse et Misithra) ; la Morée, appelée ainsi à cause des
nombreux mûriers plantés au vie siècle, fut conquise par les Turcs (1460-1479).
Elle leur fut enlevée par Venise, de 1687 à 1715, adjugée aux Turcs par le traité
de Passarovitz (1718), débarrassée des Turcs et des Égyptiens par le général Mai-
son (1828).
2. Monte Santo, pour le montAthos, se dresse à l’extrémité de la presqu’île
chalcidique et atteint une hauteur de 2,066 mètres. Elle possédait naguère trois
cents monastères offrant un asile à plusieurs milliers de caloyers grecs et russes
(voir Hammer, p. 80; Gédéon : « le mont Athos », Constantinople, 1885).
3. Stalamina = Stalimene (anc. Lesbos), Mételin ou Mytilène, est une île tur-
que peuplée surtout de Grecs, située à 105 kilomètres ouest de la côte de l’Ana-
tolie (cf.Buondelmonti et Legrand, p. 233).
4. Cohino (pas réussi à l’identifier).
5. Fillibegiuch pour Filibé, Filibeh = Philippopolis ou Philippopoli entre Sofia
et Andrinople, à 498 kilomètres de Constantinople, par voie ferrée ; à dix jours
de marche ; près de la rive droite de la Maritza. Elle a été prise par Lala Cha-
hin Pacha (cf. Hammer, p. 52 et s.).
6. Philippe de Macédoine, le roi (382-60-36), général et politique habile, bien
que borgne et boiteux.
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assai, et sopra il monte gli sono alcune Terre disabitate. An-
cora alla facciata del monte gli sono una sedia scolpita in pro-
prio sasso, ancora al pieno vi è una colona granda, et alta con
un lavello in cima, et attorno di quella vi sono alcune lettere
greche scolpite, le quali dicono, già tempo in quel luogo
esservi stato la stalla del Re Alessandro Magno nella quale era
Cavalli assai maggior di questi, che a’ nostri tempi si trovano,
et sopra la detta colona sono scolpiti la misura delli ferri che
portavano detti Cavalli, li quali è molto grandi a comparazione
di questi nostri. Ancora qui gli sono assai molimenti sparsi
per quel piano, li quali è maggior delli nostri.
Alli 4 6 levato il Campo passarono der una costa di Monte che
si chiama Chavalla 1 2, la quai varda verso il mare, et si trova
un passo stretto sopra il quale sono duoi bellissimi Castelli, un
sopra il Monte, l’altro alla Marina, et sono disabitati tutte duoi.
Ancora tra lè detti dimostrano essergli sta bellissimi giardini,
dove fin’ hora vi è assai sortà di fruttari et per il molto tempo
tempo non fruttano più per esser molto vecchi, et ivi vi sono
molti corsari, et pigliano viandanti, et fano molti latrocinii in
quelle contrate. In quel giorno il campo alloggiô sopra un piano
appresso una fimara chiamata X Aquabruna 3. A di 47 levose il
Campo et alloggiô appresso un ricco etbuono Castello chiamato
Baru 4, il quai è sopra un Colpho di mare, et qui si trova di
più sorte pessi freschi, et salati, et è habita to da Greci et Mace-
doni. Ad di 48 levato il Campo alloggio appresso un altro Cas-
tello che si chiama Mercanovo 5, et qui ogni settimanauna volta,
cioè la Dominica si fano un grosso mercato di bestiame d’ogni
sorte et si vende altre sorte di robe, corne tapeti, schiavine in
quantité, lane, feramenta, biave senza fine, et vi vien Turchi
et Giudei da luoghi lontani a vendere et comperare. A di 49 le-
1. Alexandre le Grand (Telia), 336-323, fils de Philippe et d’Olympias, élève
d’Aristote.
2. Chavalla pour Ravala (La Cavale) = l’anc. Neapolis, nid de pirates (Hammer,
p. 71). Patrie de Méhémed-Ali (1769-1849).
3. Aquabruna : Mavro Nero, en turc Kara Asmak (le Lydias) désutoire du lac
Borboros Limen.
4-5. Castelli: Baru et Mercanovo, probablement noms tronqués, trouvés ni dans
auteurs ni sur cartes.
— 37 -
vato il Gampo alloggio a una Terra chia mata Gumulgina *, la
quai è ben habitata rîa Turchi et Greci et altre nationi, et è
abbondante di vettovaglie. A di 20 è levato il campo et andô
alloggiare a coste un monte, il quale si chiama il Monte De-
dio 1 2, et qui gli sono due ville grosse abitate da Macedonii, et
in quelle ville si cava argento in quantità. A di 21 levato il
campo alloggio appresso un Boscho. A di 22 levossi il campo et
alloggio entro un Castel lo chiamato Dimostica 3, nel quale era
una sorella 4 del Gran Turco, la quale era confinata dal
Gran Turco li dentro, la quai si havea corne sultansata, et fu
confinata in quel Castello perché havea fatto tagliar le tette a
20 sue schiave per provar se le potea viver, che ancora essa se
le volea far tagliar per contrastar la signoria con il Fratello.
Questa fu ancora meretrice et comprava li schiavi giovani, li
quali talentassero a’ suoi appetiti, e dapoi li faceva morire per
non essere accusata, che se il Gran Turco lo havesse saputo,
Thavrebbe fatta morire et gia il sig. Murad suo Padre le havea
lasà in Testamento et ella dovesse honorar il Fratello et star-
gli ubbidiente ; et havuta il Gran Turco la vittoria di Negro-
ponte gli fu ricordata la sorella da alcuni suoi Baroni et fece si
co’ il Gran Turco, che la libero di prigione, et la marito in
un suo schiavo chiamato Esebeg 5, il quai era del parentado de’
1. Gumulgina (Kemuldjina ; cf. Hatnmer, R. et B., p. 69). Koumouldjina est à
huit journées de marche de Constantinople, à une heure de Makry, point de
jonction de deux voies, l’une carrossable et l’autre pour piétons et cavaliers seule-
ment, qui conduisent à Salonique. Dans le voisinage de Koumouldjina, il y a les
ruines de Maximianopolis. C’est la Mosinopolis du moyen âge, la Messin Qaleh
des Turcs.
2. Monte Dedio, peut-être pour Monte Negro (cf. Pouqueville, voyage en
Grèce).
3. Dimostica, Demotico, Dimotica, Demotica (Hammer : Detymotiches, p. 65).
Ville située à une petite journée de marche au sud d’Andrinople, sur le Quizil
Delitchay (fleuve rouge). Occupée plusieurs fois par les Turcs, cette ville fut
annexée à l’empire ottoman dès 1361, par le général Ilbéghi, sous Mourad I. Elle
a servi de prison, 1° aux fils de G. Brancovich, savoir : Grégoire et Étienne (Spand.,
éd. Schefer, p. 288), et 2° au xvuie siècle, à Charles XII, pendant un an (voir
Guillet, Vie de Mahommed II « Didimothèque I », p. 143 et 417).
4. Le nom de cette sœur de Mahomet II ne nous est point connu.
5. Eslegh et Esselegh, probablement pour Ishak bey, enfant chrétien élevé au
sérail d’Andrinople, fut grand vizir sous le Conquérant (1471-1473), puis sous
Bayézid II. Il a réprimé la révolte de Qassim Bey, seigneur de Karamanie (1478).
En 1481, après le décès de Mohammed II, il apaisa la révolte des janissaires. Il
— 38 —
Paleologi l, che sono imperatori di Gostantinopoli. A di 2i le-
vato il Campo alloggio appresso un Castello chiamato Cir-
men 2,il quale è sopra una fimara chiamata Meriza 3.Levato il
Campo a di 25 alloggio sul piano appresso la Città detta An-
drinopoli la quai è ben abitata et mercantescha. Ancora
questa fu gia sedia impériale del Gran Turco prima ch’ ha-
vesse Gostantinopoli, et con questa Città si congiunge tre fimare
grosse, la prima è la predetta Mariza,la seconda è detta Arda 5,
la terza Thunsa 6, le quai tre fimarene fanno una grossissima,
la quale vien a fare una gran Isola sul piano di Andrinopoli,
et poi va a metter cao. a Eno , et si attrova tal mercato intrar in
Andrinopoli due miglia e più carri cargi di vettovaglie di più
sorte.
Ad di 80 levato il campo ando alloggiare appresso una villa
grossa, che si chiama Hafassa 7, et una volta per esser sia ro-
mourut gouverneur de Salonique en 1483 (Guillet, Vie de Mahommed II, écrit
Isac-Pacha, II, 382).
1. Paléologue : famille princière qui a occupé le trône de Constantinople de
1261 à 1453, en alternant avec les Cantacuzène. Les empereurs Paléologue sont :
Michel VIII, Andronic II, Andronic III, Andronic IV, Jean V, Manuel II, Jean VII,
Jean VIII et Constantin Dragasès (voir Ducange, Familles byzantines , p. 246; Fin-
ley, Hist. of Greece , p. 204). Cette famille a aussi donné des chefs, « Despoti », à
Patras et à Argos. Mohammed II les dépouilla de 1453 à 1461. Théodore Paléo-
logue, deuxième fils d’Andronic II, devint par alliance (1305) comte de Montfer-
rat. Sa famille s’éteignit avec Jean-George Paléologue II, en 1533.
2. Cirmen pour Csirmen ou Chirmen, à une journée de marche d’Andrinople.
Elle a été conquise par Mourad I (cf. Hammer, R. et B., p. 49).
3. Mariza pour Maritza (la Meridji des Turcs, l’Hebrus des anciens). Ce fleuve
sort du Despolo Dagh (mont Rhodope) et se jette dans la mer Égée, après un
parcours de 450 kilomètres (cf. Belon, Observations et singularités , p. 84). Elle
arrose Andrinople et Philippopoli. D’après la légende, le nom lui viendrait d'une
fort belle jeune fille ainsi nommée, qui s’y serait noyée. La Maritza trace la voie
historique du Danube à Constantinople.
4. Andrinople (Orestias, Hadrianopolis). Edirneh des Turcs est une ville de près
de 500,000 habitants ; la ville la plus considérable après Constantinople. Elle a
été capitale de l’empire ottoman de 1366 à 1543, et est une des nécropoles des sul-
tans. De 1359 à 1366, Mourad I, aidé de son fils Suleyman Pacha et de Lala Chahin
Pacha, s’est emparé d’Andrinople (voir N. de Nicolaï, p. 265, et Hammer, p. 1-15).
5. Arta ou Arda (Harpessus), affluent de la Maritza. Le gouffre de l’Arta, dit
Geuffroy, est le « sinus Embracius » (Spand., éd. Schefer, p. 293).
6. Thunsa (pour Toundja, Toudja, Tonus), affluent de la Maritza. Du Fresne
l’appelle « Thuns » (éd. H. Hauser, p. 45). Ami Boué, t. I, p. 40, signale deux
ponts de pierre sur la Toundja.
7. Hafassa, Hafça, Hafsa, à 4 kilomètres 45 d’Andrinople (Hammer, p. 188, et R.
et B., p. 111).
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bato alcuni libri a un forastiero, il quale era alloggiato nella
detta Villa, fu apicato il Malfatore, e tutti gli altri délia villa
maschi et femine, piccioli e grandi, furono menati a Costanti-
nopoli, et li furono confinati, etrimase disabitata la detta Villa,
fino a tanto che il Gran Turco vi fece venir ad abitar altri suoi
disubbedienti dal paese Caraman V A di SI ultimo giorno
d’Agosto levose il campo, et alloggio chiamato un luogo le
Torre 1 2. A di i settembre levato il campo alloggio ad un luogo
chiamato Eschi 3, et in questo luogo vi è una chiesola antichis-
sima, nella quale giace un corpo santo, il quale si chiama da
Turchi Babacschi , che vuol dire in nostra lingua Padre antico.
Questo luogo fu già tempo di Cristiani : dappoichè i Turchi
hanno conquistà quel paese, hanno pigliato dévotione a quel
corpo santo, et lo tengono con gran solenità, et li habitano
molt Dervis 4, cioe Frati di Turchi, i quali vano sempre nudi
etdescalci, cosi il estate corne l’inverno salvo con una pella che
cuopre le sue vergogne, et sono corne pazzi. Alli 2 levato il
campo si levo et alloggio ad un luogo chiamato Suggutlida 5.
Alli 3 levato il campo alloggio appresso dove fu già un Castello,
et pur le case sono habitate, il quai luogo è chiamato Charos-
1. Caraman, la Caramanie, annexée à l’empire ottoman en 1466, par Moham-
med Pacha. Le pays de Karman, c’est la province de Guermian, dont la capitale
était Kutaièh. Le dernier Turcoman, « Yacoub Bey », étant sans postérité, lit
don de ses possessions àMourad II (1427). Le mot Caraman désigne parfois le per-
sonnage et parfois l’État qu’il gouvernait.
2. Torre (Borgas, Burgas, Pirgos, terme grec = Tour) est la quatrième étape
de Constantinople à Andrinople, le premier port de la mer Noire, à la sortie du
Bosphore; on y arrive par mer en une journée de voyage. Torre est désigné
sous le nom de Bergolae dans le tome XII, p. 170, note, de la collection Schefer.
Peut-être notre Torre désigne-t-il Binhar-Bissar (Bunar, source ; Hissar, château
= château des Sources), bourg éloigné de trois à quatre journées de Constanti-
nople, dans le voisinage de Burgas et de Kirkkilisse (Hammer, p. 20).
3. Eschi (Eski baba; Hammer, p. 22 et 178).
4. Dervis pour Derviches (Der = porte), Derviches = ceux qui vont de porte en
porte, mendiants ; religieux musulmans voués à la pauvreté. Ils vivent en com-
munauté de quarante personnes, ils sont souvent vagabonds : il y a deux
grandes catégories de derviches, les uns tourneurs (danses sacrées), les autres
hurleurs (â Péra, Sculari, Brousse).
5. Suggutlida. Pas à confondre avec Sugut ou (Sugutdjik = petit saule), à neuf
heures de Lefké. C’est la patrie d’Osman et le berceau de la monarchie otto-
mane, selon Saaduddin. A deux milles de là, un dôme couvre le tombeau du
guerrier Erthogroul, père d’Osman (cf. Itinéraire de Constantinople à la Mecque,
par Bianchi, rec. de la Soc. de géog., II, p. 89).
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tran K In questo luogo il Gran Turco fece metter le ma ni
addosso ad uno de’ primi suoi Capitani, il quale haveva nome
Nasutbeg 1 2 et era di natione Albanese, huomo di gran fama,
possedeva un paese in Asia confin al paese di Usonhassan Re di
Persia 3, il quale Nasutbeg peresser statoincolpà che lui voleva
ribellare al Turco et andar al servizio del predetto Usonhassan.
Il Gran Turco adirato contra quello, commando che li fosse ta-
gliato per mezzo in presenza sua, et di tutto l’esercito, et fu
pigliato per le mani et per gli piedi con gran furia, gli furono
datti tre colpi con una samitarra a traverso il filo délia schena,
et niente fu tocco da quelli tre colpi, perché aveva alcuni in-
cantamenti addosso; i quali levati al primo colpo con quella
medesima samitarra alla prima le taglio tutto il boroso, salvo la
pele délia pancia, la quale nel tirar délia samitarra si lasciô et
rimase in due pessi. Alli 4 levato il campo alloggiô appresso un
bel castello chiamato Silivoria 4 quai è sopra il mare, qui vi
sono assai Molini che macina a vento. Alli 5 levato il campo
trovassimodu e Colphi chiamati « Ciria chresmese, » cioè chres-
mese grande et chresmese piccolo 5 ; perche vi n’è uno più
grande dell’ altro ; sopra di quelli vi sono due longhi ponti di
pietra, et il primo è de’ Gristiani dueeranodov’ Castelli; passato
il segondo ponte si discopreno alcuni luoghi di Gostantinopoli,
cioe S. Sofia 6 et lo Imarato nuovo 7, il quale è un Tempio che
ha fatto edificar il Gran Turco. Ancora si discopreno le Torre
1. Charostran, pour Karischdran (Hammer, R. et B., p. 189).
2. Nasutbeg : pas trouvé ailleurs ce nom.
3. Ussun Cassan pour Ouzoun-Hassan, signifie Hassan le Long. Il a été roi de
Perse de la dynastie du Mouton Blanc ; époux d’une nièce de David Comnène,
empereur de Trébizonde. Il est mort en 1478. (Cf. la Vie de Mahomet II, par Guillet,
Paris, 1681, t. I, p. 96, 364 ; t. II, p. 215, 225, 242 et 323.)
4. Silivoria, Selembria, Selivria, Silivri (Hammer, p. 61), à une très forte jour-
née de Constantinople.
5. Ciria Chremese pour Buyuk Tchekmedjé et Kutchuk Tchekmedjé =: Ponte
grande et Ponte piccolo. Le Ivara Sou = rivière noire, se jette dans le lac de
Buyuk Tchekmedjé (Hammer, p. 19). Sulevman et Sélim ont construit le fameux
pont de ce nom (Hammer, p. 60).
6. S. Sofia (Hagia, lire Aja Sofia) ; voir ci-après, p. 47, note 2.
7. Ismarat nuovo désigne ici la mosquée du Conquérant, bien que Imareth
signifie hôtellerie pour élèves et étudiants pauvres. D’ailleurs, ces hôtel-
leries sont ordinairement attenantes aux Djami, ou mosquées de premier
ordre.
— 41
délia Rocca *, dove sta il Tesoro del Gran Turco, et cosi cami-
nando quel giorno arrivassimo al Gostantinopoli 1 2.
Hora se dirà délia progenia, poi délia qualità
del Gran Turco
Prima che la progenia del Gran Turco 3 comincio a pigliar si-
gnoria, sappiate corne nelle parti dell’ Asia, cioè in Tartaria 4,
in Persia 5, in Turchamania 6, et in molt' altri luoghi di Pa-
gani si trovano assai Pastori ricchi d’ogni conditione di bes-
tiami, cioè Cavalli, Gambelli et altre bestie grosse; et questi
tali Pastori con le mogli et figliuolli, et suoi bestiami viveno
in campagna, i quali hanno alcune case di Vimene coporte di
feltre congegnate, che comodamente si possono far e disfar, et
portar da luogo a luogo, et sarano 202 et 300 di questi Pastori,
più et meno, et siacuno con la sua casa fra loro eliggono un
Gapo il quale habbia il governo di tutta la congregatione et sia
ubbidito da tutti, et lo chiamano Dogge 7 che in nostra lingua
vuol dire capo di Pastori. Quando lui si leva tutti lo seguitano,
et con ordine alloggiano attorno le case del suo Capo, et se-
condo il caldo et fredo vanno dove conoscono esser buoni pas-
coli, et buone acque et cercano gli aeri temperati. Molti di
questi seminano in più luoghi moite sorte di biade, et in luoghi
caldi et freddi, cominciano a seminar prima i luoghi alti et
1. Torre. Le château des Sept-Tours (Yédi Koulé). Cf. note finale.
2. Costantinopoli (arrivée d’Angiolello, esclave de Mohammed II, le 5 septem-
bre 1480 (voir le même itinéraire en sens inverse, manuscrit 1238, folios 34 et
37). Ville décrite, prise; cf. Guillet, Vie de Mohammed II, II, p. 151,155, 219.
3. Gran Turco, souverain des Turcs, originaires de l’Altaï, du Turkestan.
Établis dans l’Iran, ils formèrent trois groupes : les Oghouzes, les Seldjoukides et
les Ottomans ou Osmanli.
4. Tartaro, chefs des Tartares ou Tatares, originaires du Turkestan, ils habi-
taient entre l’Altaï et le lac Baïkal. Au commencement du xm® siècle, Gengis
Khan (mieux Tchinkguiz-Khaçan), roi des Mongols, les incorpora et forma le
vaste empire, appelé parfois l’Empire tartare.
5. Persia. La Perse moderne ou Iran a pour capitale Téhéran (jadis Ispahan).
Au xve siècle, ce sont les Turcomans du Mouton Noir et du Mouton Blanc qui
régnent en Perse, puis vinrent les Séfi (Ismayl, vers 1500, et ses successeurs).
6. Turchomania, pays, steppe des Turcomans ; c’est la région de l’Asie centrale,
comprise entre la mer Caspienne, la mer d’Aral et le pays de Khiva.
7. Doggé = Doge, duc, chef.
— 42 —
freddi, et poi li mezzani, etpoi lipiù bassi, lo raccolto comincia
di sotto in suso perché gli ultimi seminati producono più a
buon’ hora per esser luoghi caldi. Ancora le donne lavorano et
fanno de’ buoni et belli Tapeti et altri fatti dilana.
Osman 1, il quale è stato principio alla signoria del Gran
Turco, da lui è chiamato la casa di Osmani : questo Osman
trovandosi Dogge, cioe Capo de’ Pastori, in quel tempo un Si-
gnore pur Pagano, il quale havea nome Boga 2, et signoreggiava
le dette contrade, dove fu gia Troia 3, et dopo la sua morte
non gli rimase herede, al quale toccasse la signoria, ma rimase
in confusion et in man di chi più poteva, et Osman, il quale
era ben voluto in quelle contrade, et haveva seguito delli suoi
Pastori, presso i quali di consueto sempre si atrovano buoni
Cavalli; ancora questo Osman si mosse ad armiggiare et far
quello che facevano molti altri suoi simili, cioè a saccheggiar
et abbatter chi di lui manco poteva, et per non aver stendardo
tagliô la coda ad un Cavallo, et pôsela sopra una lancia per
stendardo, et fin il giorno di hoggi li Turchi portanouna o due
code di Cavalli per stendardo. Ancora portano altri stendardi
dette code per memoria del predetto Osman, il quale per suoi
boni portamenti hebbe assai vittorei, et molti Pastori et altri si
riducevano sotto la sua bandiera, per modo che egli mise l’as-
sedio ad un Castello chiamato Billezuch 4, et con questo fece
testa, et a giornata andavasi facendo grande, per modo che
avanti la sua morte si fece signor di gran parte del paese
del detto signor Boga, et anco del paese di Troia et dopo
la morte del Sig. Osman rimase signor un suo figliuolo che
havea nome Orcham 5 , et dapoi rimase Murat 6, dapoi
1. Osman, sultan (1300-1326) enterré dans « Gumuchly-Gounbed » = coupole
argentée.
2. Boga. Ala Eddin, qui constitua Osman son héritier, était surnommé « Boga »,
c’est-à-dire taureau. « Arslan = lion », surnom fréquent chez Turcs et Tartares.
3. Troia, l’antique Troja, Ilion (Illium), bien qu’immortalisée par Homère, a
disparu, et malgré des recherches nombreuses, on en ignore l’emplacement
exact (Hissarlik ? Akché-Keni ? Bounar-Bachi ?).
4. Billezuch pour Billedjik, bourg du district de Sultan-Euny (anc. Argilium de
la province de Khondavendkiar, dont le chef-lieu est Brousse ; voir Zeitschrift
für M. K XIII, p. 176).
5. Orchan, sultan (1326-1358).
6. Murat, pour Mourad (1358-1389).
— 43 —
Baiaxit \ dapoi Maumed 1 2, dapoi Mirât 3, dapoi Muemet 4,
questo hebbe maggior potenza, e fece più fatti in arme che
tutti gli altri suoi antecessori, corne di sotto gran parte si
dira.
Questo Gran Turco chiamato Muemet Imperatore era huomo
di mezza età, non grande, ne piccolo, era grasso et carnuto, ha-
veva il fronte largo, gli occbi grossi con ciglie rilevate, haveva
il naso aquilino, la bocca piccola, portava la barba ritonda e ri •
levata, la quale trava al rosso, et bavevail colîo cortoegrosso, et
era giallo di faccia, le spalle un poco alte, haveva la voce into-
nata, et haveta le gâte alli piedi . Questo haveva tre flgliuoli
maschi, et niuna femina, il primo 5 suo figliuolo haveva nome
Baiaxit , il secondo Mustafa 6, il terzo Zem 7, et ciascuno di
questi signoreggiava gran paesi, cioè Baiaxit signoreggiava il
paesedeir Armenia bassa, et gran parte dell’ alta. La sua sedia
era Gittà chiamata Amasia 8, Mustafa signoreggiava il paese
del Caraman, et gran parte délia Turchomania, la sua sedia era
una città chiamata Cogna 9; Zen signoreggiava il paese del Sara-
1. Baiaxit pour Bayézid I, 1389-1403 (interrègne de 1403-1413).
2. Maumud pour Mohammed I (1413-1421).
3. Mirât pour Mourad II (1421-1451).
4. Muemet pour Mohammed II (1451-1481).
5 II primo = l’aîné des trois fils de Mohammed II (Guillet, Vie de Moham-
med II, fait de B. l’ainé, t. I, p. 342), mais il a prévenu qu’il suivait Angiolello.
Leunclavius, énumérant les fils de Mohammed II, met B. en premier lieu
(col. 589). Ch. Grey, collection Hakluyt Society, répète Angiol. A. Gritti Came-
rarius (p. 63), Hammer; N. Jorga, M. L. Thuasne se prononcent en faveur de
Mouslafa.
6. Moustafa (-{- 1474). N’était-ce pas plutôt Moustafa le premier-né? (Ce Moustafa
n’est pas à confondre avec son homonyme, fils de Suleyman, étranglé à Erégli
en Caramanie, septembre 1553, par ordre de Rusten Pacha, instrument de l’am-
bitieuse sultane Cassecki Roxelane (Rossa). Voir sur cette favorite : Curren,
« Alberi » (rel. de Navagero, t. I, p. 74). A. Gritti et les historiens modernes
voient en Moustafa l’aîné des fils de Mohammed II.
7. Zem (Gen, Gem, Gien, Zizimy, Zizime, Zizim, Cizimo, Djem (1460-1495); cf.
Malipiero, Annali Veneti ; Guillef, Vie de Mohammed II, t. I, p. 287 ; t. II, p. 206,
214, 383.
8. Amasia (Amassia, Amatia, Amacia) = Amasieh, ville turque, chef-lieu de
district de la province de Sivas, bâtie sur le penchant de deux collines séparées
par l’Iris des anciens (Yékil Irmak = rivière verte).
9. Cogno-Cogni, Cogne, Coigne, Quoniah ou Konieh =Iconium, capitale seld-
joucide de 1074 à 1294. Cette ville fut annexée en 1392 par Bayezid (Ilderim
= éclair, foudre). Elle fut longtemps la résidence de Djem (cf. Belon, p. 374;
Itinéraire de Constantinople à la Mecque, p. 14).
— 44 —
han f , la sua sedia era una città chiamata Manexia 1 2, i quali
paesi sono lontani uno dall’ altro giornate dieci, et ciascuno
haveva diecimila, et più huomini da fatti.
Il detto Gran Turco hebbe la bachetta di signoria in Andria-
nopoli, fu l’anno 1451 a di 27 maggio, et anni duoi dopoi, Cos-
tantlnopoli fu da lui preso 3 et disabitato, ma dopo che fu
cognoscito il sito esser cosi bello et degno luogo, parve al Gran
Turco di reabitarlo, et li fare una sedia, et mando le cride per
tutto il suo dominio che ciascuna persona, che volontaria venise
a stantiar a Gostantinopoli havesse casa di bando et che per
tre anni fossero esenti 4 da ogni angaria, et vi vienne alquanti
Greci e Turchi da diversi luoghi, et principiarono ad habitar
Gostantinopoli. Ma perche erano pochi per esser la città
grande, et vedendo il Gran Turco con taie crida di non poter
adempir l'intention sua, comando che tutti gli Giudei , i quali
fossero in suo dominio cosi nella Natolia corne nella Romania
fossero menati con le moglie, et fîgli uoli a stantiar a Gostanti-
nopoli, et furono compartiti per ordine et a quelli luoghi, cioè
aile contrate, dove furono messi, a quelle fu posto il nome dei
luoghi, et terre, dalle quali erano stati menati, etda qui vienne,
che le contra di Gostantinopoli vengono havere diversi nomi,
et linguaggi, et costumi, il che procédé per rispetto delle per-
sone che fu condotte da diversi paesi et questa gente si chiama
Surguni, che in nostra lingua vuol dire gente forzada et per
niun modo si puol partir di fuora dalle porte di Gostantinopoli
se prima non danno una piezaria di ritornare, et oltra questo li
conviene pigliar un termine per tanto tempo, altrimenti non
ritornando per quel giorno che promette, correin pena a ragion
di aspri sento al mese.
Costantinopoli è edificato in triangolo, et per ogni strada è
1. Sarahan (voir Saroukhan, coll. Schefer, XII, p. uv), Sandjac de Turquie d’A-
sie, ancienne Lydie revendiquée par Saroukhan lors de la dissolution de l’empire
de Roum (1307). Le Saroukhan fut annexé par Bayézid I.
2. Manexia, il y a deux villes de ce nom en Lydie, l’une Magnesia ad Malan-
drum, en turc « Ghuzel-Hissar » ; l’autre Magnesia ad Sipylum, actuellement
Manissa, célèbre par l’aimant ou pierre de magnésie. Il s’agit ici de la seconde,
de Manissa.
3. Cf. Hist. Turch., éd. Ursu, p. 19.
4. Privilège séculaire, exemption encore accordée au xx* siècle.
— 45 -
sei miglia, una facciata guarda a ponente, l’altra a mezzo-
giorno, l’altra a tramontana : quella che guarda a ponente è
terra ferma, et ha tre miglia di Mura merlata con fosse profonde
et larghe, con le sue barbachane. Ancora questa facciata ha sei
porte senza quella délia Rocca, la quai Rocca è fortissima con otto
torrioni aguzzi coperti di piombo, nelli quali stano il Tesoro del
Gran Turco, et quella facciata che guarda a mezzogiorno è
sopra il Mare, et è ugnola di mura, ma è anco questa grossa et
forte. Questa facciata ha 4 porte, aile quali si scaricano Navilii
et barche di robe, che sono condotte per uso délia Terra. Ancora
a questa facciatà vi è una muraglia corne una Rocchetta, la
quale si chiama Vlanga !, et dentro sonovi altri guardiani, li
quali attendono a quel luogo. Ancora per longo di questa fac-
ciata, vi è un luogo chiamato Conduschalli 2 : in questo
luogo gli stantia parte dell’ Armata del Gran Turco : ancora
appresso questo luogo vi è una Torre 3 la quai è aspra prigione,
et in questa furono messi li prigioni condotti di Friuli 4, cioè
Mess. Gio. Antonio Caldora 5, Mess. Gio. Giacomo Piccinino 6,
Mess. Filippo da Novolin 7, et molti altri, li quali furono deca-
pitati sopra la detta facciata, et altri tolsero taglia et si riscos-
sono ; la terza facciata, la quale varda a tramontana confina con
il Porto 8, et ancora questa è ugnola di un forte muro, salvo che
in un luogo chiamato il Tener 9, il quale è corne una Rocchetta,
la quai è habitata da Trabisondi 10. Questa facciata ha sette
porte, la quale per esser sopra il Porto sono molto adoperate per
l’abbondanza dei Navilii, che del continuo capitano aile dette
rive di Costanlinopoli. Questo Porto è lungo otto miglia, et
largo circa un trar d'arco; per mezzo Gostantinopoli dalla parte
1. Vlanga : quartier de Stamboul, près Koum Kapou.
2. Pas pu l’identifier, parce que trop défiguré.
3. Torre (Yédi Koulé probablement), longtemps prison d’État.
4. Frioul, Forum Julii, Frioul, cédé par le patriarche d’Aquilée aux Vénitiens,
1420 (voir P. Antonini : II Friuli orientale , Milan, 1865).
5. Caldora (cf. Sanuto, ap. Muratori).
6. Piccinino (cf. ibid.) .
7. Novalin (cf. ibid.).
8. Porto (Corne d’or, à cause de sa forme).
9. Tener. Défiguré.
10. Trabisondi : nom de leur origine, tout comme pour les esclaves de l’anti-
quité.
— 46 —
del Porto vi è una Gittà chiamata Pera 1, e si passa de un
luogoalT altro, con barche, et si passano in diversi luoghi.
Ancora con le dette barche si passano duoi cavalli alla vol ta,
et non volendo pagare, bisognache pigli la volta attornoil Porto
per essergli paludi, et un i fiumara chiamata Despote 2etsifanno
12 miglia da Gostantinopoli fino a Pera per terra, perô si passa
il detto traghetto per esserglisi non un trar d’arco. Questa Gittà
di Pera è grande quanto è il corpo di Venetia, benc murata con
le sue Torri, et sono più alte le Torri verso Terra ferma che non
è quelle a Marina sopra le quali vi è una Torre 3 grande coperta
di piombo, per la quai si discuopre gran parte del mar mag-
giore, et altri luoghi circostanti. Ancora dalla parte di Pera capi-
tano assai Navilii, et Navi grosse, et quasi tutti gli mercanti
Italiani 4 stanziano in Pera ; qui vi sono ostarie alla Ttaliana ;
ancora vi sono monasterio 5 di Frati di S. Francesco, di
S. Dominico, di S. Benedetto, i quai luoghi sono offitiati, salvo
che li Turchi non lasciano sonar campane, altramente non vi è
dato impaccio, et vivono di elimosine. Ancora qui vi sono
Ghiese 6 alla Greca, et Ghiese d’Aimeni, i quali offitiano quasi
al nostro modo, cioè levano l’Ostia, et fanno altri misterii simili
ail’ Italiana. Da una parte fuora di Pera è stato trovato nova-
mente da una vechia Greca cercando radicchi, una Chiesiola
sepolta tutta sotto terra, nella quai vi èun Altare di Santa Vene-
randa 7. Da una parte délia Terra vi è una stradella stretta et
bassa, fatta in volto et assai longa, in capo délia quale vi è una
1. Pera, Péra, quartier européen (frank) de Constantinople. Voir P. Gilles et
note finale.
2. Despone : nom défiguré.
3. Torre, Tour du Christ, de Galata, encore debout, du haut de laquelle (tout
comme sur la tour du Seraskierat) on surveille et dénonce les incendies de Cons-
tantinople.
4. Mercanti italiani (colonie italienne à Constantinople, Génois surtout; cf. Hist.
de la colonie génoise de Péra, par Sauli).
5. Monastères (cf. Belin : Histoire de la Latinité de Constantinople et les manus-
crits de la Bibliothèque nationale, 4134-4962, 254). Voir aussi notre volume sur:
Le catholicisme au XVIIe siècle à Constantinople (Péra), chez M. Charpentier, 43,
rue de Fleurus, Paris (VIe).
6. Chiese (cf. ibid. et Du Cange : Constantinopolis Christ., p. 213).
7. Santa Veneranda : église de ce nom (mosquée de Piri Pacha à Hasskeui,
Gerlach l’appelle H. Parasszeve. — Cf. Belin).
— 47 —
largura, et una fontana che sparge di sopre in su, et spande in
un gran lavello, et moite persone si votano a questa fontana, et
beveno di quell’ acqua, et guariscono di moite, et varie infer-
mità, et anco assai Turchi gli vanno. Ancora in capo del Porto
verso Terra ferma vi era un’ altra Ghiesola antica pur fatta in
volto, nella quale i Turchi tengono il corpo di S. Giopo *, et
il Gran Turco per devotione di quel luogo gli ha fatto far un
bel Tempio, et ha tolto dentro la detta Chiesiola, et fa offitiar al
detto luogo assai i Religiosi ; qui vi abitano persone assai, et vi
sono state edificate assai case, et palazzi attorno questa devo-
zione, per modo che anco per questo è fatto un grande et bel
Borgo. Ancora qui si dimostra essergli stato un Castello, il
quale fu già tempo edificato da’ Tartari per assediar Costan-
tinopoli.
Hora torniamo alla città di Costantinopoli, nella quale vi sono
assai et varie anlichità ; prima la Ghiesa di Santa Sofia, la quale
è cosa stupenda di grandezza et di manifatture di marmi, ala-
bastri, porfîdi, musaico, corne fino al giorno d’oggi si dimostra,
et sola la cuba di mezzo è rimasta, et per esser fabrica senza
paro. Li Turchi l’hanno eletta per suo Tempio 1 2, et in quel la
adorano secondo la legge sua; vi sono alcune altre Capelle cir-
costanti alla detta fabrica, le quali sono state portate délia detta
gran cuba, et in quelle li Turchi gli tengono in alcune gli Ele-
1. S. Giopo pour Eyoub ou Ayoub, qui signifie Job. Mosquée et quartier de
Stamboul. Là, se trouve le tombeau d’Eïoub, compagnon du prophète. C’est là
que le Grand Seigneur ceint le sabre d’Osman (couronnement du sultan). Là aussi
le Cheik-Ul-Islam souhaite au nouveau Grand Seigneur la bonté d’Osman (voir coll.
Schefer, XVII, la note de la page 246).
2. Sainte-Sophie, œuvre de Justinien, d’Anthémios de Tralles et d’Isidore de
Milet, a fait l’admiration des siècles. « Par son incomparable architecture, non
moins que par sa position, Sainte-Sophie mérite le nom d’œil de Constanti-
nople, que lui donnent ceux (P. Gilles, topogr.,p. 24) qui disent que toute la ville
ressemble à un aigle aux ailes éployées. Le bec serait la pointe du Sérail et
Sainte-Sophie l’œil. » Pierre Belon n’hésite pas à la comparer au Panthéon, « le
plus beau bâtiment qu’on voye resté debout, qui est bien autre chose que le Pan-
théon de Rome, a esté patron aux Turcs à faire leurs mosquées » (voir P. Gilles,
p. 109 ; Nicolaï, p. 245 ; Du Cange, Constant. Christ. ; Andréossy, p. 114; Fossati :
Aya Solia, London, 1852. Les illustrations de Sainte-Sophie de Chalcondile, par
Bl. de Vigenère, Paris, 1612, p. 416. Les planches, dans Banduri, II, p. 745-764, et
surtout de Salzenberg, Allchristliche Bandenkmale von Conslanlinopel , Berlin,
1854, p. 14).
— 48 —
fanti del Gran Turco, et in altre li Leoni, et in una vi stano muni-
tione di corazzine, panciere, et altre arme pur del Gran Turco,
et in un’ altra vi è un pestrin da far polvere da artigliarie, et
tutti queste Capelle sono lavorate di marrno et dentrodi musaico,
di modo che sono lavori di gran fattura.
Ancora per mezzo la porta di S. Sofia vi è una colona lavo-
rata di pezzi assai alta, sopra la quale era l'imagine di Sanlo
Agostino 1 fatta di bronzo, la quale fu levata viadal Gran Turco,
perché dicevano li suoi astrologhi et indovini, che insino che
la detta statua di St Agostino starà sopra la detta colona, li
Cristiani sempre haverano possanza contro i Maomettani ; et
cosi fu levata via la detta colona. Ancora nel fondo di quella
vi è una bella fonte, la quale gietta in un lavello per tre canoni
di métallo acqua suavissima. Ancora verso Ponente, puoco lon-
tano da questa Ghiesa di Santa Sofia, vi è un luogo chiamato il
Prodomo 2, il quai luogo è dove al tempo delli Signori Greci si
fecero li Tornimenti et Trionfi; et questo luogo è edificato sopra
volti dove sotto si puo andare per ogni parte, e questo luogo è
longo un trar d’arco con freccia, et largo un trar di mano ; da
un capo di questo luogo vi sono una delle predette Capelle di
Santa Sofia, nella quale stava i Leoni et altre Fiere del Gran
Turco; dalf altro capo vi sono alcunecolone di marrno accon-
scie alla fila, et sono a due a due una sopra l’altra, per modo
che vengono esser altissime, e di sopra vi è un profilo di aste
le quali vengono a incatenar tutte le predette colone insieme,
dalle quali colone perfino alla predetta Capella, al tempo di
Cristiani si tiravano pani che coprivano da un capo ail’ altro del
predetto luogo, et dalf altre due parti vi sono i luoghi da sedere
per quelli che stavano a vedere li Trionfi. Ancora per mezzo il
predetto luogo, cioè per longheza vi sono 4 belli edificii, prima
\. Saint Augustin (pas trouvé ailleurs cette anecdote).
2. Prodromo ou Podromo, Hippodrome ou At.meïdan, place fameuse dans les
fastes de Byzance.
Nicolaï écrit, p. 62 : Atmayden. Beauveau, p. 48 : « Ypodrome nommé des
Turcs Acmedan. » Voir Jean Chesneau, p. 29; J. Maurand, p. 227-235; P. Gilles,
topogr., p. 83-88; J. F. Bourquelot : La colonne serpentine et l'hippodrome, dans
les Mémoires de la Société des antiquaires, t. XXVIII, p. 20-47 ; Rambaud : De
Hippodromo, planches; P. Banduri, p. 644 (l’hipp. du xiv® siècle, coll. Schefer,
t. VIII, p. 29); H. du xvi® siècle, Jules Labarte, Hipp. du XIXe siècle).
— 49 -
verso le predette colone vi sono una fila 1 di quadi di pietra
murati in un muro, et sono tanto bene acconci quanto mai sia
possibile, dietro quelli gli sono 3 bisse - di métallo tortigliate
tutte insieme, et molto strette, et le teste di quelle con le lingue
guarda a tre parti, et per lo mezzo delle dette 3 bisse era nato
un moraro di quelli, che fa le more rosse et per esser ingros-
sato il tronco cominsciava a separarle et aprirle, et lo Gran
Turco lo fece affocare co’ ferri caldi perché non fusse cagione di
guastar il detto edifitio, per lo quale si dice che fusse fatto per
discasar le bisse dalla Gittà di Gostantinopoli, che già tempo fu
che la detta Gittà non si poteva habitar per la gran moltitu-
dine che vi ne era ; et in questi giorni presenti non si ne trova
niuna se non fossero portate per qualche Erbolato. Il terzo edi-
litio sono un'Aquila 3 di pietra viva, alta sinque passi acconcia
sopra quattro dadi di métallo, et sono istoriata da 4 parti. Et il
quarto edifitio sono certa puoca fabricha di pietra cotta a modo
di 3 pilastrelli, che in mezzo di quelli al tempo delli Trionfi di
Gostantinopoli gli solea esser una statua di marmo in forma di
un huomo che sedesse 4, il quale teneva la man destra tesa al
modo quando unoporge la mano per ricever dinari ; el quando
si volea concluder alcun mercato, si andava al predetto luogo,
et si tratava il pretio délia cosa, che si dovea o vendere, o
comperare, et volendo concluder il mercato, si andava met-
tendo il denaro in mano di quella statua, et quando l’haveva
ricevuto lo detto pretio, che valeva la detta roba, quella statua
stringeva la mano, et non havria tolto ne più ne meno di
quello era il pretio délia roba, et questo lo dico perché lo vidi
4. Fila = obélisque. Dès le xvie siècle, il n’y a plus qu’un obélisque très haut,
avec des lettres et des figures égyptiennes, il est placé sur quatre dés de bronze.
Belon et Garzoni prétendent en avoir vu deux. M. Jules Labarte dit que le « Colos-
sus structilis » semble avoir été pris par eux pour un second obélisque, p. 50
(cf. Ménétrier : col. de Théod., vulgo historiata, ab Arcadio erecta, a Gentile
Bellini delineata (Venetia, 4765).
2. Tre bisse, colonne serpentine ou triserpentine = trois serpents entortillés.
Elle a beaucoup frappé les voyageurs (cf. Maurand, p. 229 ; P. Gilles, p. 90; Nico-
laï, p. 52; Beauveau, p. 48. Ramberti et Garzoni, Du Cange la signalent aussi.
Voir les planches de J. Maurand, pl. 17 ; de Banduri, p. 667 ; de Thevet, p. 62
(ici les têtes reposent sur le sol).
3. Aquila (voir auteurs cités).
4. Huomo, cette anecdote est rapportée moins souvent.
4
- ôo -
con miei occhi ; hora ha vienne che uno era a mercato di un
cavallo con un altro, et andarono alla detta, et corne li fu messo
il primo ducato in mano, la statua strinse il pugno ; lo mer-
cante di chi era il cavallo, lo appretiava più di sinquanta scudi,
et scorusciato trasse una coltella, et dette si forte colpoche rupe
la mano alla detta statua, per modo che da allora in quà l’ha
perso la virtù, et in quel giorno istesso s’amalô il cavallo, et
morse, et la pelle fu venduta un ducato.
Ancora appresso a questo luogo chiamato il Prodromo, vi
sono mille colone 1 di marmo, le quali sono coperte sotto terra,
et vi è un volto di sopra che le coprono, et sono messe per tal
modo, che guardando per ogni parte si dimostra la dritura.
Ancora dall’altra parte délia Chiesa di S. Sofia verso levante vi
è una ponta 2 délia Gittà di Gostantinopoli la quai porgie sopra
il mare et ivi è edificato il palazzo del Gran Turco 3 al modo che
di sotto intenderete. Prima a traverso délia predelta ponta, il
Gran Turco ha fatto tirar un muro grosso, et dieci piedi alto
con Torrioni, et Merli da un capo ail’ altro, per modo che in
questa ponta vi è una porta doppia, la quale entra nel Cas-
tello, et sopra di questa porta vi è un Palazzo ben lavorato,
coperto di piombo; quandosi entra nella prima porta si trova
un cortivo longo un trar d’arco, et poco men largo, et a man
destra di questo cortivo vi è un mureto con lastre di sopra, che
tiene quanto la lungheza del Cortivo, et da quella parte si sen-
tano gli Schiavi, et famigli, li quali si congregano il giorno di
corte, et sopra le dette lastre vi sono alcuni muraletti di legno
larghi per modo che si puol vedere il Gran Giardino da quella
parte, et dalf altra sinistra vi è una delle predette Capelle di
Santa Sofia, nella quale vi stano alcuni monitioni corne Cora-
sine, Archi, Freccia et altre armi. Passando il primo cortivo,
si trova un’altra porta doppia, et quando s’entra dentro si trova
un altro cortivo, il quale è lungo et largo corne il primo, et a
1. Mille colone, Bin bir direk, c’est-à-dire les mille et une colonnes (pour dire un
grand nombre), serait l’antique citerne de Philoxenos, ive siècle. Elle mesure 750
sur 150 pieds (voir Andréossy et de Salzenberg, p. 48).
2. Ponta : le pont de Karakeuy (voir de Amicis : « Constantinople », et Gautier,
Constantinople, 1853).
3. Palazzo = Sérail du Grand Seigneur (cf. p. 58, n° 5).
— 51 —
man destra di questo secondo cortivo, vi sono le Gucine del Gran
Turco, le quali son fatte in volto, et coperte di piombo, et a
man sinistra vi sono le stalle del Gran Turco, nelle quali stanno
li cavalli, checavalcha il Gran Turco, le quali stalle sonolonghe
per il dietro quando si puol guardare, etappresso visono alcune
fontane, nelle quali $i serve d’acqua perla cucina, et per bever
li cavalli, et tuttequeste sono coperte di piombo, et pur fatte in
volto; et un puoco più avanti del cortivo vi è un Toresin con
porte di ferro coperto di piombo et in questo stà li dinari del
Gran Turco dell* intrade, che sono porta a giornata, et in questo
luogo vi vien messo il numéro di sentomila ducati, ovvero
sento barili di moneta, li quali danari sono poi portati all’anti-
detta Rocca, dove è il gran Tesoro L Et un puoco più avanti vi
sono la Loggia et Cancellaria, dove senta li Vixir, ovvero per
dire in nostra lingua li Gonsiglieri, et ivi stanno tutti quel li , li
quali sonodeputati alli offitii di quello stato; etdall’altra parte
di questo 2° cortivo si trova un’altra porta doppia, et entrati
entro di quella vi è una Loggia coperta di piombo, et qui senta
il Gran Turco quando il dà udienza; poi si trova il terzo Cor-
tivo, il quale è lungo et largo, corne li altriduoi, et a man destra
vi è una bella Colombara, nella quale vi sono colombi assai, et
di più sorte, con picagli di perle alli piedi, et questi colombi
sono ammaistrati, che con sifoli si levano tutti in aria, et
secondo che vi si sifola, fano alcune tombole in aria voltandosi
sotto sopra, et poi li fanno poner tutti a baso, cioè in terra, et
questo glielo puô far fare a sua requisitione, et vi sono alcuni
di questi colombi, che nella prima pena fano il scapocio, corne
quello delli Frati : et poi alla detta parte del Cortivo, un puoco
più avanti, vi è una statua fatta in volto, coperta di piombo, et
dentro selesata di marmo con fontane fredde et calde con suoi
lavelli, et in questo luogo si lava il Gran Turco, et poi li suoi
cortigiani ogni Venere; et a man sinistra del cortivo vi è il
Palazo, dove stanzia il Gran Turco, il quai Palazo la maggior
parte è lavorato in volto et ha moite camere, et stanze da estate
1. Le grand trésor public, « miri », à Yédi Koulé = « le Jadicula » de Nicolaï ;
par opposition au trésor privé, « Khasna », au Sérail.
U. of ;ll lib.
— 52 -
et da inverno. Dalla parte che guarda verso Pera, vi è un por-
tico, il quale è sopra il gran Giardino, et da quello ascendono
inolti ancipressi. i quali vengono a referire alli balconi del
detto portico, et questo portico è edificato sopra due colone, et
è fatto tutto in volto et in mezzo vi è una fonte, la quale spande
in un bel lavello lavorato di marmo con profili et colonele di
porfido, et serpentina, et in questo lavello vi sono più sorte
pessi, et il Gran Turco se ne piglia gran piacere a vederli, et
attorno il detto Palazo vi è un giardino, il quale vien abrasciar
tutti tre li cortivi sopradetti da una parte et dall’ altra tanto
quanto tien lo predetto castello.
In questo giardino vi sono alcune chiesiole fatte in volto, et
10 Gran Turco ne fece racconsciar una, la quale è lavorata di
musaico, et in questo giardino vi sono 3 Palazzi lontani un
dall’ altro circa un trar di mano, et sono fatti in diversi modi.
Uno è fatto alla Persiana, lavorato al modo del paese del Cara-
man, et è coperto di batudo ; il secondo è fatto alla Turchesca ;
11 terzo alla Greca, coperto di piombo. Et in questo giardino vi
sono di più sorte d’alberi fruttiferi piantati con ordine, et si*
milmente pergole con uve di più sorte, roze, gigli, zafarine,
fiori d’ogni conditione, et per ogni parte sono abondanti di
acque soavissime, cioèfonti et pozzi.Ancora in questo giardino
vi sono alcuni luoghi separati, nelli quali stano di più sorte
animali, corne Gervi, Daini, Caprioli, Volpi, Lepri, Pecore, Ca-
prine, Buovi d’india, li quali sono assai maggiori delli nostri,
et molt’ altre sorte d’animali. In questo giardino gli habitano
molti sorte d’uccelli, et quando è la primavera è un piacer a
sentirli cantare et medesimamente vi sono un paludo, il quale
è piantato di canevere (canne selvatiche), dove gli habitano
gran numéro di Oche salvatiche, et Anitre, et li in quel luogo
il Gran Turco se piglia piacere a tirar con lo schioppo. Et qui
di sotto intenderete il modo, che s’ è fatto il Palazo, dove stan-
ziano le donzelle 1 del Gran Turco, et è lontano da quello del
Gran Turco circa un miglio et è edificato sopra una colona al
modo che di sotto intenderete. Prima vi è una muraglia, la
1. Palazzo de Donzelle. Cf. note finale : « Eski Séraï. »
- 53 —
quai circonda un buon miglio et è alta tre piedi, et ha quattro
entrate con porte grande et in mezzo di questa muraglia
vi è un Palazzo, et dentro ha moite stantie et camere, nelle
quali vi stano le donzielle del Gran Turco, et attorno di
questo Palazzo vi sono orti et giardini assai, piantati d’alberi et
vide di più sorte, e in questi orti vi tengono gran quantité
d’animali et vi sono fontane condotte da lontani luoghi, le
quali spandono in diversi luoghi, et vengono poi a sunarsi
(= adunarsi) in una basura, dovevengonoa far corne un laghetto,
et attorno sono piantati di canevere, et entré li stanziano gran
copia d’uccelli salvatici, per modo che ancora questo è un bel
luogo, e di sotto seguitando intenderete deir ordine che sono
tra le persone che stantiano et sono deputate alla custodia, et
guardia delle dongielle. In questo Palazzo delle dongielle vi
è una colona 1 altissima et grossa, la quale sta dietro, et è
tutta d’un peso et è busa di dentro, et in quel vacuo vi è in-
tagliato dentro una colona più piccola, et quella ha una scala
intagliata dentro del proprio saso, la quai scala va dal fondo
fino alla sumità, et referise a un baladoro (ballatoio) il quai
circonda la cima délia colona, et la colona prima granda di fuo-
ravia sono tutta istoriata di figure minute con carri trionfanti
et altre istorieantiche.Nella Gittà di Gostantinopoli ne sono una
simile a questa, et è in un logo, dove si fa ogni settimana un
grosso mercato, nel giorno di Dominica, et nella detta Gittà,
cioègiusto nel mezzo, è un’ altra, sopra la quale il Gran Turco
ha fatto edificar un bel Tempio et giace al modo infra-
scritto.
Il Gran Turco fece edificar moite Chiese 2 et li marmi, co-
lone et pietre le fece condural predetto luogo, doveèstata edifi-
cata una gran cuba 3 alla similitudine délia Gapella di Santa
1. Colona, celle encore debout sur la pointe du Sérail (peut-être la colonne
brûlée ?).
2. Chiese : églises musulmanes , mosquées et autres constructions et fondations
pieuses de Mohammed II, cf. Bratutti (fin du règne). Guillet, Vie de Mohammed II.
Les sultans et les grands personnages ont de tout temps cru de leur devoir
d’élever des mosquées, des imarets et des fontaines publiques.
3. Cuba, coupole, mosquée du Fatih = Conquérant, au sommet de la colline qui
s’élève au milieu de Stamboul, sur l’emplacement d’un monastère, détruit par
un tremblement de terre. Achevée en 1470. Le tombeau de Mohammed II se
— 54 —
Sofia, et dentro sono tutta bianca se non un circolo, il quale è
fatto a fogiami con alcune letere arabiche, et è salesata di bel-
lissimi marmi, con colone bellissime, attorno la quale vi sono
porfidi, serpentine et altre pietre di gran valuta, et questa
Chiesa è ornata di gran copia di zezendelli, ornati con ovi di
Struzzo, li quali sono sospesi con catene d’oro fino. Et la terra è
coperta tutta di bellissimi tapedi grandi, sopra li quali adorano
li Turchi. Questa cuba hano sinque porte, tre davanti, et una
per lato, le quali sono lavorate alla damaschina con intagli di
fogliami minuti; vi è poi un puoco più avanti una intrade,
dove vi è corne un cortivo assai grande, et attorno questo cor-
tivo vi sono porteghi longbissimi con colone bellissime, et sono
coperti di piombo, et di sotto salesati di marmo, et in mezzo
il cortivo vi è una gran fonte con un canone, che gietta in aria,
et Pâque cadono in un picolo lavello, et quello hanno canoni,
che le gettano in un altro più grande, et con simil modo di la-
vello in lavello si va perdendo l’acque, et a quella prima fonte
vi si lava la gente maomettana, quando vogliono far le sue
orazioni. Ancora fuoradi questo cortivo vi n’ è un altro murato
tutto attorno salvo in alcuni andii (anditi) dove si passano et
questo è maggior degli altri, perché circondà un buon miglio
et 1/2 et abbrascia l’altro predetto con tutto il tenir del Tempio,
et da duoi parte di questo cortivo vi sono studii, cioè a man
destra et a man sinistra, li quali studii sono fabricati in volto,
coperti di piombo con camare et luoghi da Studenti, et Sacer-
doti, li quali offitiano il detto Tempio, et questi tali sono pre-
miati dal Gran Turco. Prima liSacerdoti hanno salario, spese et
casa di bando ; li Lettori hanno salario secondo la lettura, spese
et casa di bando, et tutti gli Scolari, li quali vogliono addir le
littioni, et studiar, hano spese, libri et casa di bando; sicchè
alf ombra di questo luogo vengono persone da luoghi lontani.
Ancora dalle predette parti, cioè dietro alli studii vi sono ospe-
talli a pepiano coperti di copi, nelli quali vi si alberga assai, et
ogni forastiero, che capita a questo luogo, sia sano over ama-
trouve devant le mihrab. En dehors de la mosquée, les huit collèges appelés
« Cemanieh » (Evlia EfT. trad. par Hammer, I, 66).
- 55 -
lato, per 3 giorni vien ricevuto con honor grande, et hano da
mangiar, et da bever, et albergo secondo le sue usanze. Et
alla frontiera del Tempio vi è corne un giardino, il quale
s'appoggia pur al Tempio, et è longo circa un trar di mano, et
puoco men largo, il quale èmurato tutto attorno con moite fe-
riate, per le quali si puô vardar dentro et fuora, et è piantato
per ordine di ancipressi et altri alberi, et in mezzo quel giar-
dino più verso il tempio vi è una cubetta, corne una Capellaben
lavorata di pietra viva con feriate spesse, et qui vi sono l’abita-
zione dietro l’area ordinata per il Gran Turco; et questo Tem-
pio ha 2 campagnilli uno per lato assai alti, et ben lavorati,
sopra li quali ail’ hora dell’ orationecioè, sinque volte al giorno,
li Sacerdoti alsano li baladori, et dicono con voce alta alcune
parole, per le quali intendono quand’ è l’hora dell’ oratione,
dove il popolo si congregano al Tempio et puoco lontano dal
Tempio si fa un bel mercato ogni settimana una volta, et ivi
vi sono un mar di botteghecon mercantiet artisti di più condi-
tioni, et questo si chiama il mercato del Caraman.
Puoco più di sotto vi è poi una basura, la quale è longa circa
un trar di balestra et per mita larga et attorno visono botteghe,
nelle quali vi stano mastri, che fano briglie, et selle et altri
fornimenti da cavallo per la corte del Gran Turco ; et in mezzo
di questo luogo ogni mattina si fa un grosso mercato di cavalli
et Gambelli, et ogni giorno si ne vendê gran copia. Dalle parte
destra del tenir del Tempio puoco di sotto vi sono le stantie l,
dove stano la fanteria del Gran Turco et sono edifieate al modo
infrascritto. Vi è un cortivo grande et è murato per quadro con
duoi porte, una di dietro, Paîtra davanti et attorno visono stan-
tie a piepiano tutte in volto, coperte di piombo, con botteghe,
che vanno tutto a torno et davanti le dette stanzie vi sono anco
li porteghi in volto. In mezzo questo cortivo vi è un pozzo
grande et da una parte vi sono circa 2 campi di prataria con
fosse atorno, et qui s’esercitano la fanteria a manigiar l’arme
et a scaramusciare, et è di consueto essere dieci milia per-
sone, le quali stantiano in questo cortivo, cioè undeci per casa,
1. Stantie (casernes des janissaires).
— 56 -
un caporale et dieci compagni, et seguitando si dirà l’ordine
suo. Dall‘altra parte poi, cioè a man sinistra vi è una basura,
nella quale vi è edificato un altro Tempio, etli Turchi hanogran
devotione a quel luogo : et vi sono un luogo corne un monas-
terio con moite camare et ogni camara ha il suo lavello di
pietra, soprail quale vi sono dei canoni di métallo, da uno esce
acqua calda, et dall’ altro aequa fredda, percio chè in questo
luogo vi sono corne stue (stufe) che usano in questi paesi, et
qui si lavano le persone et in quelle stantie tengono molti vesti-
menti, et drapi necessarii agli huomini. Et sappiate che nella
Città di Gostantinopoli vi è un luogo, il quale si chiama Bexes-
tran *, il quai luogo è corne il Fontico dei Todeschi di Vene-
tiaet è fatto in volto con 4 porte fortissime, et in questo fontico
per ogni parte vi sono botteghe et vi si vende d’ogni sorte di
robe, cioè panni d’oro et d’argento, drapi di seta d’ogni sorte,
in somma gli si vende ogni cosa di valore, et ogni giorno sul
mezzodi si fa incanti et si vende et compra d’ogni cosa s’ha di
bisogno et fuora, di questo fontico per ogni parte vi sono bot-
teghe di più sorte di mercantie, corne panni di lana, tele, coltre,
schiavine, fustagni ; qui vi stanno strassaruoli, calzolari, da
un’altra parte vi è orevesi, et cosi sono compartiti per ordine
tutti gli mistieri, et siascun’ arte; et per ogni parte si fano
incanti ogni giorno, salvo che il Venere, et si vende fina le
scarpe a incanto, et similmente per tutte quelle contradevi sono
artisti di più conditioni. Avvertendovi che tutte le contrà di
Gostantinopoli hano il suo tempio, et la sua statua con il suo
mercato, secondo l’ordine et usanza délia contrada, perciochè
corne ho detto di sopra, le contrade di Gostantinopoli ha vari
lenguagi, costumiet usanze per rispettodelle persone, che sono
state condotteda diversi paesi.
In questa Gittà vi sono assai Chiese lequali sono offitiate da
Gristiani, corne è il Patriarcato, et moite altre Chiese di Greci et
Latini et di Macedoni et Armeni, et per lo simile li Giudei hano
le sue synagoge et non vi sono dato impaccio et le tengono
aperte corne fosseroin proprie sue patrie. Per ogni parte di Cos-
i. Bexestran, grand bazar. Cf. note finale.
— 57 —
tantinopolicavando niente sotto terra si trovano volti, over altri
fondamenti.
Hora si dirà per quai causa il Gran Turco si ha sicurado di
far sua principal Sedia 1 inCostantinopoli. Prima dalle parti di
terraferma verso l'Europa ha distrutto assai provincie 2, per
modo che seguitando dall’ Ongaro et da Valaschi per lo gran
fiume del Danubio, il quai traversa la via d’Ongaria et délia
Vallachia, si è sicurissimo. Verso YAlbania ha descasciati molti
signori, et ha pigliato tutti li paesi verso la Morea et per lo
simile dalle parti dell’ Asia, benche il confine de’suoi nemici
sia lontano, et vi è uno stretto verso il canale del mar mag-
giore 3, il quale sépara l’Asia dalf Europa; talche essendo Cos-
tantinopoli sul tenir dell’ Europa, non fabisogno di sforzo per
terra dalla parte dell’ Asia, nè meno dalla parte dell’ Europa ;
poichè le provincie più vicine, ch’habbia il Gran Turco diCos-
tantinopoli, à suoi nemici, sono giornate 15 et più di buon ca-
mino; ma resta a dire délia parte da Mare : prima alla bocca
dello stretto de Mar maggiore, ha fatto edificar duoi fortissimi
Castelli 4, uno verso la riva d’Europa, l’altro verso le rive d’A-
sia et sono forniti di buonissime guardie, con artigliarie circa
vinti per parte grossissime, le quai cuopre tutta quella bocca
del stretto, et sono lontani questi Castelli da Costantinopoli
miglia duodici ; poi venendo verso Costantinopoli si trovo una
fasciata délia Città di Pera laquai guarda sopra il detto canale,
et ancora questa è fornita di grosse artigliarie; et medesima-
mente alla porta di Costantinopoli, dove è il predetto Palazo
del Gran Turco vi sono gran corpi di artigliarie, le quali rife-
riscono verso il predetto canale. Per mezzo Costantinopoli a
1. Sedia, résidence, capitale, Constantinople le fut dès 1453, après Brousse (vers
1328) et Andrinople (1366 ou 67).
2. Provincie ; cf. les conquêtes de Mohammed II (Histoire générale, t. III).
3. Canal de la mer Majeure = mer Majeure (mar Maiour (M. Polo), mar
Major. Canal de la mer Noire ou du Pont-Euxin), aussi détroit de Constantinople,
ou Bosphore, long de 28 kilomètres (cf. Gilles, Andréossy, Hammer, Mordt-
mann....). Par delà le Bosphore, en face de Constantinople, s’étend en amphi-
théâtre la ville de Scutari, faubourg de Constantinople. Suleyman y fit cons-
truire la mosquée et l’imareth qui porte le nom de sa fille Mihramah Sultane ;
cf. Andréossy : Constantinople et le Bosphore. Paris, 1828 (p. 4, 99).
4. Castelli : châteaux de Boumili et d’Anadoli Hissar, c’est-à-dire d’Europe et
d’Asie.
- 58 -
Pera verso l’Asia in mezzo il canale vi è uno scoglio, sopra il
quale vi è un Torrione quadro *, clie vien a esser per terzo
con Gonstantinopoli e Pera, et per ogni quadro di questo Tor-
rione vi sono sei bocche di artigliaria, cioè per mezzo Costanti-
nopoli et Pera, et sono acconcie per modo che un uccello haria
fatica a campa re, talche non è possibile che Navilio si possa
approssimare a Pera, nè meno aile mura di Gostantinopoli, non
volendo il Gran Turco. Resta ancora il stretto di sotto da Ga-
lipoli 2 per mezzo, dove fu già la porta dardanea 3 délia Gittà
di Troia, il quai luogo vien a esser lontano da Gostantinopoli
circa miglia 100, et al detto stretto gli sono duoi altri fortis-
simi Castelli 4 forniti di guardie, et di grosse artigliarie, che
diffîcil cosa saria ad ogni veloce navilio passar senz’ esser nos-
ciuto dalle dette artigliarie, sichè per questi rispelti la Gittà di
Gostantinopoli viene ad esser sicurissima :
Dapoi s’ha detto di Gostantinopoli, hora si dirà delC ordine
et usanze del Saraglio 5 del Gran Turco , et di quello dove
stano le sue Donzelle et questi Saragli s’intendono li Palazzi
prenominati.
1. Torrione quadra = tour de Léandre (cf. P. Gilles, etc.).
2. Stretto di Galipoli (détroit de Gallipoli ou des Dardanelles).
3. Porta Dardanea di Troia (Dardanée, partie septentrionale de la Troade où
régna Dardanus, ancêtre mythologique des Troyens, aussi appelés Dardanides).
4. Castelli : Kilidil-Bahar = clef des mers, et Sultan Kalesi = fort du Sultan,
tels sont les noms des deux châteaux de Gallipoli ou des Dardanelles.
La ville du même nom est à deux cent dix kilomètres O.-S.-O. de Constan-
tinople, et à cent quarante S. d’Andrinople. La presqu’île sur laquelle se trouvent
cette ville et ses châteaux forts est l’ancienne Chersonèse de Thrace. La ville
de Gallipoli, la première possédée en Europe par les Turcs (1357), a environ vingt
mille habitants. — Le détroit a été fortifié par De Tott en 1771, forcé par les
Russes (1770), les Anglais en 1807, et les Grecs en 1823 ; fermé aux navires de
guerre, par le traité de Paris (1856).
5. Saraglio. H. T. : serraglio (saraï = palais). Le développement qui suit sur le
sérail et la cour du Grand Seigneur est reproduit dans le même ordre et presque
mot à mot dans l 'Historia Turchesca (cf. éd. J. Ursu, p. 123-145). Mais, tandis
que le manuscrit vicentin s’arrête brusquement aux janissaires, VHisl. Turch.
donne le développement intégral (cf. Op. cit., 145-152). — Ce palais est appelé
Yéni Saraï (p. neuf), construit sur la pointe du même nom, par Mohammed II,
pour la somme de trois mille bourses, peu après la conquête de Constantinople. Ce
sérail mesurait trois milles italiens de tour. Son enceinte fortifiée comportait
soixante-six tours et douze mille créneaux. Ce palais, qui rappelait le Kremlin,
brûla en 1865. Angiolello et Menavino (1504-1511) y ont été esclaves du Grand
Seigneur. On consultera avec fruit la description du sérail et de la cour du
Grand Seigneur dans Th. Spandouyn (trad. Ch. Schefer), Petit Traité de l’origine
59 —
Prima nel Palazzo, dove sta il Gran Turco, vie tiene ancora
questi per suo servitio et governo. Prima vi è uno intitolato per
nome Agà, il quale è Eunuco l, et questo ha in governo tutto
il Saraglio, et ha autorità di comandar a tutta Y altra brigata;
eccetto che al Gran Turco, et se fosse alcuna persona di che
condition esser si voglia, il quale volesse parlar con il Gran
Turco conviene prima haver licentia dalla guardia delle 2 porte
del Palazzo ; poi l’altra ci conviene che questo Eunuco lo
introduca davanti la persona del Gran Turco, salvo se non
fosse giorno deputato al Y udientia generale, chè a questi giorni
tali vi sono altri, corne seguitando intenderete. Et questo Eu-
nuco più facilmente puo havere una gratia dal Gran Turco,
che persona che sia nel suo dominio, et ha di salario al giorno
aspri sento, et doni assai et le spese lui, et tutti li suoi famigli
et cavalli, li quali suoi famigli et cavalli, muli etGambelli, stano
fuora del Palazzo, perô chè in questo Saraglio non gl’ intra
niuna persona senza licenza del Signor.
Dapoi vi è un altro Eunuco chiamato Haxenadarbassi 2, et
des Turcqz, 1517 et 1538 (Paris, 1896) ; Cuspiniano : De Turcorum origine (Venise,
1541), Ant. GeufTroy : Description de la Court du Grand Turc ; 1542 (1546) ;
B. Ramberti : « Delle cose de’ Turchi ». Venise, 1 548 ; Albéri : Relations de D. Ludo-
visi (1534;, t. I, p. 13. — Navagero (1553), I, p. 58. — M. Trevisano, I, 120. — Moro-
sini, 1583, III, 258. Barozzi et Berchet : « Turchia ». Relation d’Ott. Bon, p. 59.
Gyllius (topographie de Constantinople). Nicolas de Nicolay: «Les quatre premiers
livres des navigations et pérégrinations orientales ». Lyon, 1567, p. 111. —
Baudier : Histoire générale du serrai! et de la cour (Rouen, 1628). — Stochove :
voyage d’Italie et du Levant (Rouen, 1670), p. 70. — A. de Saint-Maurice : La
Cour othomane (Paris, 1673).— Tavernier : Nouvelle relation de l’intérieur du sérail
(Paris, 1678). — Pétis de La Croix : Le sérail des empereurs turcs. B. Maz , ms.
1937 — Mouradjea d’Ohsson : Tableau général de l’Empire ottoman. Paris, 1791.
— J. Hammer : The travels of Evlia EfTendi, 1. 1, p. 51 (Londres, 1834). — Th.
Gautier; De Amicis : « Constantinople ».
1. Eunuques (ou monoucz) (t. grec), casnigir (t. turc) qui signifie scalco = mu-
tilé, châtré. Etymologiquement, gardiens des lits, des chambres à coucher. —
Victimes et instruments dociles de la jalousie féroce des sultans et des pachas,
ils sont chargés de surveiller leur harem. Les premiers eunuques ont été parfois
influents à Constantinople.
Cf. GeufTroy, p. 229. Spand., p. 63. De Amicis : «Constantinople,» 4* édit., 1892,
p. 110-116. Dr Caufeynon : L’eunuchisme, Paris, 1903. Dr Millant : Les eunuques
à travers les âges. Paris, 1908. Dr Zambaco : Les eunuques d’aujourd’hui et ceux
d’autrefois. Paris, 1911.
2. Khaznadar bachy. — H. T. (p. 124) : chasendarbassi. Spand., f. 65 : casnatar-
bassi: GeufTroy, p. 119 : « casnadarbassy, avec soixante aspres de gaiges chascun
jour ». — Ramberti : hasnadarbasa. Grand trésorier du trésor particulier du
- 60 —
questo ha in governo le camare et altri luoghi, dove sta le Zo-
glie et lavori, d’ oro et d’ argento, drapi et veste d’ ogni sorte
di seta, et assai altre cose appressiate, et anco questo ha il mede-
simo salario del sopradetto.
Dapoi vi è un’ altro intitolato Chilorbasi *, il quale ha in
governo le camare et luoghi, dove stano le confetioni, spisia-
rie, et altre cose da mangiare per il Gran Turco et per li suoi
di casa, et ancora questo ha il salario delli due prenominati. Et
li Eunuchi, che attendono alli predetti luoghi, et altri offitii del
Gran Turco hanno circa sento giovani per uno, li quali sono
tutti schiavi del Gran Turco et anco questi sono salariati, et
hanno doni et le spese, cioè li camarieri hanno aspri venti per
uno al giorno, et tutti gli altri hanno aspri otto.
In questo Saraglio vi sono altri vinti Eunuchi, i quali sono
corne messagieri di quelli che non sono Eunuchi , perché il
Gran Turco non vuole che niuno degli altri parlano, né meno
conversano con le guardie delle porte, né con persona di fuora,
et quando questi che non sono Eunuchi vogliono comperare
alcuna cosa, conviene dar li danari a uno delli vinti Eunuchi,
et quello li porta a uno delle guardie délia porta, il quai guar-
diano è obligato andar et comperar quello che gli è stato coman-
dato, et cosi a far anco altra facenda che accadesse. Et questi
vinti Eunuchi sono salariati a ragion di otto aspri per uno al
giorno, et doni, et spese fino a tanto che il Gran Turco gli dà
una condotta a qualcuno delli predetti tre Eunuchi over s’ altro
gli bisognasse, che il Gran Turco elegge uno delli vinti in luogo
di quello, che vien levato, avvisandone che questi con li altri
sopradetti Eunuchi et non Eunuchi sono al numéro di 300 e
più, tutti figliuoli di Cristiani 2, parte presi in paesi da nemici,
parte tolti nel proprio paese pur di Cristiani, et questi tali sono
Grand Seigneur (khaznéh = trésor), « office de très grande réputation, confié
à un eunuque », ajoute GeufTroy.
\. Khéler bachy. — H. T. (p. 124) : chielerbassi ; Ramberti : chilergi bassa ;
Stochove : chilir baschi.
2. Chrétiens. — Les janissaires ont été recrutés, dès l’origine, parmi les
enfants du tribut, c’est-à-dire parmi les fils des sujets chrétiens de l’Europe
soumise au sultan ottoman. — Cf. Djevad-Bey, l’historien du corps des janis-
saires. — Cf. Lang : correspondance de Charles-Quint, t. II, 471.
— 61 -
messi nel Saraglio da piccioli, che niuno non passa anni 18, et
il Gran Turco li tien Maestri, li quali li insegnano a legger 1 * * 4,
et scriver et parlar, et in somma tutte le usanze et costumi suoi
et dopo che hanno imparà sono poi messi a servir il Gran Turco
secondo che occorre et quando Y hano servito un tempo, secondo
che appar ad esso Gran Turco potersene fidare, lui poi li cava
fuora di questo Saraglio con salario et modi che il appare et
dopo che sono fuora secondo che sono, reali, et secondo che essi
si portano bene, di grado in grado, gli sono mutata la condi-
tione, et quasi tutti li Gran Signori, Gapitani et gran Maestri,
li quali son sottoposti al Gran Turco sono stati allevati nel Sara-
glio, et sono ascesi per questa via, et sono puochi che non
facciano il dovere, poichè in ogni picciola cosa ch’ essi faccia
in benefitio del loro signore, li sono remunerati, et per Y opo-
sito, per piciol mancamento sono puniti severamente.
Dapoi vi è uno il quai s’adimanda Sescalco, il quale ha
obligo di proveder aile cose necessarie per la cusina, et è obli-
gado a proveder ancora per il Saraglio, corne di sucari, confe-
tion, candele di sera per abrusciar in uso delle camare, perche
in ogni camara, dove dorme persone, vi arde due gran torse
tutta la notte fin alla mattina, et se ne abruscia anco in altri
luoghi, et questo Sescalo ha di salarico aspri 60 al giorno, et
questo ha un canceliero, il quai ha da tenir conto del resever et
del sborsar, et ancora questo è saîariato dal Gran Turco, et ha di
salario aspri 25 al giorno, et questo Sescalco ha forsi 50 persone
sotto di sè, aile quali puol comandar, et mandar a proveder a
tutte le cose che fa de bisogno per il Saraglio ; et ancora questi
hanno di salario aspri dieci per uno al giorno, et quando il Gran
Turco campesa ( = campeggia) questo Sescalco èobligato di pro-
veder per il tempo che si ha da campesar non manchi alcuna
cosa, et gli sono dati tanti Gambelli, quanti fa bisogno per por-
1. Il y avait des écoles du sérail pour les janisserots, futurs janissaires, en
particulier à Constantinople, à Péra ou Galata, à Andrinople. — H. T. (126).
Menavino, p. 97. — N. de Nicolay, p. 77. Stochove, p. 71. — Ces écoles furent
les pépinières des grands vizirs et des chefs d’armée ; cf. Histoire générale de
Lavisse et Rambaud, IV, p. 752. Les aspirants janissaires s’appelaient adjami
oghlan, c’est-à-dire soldats inexpérimentés ; cf. Djevad Bey, trad. G. Macridès :
Le corps des janissaires. Paris, 1882, p. 241.
— 02 -
tar le vettovaglie, et cosa anco danari, et comodità di poter pro-
veder, et se per mancamento suo il Gran Turco con tutta la sua
corte non fossero stati fatti servire, il Sescalco è punito severa-
mente, et cosi sta il patto con il Gran Turco.
Dapoi vi è uno, il quale è sopra li cuoghi, et queslo ha in
governo tutta la cusina, et ha di salarie aspri 40 al giorno. Vi è
poi alcuni altri maestri cuoghi, li quali sono circa 40, et ogni
giorno dieci di questi sono deputati a cusinar le vivande per
li loro Signori, et per tutta la sua corte, et ciascuno di questi
hanno chi duoi, chi tre discepoli sotto di loro, et tutti sono
Schiavi del Gran Turco, et tutti questi cuoghi stano sempre aile
cusine, et non si misiano con quelli del Saraglio, se non tanto
che li portano le vivande, et non si parlano nè puoco nè assai
perché cosi vol il Gran Turco.
Dapoi vi è uno il quale è sopra quelli, che fano le confetion
per il Gran Turco et par la sua Corte, et questo ha di salario
aspri 40 al giorno; dapoi sono li Maestri, li quali fano le confe-
tione et sono persone circa 20 et ognuno ha di salario aspri 8
al giorno et le spese. Dapoi vi è uno il quale è sopra li fornari,
li quali fano il pan per il Gran Turco, et per tutta la sua
Corte, et ha di salario aspri 30 al giorno, et quali che fano il pan
sono circa 25, et han di salario aspri otto per uno al giorno.
Dapoi vi è uno il quale è sopra quelli, che fano li vestimenti
del Gran Turco et di tutta la sua corte, et questo ha di salario
aspri 20 al giorno, et. assai doni dalli Gortegiani, et vi è poi un
altro, il quale ha carica di far lavar tutti li drapi sporchi del
Gran Turco, et di tutta la sua Corte, et questo ha sotto di sè
persone vinti, le quali non fa mai altro che lavar drapi di fusta-
gno et di lana, et questi ha 4 aspri per uno al giorno, et ogni
tre mesi ogni cortegiano è obligato da dargli aspri 50, et questi
sono per le sue spese. Et li predetti cuoghi, et fornari, et altri,
quando il Gran Turco campeza, et cosi per ogni luogo, che Lui
vada questi sono obligati seguitarlo, et tutti hano dal Gran Turco
cavalli per cavalcare, et Gamelli 1 per portar tutte le cose che
1. Gamelli ou gambelii : chameaux. H. T. (126) : camelli, auxiliaires précieux
des chefs de caravanes, des guerriers et des agriculteurs ; cf. F. X. Lesbre :
Anatomie du chameau.... Lyon, 1900. — Moll (capitaine) : Infanterie montée à
— 63 -
fano de bisogno seconde Ioro mestieri, et li fornari porlano un
forno di ferro sopra un Gamello, nel quale tuttavia caminando
si cusina il pane, perché il Gran Turco ogni pasto ne vuol di
fresco.
Ora si dirà delV ordine del Saraglio, et del Palazzo dove
che stano le Dong telle del Gran Turco.
Le Dongielle del Gran Turco sono circa trecento 2, hora più
et hora meno, secondo che sono cavate fuori et messe entro, et
ogniuna ha dal Gran Turco aspri 4 al giorno, et le spese, et
infiniti presenti dal Gran Turco, et tutte queste Dongielle sono
fîgliuole de’ Gristiani prese et tolte per vari luoghi, et messe
in questo Saraglio dove quelle che si attrovano esser tutte lon-
gamente nel Saraglio insegnano aile grezze, cioè a quelle
che sono messe da novo, à parlar, à legger, à cusir, et far le
loro dévotion, et tutti li costumi et usanze loro, le quali esse
hanno imparà dalle prime, et quando alcuna è grossa del Gran
Turco vi sono cresciuto il salario, et la conditione, et le altre
l’honora, et serve corne Madonna, et se la parturisse Mascio viene
allevato nel Saraglio con la madré, fin a tanto che ha l’età
di anni dodici, et poi il Gran Turco gli dà un paese, cioè tante
Terre, Ville et luoghi che il poscia viver signorilmente, et
manda la Madré con esso, et persone che l’habbia a governare,
et Schiavi et Schiave che fhabbiano a servire. Et nascendo
femina ancora essa sono allevata nel Saraglio et tenu ta con la
Madré fino a tanto che ha il tempo di potersi maritare, e poi
il Gran Turco gli dà per marito qualche suo Barone, et manda
la Madré, il genero et la figliuola, dove le sono da tutti hono-
rati corne done del Gran Turco, et non si puol più maritar, et
chameau. Paris, 1903. — Voinot (cap.) : Artillerie à dos de chameau. Paris, 1910.
— Wachi (eomm.) : Rôle militaire du chameau en Algérie et en Tunisie. Paris,
1900. — Léati : Les chameaux porteurs. Paris, 1904. — J. Vilbouehévitch : Le
chameau animal agricole. Paris, 1894.
1. Ce palais est appelé Eschizarai, par Menavino, p. 134 (Eski = vieux; saraï
= palais). Le ministère de la guerre, « Séraskiérat », en occupe l’emplacement.
2. Le nombre des filles du harem du Grand Seigneur a varié jadis, tout comme
au xixe et au xxe siècle. Tandis que du temps de Mohammed II et de Bayézid, les
historiens, les bailes parlent d’environ trois cents, de cinq à six cents, sous
Suléïman (Hist. gén., IV, p. 760 n), on parlait, en 1909, des trois cents femmes
d'Abdul Hamid et des cinquante de son successeur Méhémed V.
— 64 —
sta sempre corne donna delGran Turco; et quelle che non fano
figliuoli, corne hano passato un certo tempo il Gran Turco le
mari ta in qualche suo cortegiano, et gli dà tutta quella roba,
che si attrova haver nel Saraglio, et il Gran Turco gli dona
quello che a lui pare, et a questo modo sono maritate et le
manda con gran honore a marito.
Dapoi vi è un Saracin Eunuco, il quale ha in governo tutto
questo Saraglio et cosi Donne et Dongielle, etpersoneche stanno
li dentro, et questo Eunuco ha gran credito con il Gran Turco
et ha autorità 1 a gridar, et bâter, et corregger sciascuna per-
sona di questo Saraglio ; et questo ha di salario dal Gran Turco
aspri 100 al giorno, et spese per lui, et suoi cavalli et famigli senza
li doni assai che gli fano il Gran Turco et tutte le Dongielle.
Gostui tien casa fuora del Saraglio, ha gran servitio di Schiavi
et cavalli bellissimi, et possédé le intrade di una grossa villa, la
quale è lontan da Gostantinopoli un miglia incirca, et di giorno
questo Saracin ha libertà di andar dove gli pare per lo spatio di
4 hore, et di notte è obligato albergar nel Saraglio per custodia
delle Dongielle et di tutta Taltra gente.
Vi è poi 20 altri Eunuchi negri et bianchi, li quali stano
sempre giorno et notte per custodia di servitii per le Dongielle,
perô che esse non puol parlar, nè conversar, nèlasciarsi vedere
a persona di fuora et quando vogliono comperarsi alcuna cosa,
le manda un di questi Eunuchi, et essi manda uno delle gardie
délia seconda porta, le quai guardie è obligate andar et ordinar
alleguardie dell’ultima porta, et quelle è obligate d’andar etcom-
perare quello che li sono comandato. Questi 20 Eunuchi hano
di salario aspri otto per uno. Dapoi vi è le porte di mezzo, a le
quali sono députa dieci huomini vecchi fidati, li quali non las-
ciano intrar, nè uscir niuno senza il comandamento del Gran
Turco et questi hanno aspri 15 di salario per uno al giorno, et
non si partono di quel luogo nè giorno nè notte; ancora aile
porte di sopra vi sono altri provisionati, et sono circa 40 per
modula, perché se mutano ogni sera, et questi sono di quelli
1. Pouvoirs très étendus du chef des eunuques (celui de corriger les filles du
harem par exemple). Plus d’une fois le premier eunuque du sultan a été
l’homme de confiance, le factotum du Grand Seigneur. Cf. Mouradjea d’Ohsson.
- 65 —
provisionati che servono anco aile porte del Gran Turco, del
suo Palazzo, etdi sotto si dirà l’ordine suo.
Dapoi s ha detto dei Saragli, ora si dirà delï ordine delle
corti et dello Stato del Gran Turco . Prima esso Gran Turco è
intitolato in lingua turchesea Hunger *, che vol dire in nostra
lingua Imperatore, il quale ha gran obedientia da tutti li
suoi Gapitani, et altri suoi sudditi, et non è niuno il quale
fosse di tal ardire che controfacesse al minimo suo comanda-
mento.
Dapoi sono 4 consiglieri -, et questi sono quelli i quali hano
a consigliar il Gran Turco in tutte le cose che apresentano allô
Stato, et questi hano d’intrada ail’ hano a ragion di vinti sia
sento mille aspri, cioè se gli consegnano tante Gitta, Castelli, et
Ville, le quai rendono d’intrada fino alla predetta soma, et
questi dano udientia generale per nome del Gran Turco, ma
in alcuni casi conviene conferir col Gran Turco, et spesse volte
il Gran Turco gli permutano secondo che gli atalenta, over che
l’habbia niente di sospeto, che alcun di questi 4 habbia seguito
nella corte, corne tu Mahumet Bassà 3, il quale lo fece strango-
1. H. T. (p. 130) : Hunchier = Hunkiar ou Unkiar, souverain, empereur et plus.
Un des nombreux titres du Grand Seigneur de Constantinople, aussi appelé
Gabin, Padichah = empereur, monarque. Sultan = prince. Zill-Ullah = ombre
de Dieu sur terre. Voici les titres officiels que prit Suléïman écrivant au doge de
Venise (Albéri, 3e série, t. III, p. 118 n.) :
Suliman sciah, filius Selim, Imperator, semper victor; per miserazion divina
e per grazia del profeta Macomet, e favor delli quattro suoi amici, e il resto
di altri suoi compagni ec.... Io imperator degl’ imperatori, e re incoronato sopra
gli uomini che sono sulla faccia délia terra, ombra di Dio sopra le due terre-
ferme, imperator del Mar Bianco e del Mar Negro, e délia Romania, e
dell’ Anatolia, e del paese délia Grecia, e délia Caramania, e del Dulcadir, e del
Diarbechir, e del Dirmaizam, e di Damasco, e Aleppo, e del Cairo, e sacrosanto
Jérusalem, e délia sublime Mecca e veneranda Médina, e di Zide, e di Gemen, e
di molti altri paesi, Sultan Suliman sciah, imperator, figliuolo di Sultan Selin,
sciah imperator :
Tu Andrea, che sei doge di Venezia....
2. Viziri ov. consiglieri. Cf. H. T., 130. Ramb., p. 16. Spand., ap. Sansovino,
p. 110. Menavino, p. 108. Cuspiniano, p. 57. Etymologiquement portefaix; ceux
qui portent le fardeau de l’État, des affaires. Ala-ed-Din sous Orkhan, son frère.
Bientôt il y eut un grand vizir et deux vizirs; trois sous le Conquérant; quatre et
même cinq (le cinquième Vezirat fut créé pour le renégat hongrois Ferad) sous
Suléïman. Le grand vizir ou vizir azem était une sorte de vice-empereur ayant
droit au tug à cinq queues. Il existe une histoire des vizirs antérieurs à 1540,
écrite en turc, par Ali, fils d’Abu Feth al Katib.
3. Mahumet, H. T., p. 130. Mehemet Bassa = Mahmoud Pacha, peut-être le
5
— 66 -
Jar con una corda d’arco 1 et molli altri ne ha orbasati (abba-
cinati?) et fatti morire per più cause.
Dapoi sono uno, il quale è intitolato Cadilescher 2, et questo
hano a far ragion et mantegnir giustitia a tutto il dominio,
quanto serve a Venetia la Vogaria , et quando il Gran Turco
eleggono uno di questi, gli dà la bachetta in mano, che signi-
fica la gran liberta, che ancora esso Gran Turco vol esser obbe-
diente alla ragion et giustitia d’Iddio, et questo ha dà elegger
tutti gli altri resimenti, li quali vano fuori Podestà per tutte le
Gittà, et luoghi del dominio del Gran Turco et similmente
tutti gli Sacerdoti, li quali hanno a offitiar li Tempii et ha
anco autorité di emendarli et rimetterne altri in suo luogo, et
costui puol tagliar ogni sententia fatta d’ogni Rettore, et esso
non ha altro superiore che il Gran Turco, et ha mile aspri al
giorno di salario.
Sono poi duoi altri intitolati Testerdari 3, che vuol dire in
nostra lingua Camerlenghi, perché questi sono sopra tutte le
intrade, et spese del Gran Turco; uno è sopra l’intrade délia
Romania cioè délia parte dell’ Europa, l’altro sopra l’intrade
délia Natolia cioè dalla parte dell’Asia, et sciascuno di questi
ha d’intrada siesenlomilia aspri ail’ ano, et quando il Gran
Turco dà udientia ordina che il predetto Cadilescher entra den-
tro solo, et conferise con il Gran Turco delle cose che appar-
tiene al suo offitio, poi esce fuora; dapoi entrano li sopradetti
4 vixir, insieme con li due Testerdari, et poi senta ti alla pre-
plus intelligent des grands vizirs de Mohammed II, fils d’un Grec et d’une Alba-
naise, déposé par deux fois, 1467 et 1473.
Il a, en qualité de Captan Pacha, contribué à la fin de l’empire de Trébizonde
(1461), assiégé et pris N. Gattilusio avec son île (de Lemnos) (1462), conquis la
Garamanie (1463)....
1. Con corda d’arco, l’un des nombreux supplices en usage chez les Turcs (H. T.,
p. 62 et 130). Ainsi fut étranglé Moustafa, le fils de Suléïman, à Erégli (Cara-
manie), presque sous les yeux de son père (21 septembre 1553). Le même sup-
plice emporta, en 1569, Bayézid, frère de Moustafa, et ses cinq fils.
2. Cadilascher (H. T., 131), mot composé qui signifie juge de l’armée, cf.
B. Ramb., p. 16 ; Menav., p. 52 ; N. de Nicolay, p. 190 ; Albéri, t. I, p. 14 et 58.
Spand. (93), cadilesquier, cady lechker. M. d’Ohsson, IV, p. 574. Il y en avait deux,
l’un pour la Roumélie, l’autre pour l’Anatolie.
3. H. T. (131 et 132), defterderi (defter = livre des contributions). Spand., p. 140,
tephtertares. Ramb., 16; Menav., 95; Alberi, I, 14, 58. Au nombre de deux égale-
ment. Gf. Spand., édit. Sch., p. 96 à 99.
— 67 -
sentia del Gran Turco li Testerdari, parlano delle cose perti-
nent! al suo uffitio : dapoi che il Gran Turco ha dato risposta
loro duoi esse fuora, et solamente restano li 4 vixir con il Gran
Turco et conferiscono le cose del Stato, et di suoi segreti.
Dapoi sono li Sacretari et Cancelleri, li quali sono persone
40 et hano aspri 30 per uno al giorno per fino a tresento, se-
condo le loro dignité, et vi è uno maggior di tutti gli altri, il
quale è intitolato Avianbarsi 1 et4di questi tienconto di tutte le
intrade, et 4 altri delle spese, et li altri sono deputati a altri
offitii, et ogni volta che si leva gli offitii tutti, i libri delle in-
trade et delle spese sono messi sotto bola delli predetti Tester-
dari, et quando è compito l’hano incontrano i libri delle in-
trade con quelli delle spese, et notano la differentia delle sume
in un libro, et poi lo mettono dove sta il Tesoro del Gran Turco.
Dapoi vi è uno, il quale è intitolato Nissanzi 2, il quale è de-
putato a sigilar le lettere et gratie, le quali si fano a nome del
Gran Turco, et questo ha di salario tante intrade ail’ hano per
la valuta di 40 mila aspri, senza le regaglie et doni, li quali
sono molti et infiniti.
Dapoi v’ è uno il quale si fa chiarnar Vexenedar 3, che vol
dir in nostra lingua pesator di moneta et questo è deputato a
contar tutti li danari, et pesar tutta la moneta, la quai si ri-
ceve et dispensa, et conviene esser présente a contar e pesar li
Testerdari et li Cancellieri deputati a tali conti, perché essi
hano aspri 50 al giorno, et quelli che aiuta a pesar che sono
persone circa dieci, hano aspri otto per uno al giorno.
Dapoi sono circa persone dosento, intitolati Mutafericlia 4,
che s’intendono li infrascritti. Primo sono alcuni figliuoli di
signori, corne il figliuolo del Despoto délia Morea, et quello
dell’ Imperatore di Trabisonda, et del Re di Bosina (Bosnia) et
1. H. T., 132. Divaniaversisi, Divan Jazizi, Divan Yazidjyssy, secrétaire du Divan.
2. H. T., 133. Nisanzi pour Nichandji bachy, secrétaire d’Étal chargé d’apposer
le chiffre du sultan = le toughra. Cf. Hammer, III, 313. Cuspiniano, 58 ; Mena-
vino, 95; Spand., 99 et 136; Ramb., 17.
3. H. T. Vexeneder (m. Aff. Etr : vexendar). Ramb. : vesnadar pour veznéhdar,
vérificateur du poids des monnaies.
4. H. T., mutaferica. Cusp., p. 58. P. Trevisan (Albéri, t. I, p. 128). Geuff.,
p. 233, dit que les mouteferriqa sont des porte-lance devant le Grand Seigneur
et forment le corps le plus brillant de sa garde.
- 68 —
altri Signori di Valachia, di Tartaria et altri paesi, li quali Si-
gnori il Gran Turco li tengono appresso, et li fa buona compa-
gnia. Et con questi Mutafericha s’intende Medici, Filosofi, As-
trologhi, Matematichi , et ogni sorte d’indovini J, li quali alcuni
guardano nel vino, altri nell’ acqua, et altri inuna spada, et chi
in uno specchio, et alcuni nel sabion, et con la penna fano lettere
sopra la terra, et i Macomettani dano gran fede a tal indovini.
Ancora in questi s’intende alcuni Sonatori, Cantori, Buffoni
et altri Maestri corne Insegneri, Orevesi, etc., et sciascuno di
questi sono pagati ogni luna, et cosi quelli del Saraglio : tutto
il resto délia corte sono pagati ogni tre lune a ragion di gior-
nata et fano vintinove giorni per ogni luna. Et questi hano di
salario da aspri vinti fino a 400 per uno secondo li gradi et
conditioni ; et alcuni oltre il salario hano 1 et 2 et chi 3 ville
dal Gran Turco, et quando il Gran Turco cavalco fuora délia
terra, tutti questi sono deputati andargli in sua compagnia
avanti, pur a cavalio. Ancora tutto il resto délia corte, et délia
gente da cavalio poi sono compartiti in squadre, cioè sento per
squadra corne seguitando intenderete.
Prima le squadre delli portinari 1 2, le quali sono 2, et hanno
persone200 per una, et li dueCapitani di queste 2 squadre sono
deputati 4 giorni délia settimana, cioè il sabato , la dominica ,
il luni et marti perché questi giorni il Gran Turco dà udientia,
sono obligati a star alla porta, dove il Gran Turco sta a dar
udientia con un baston in mano, et quando il Vixir over altri
vogliono intrar, uno di questi duoi lo fa sapere al Gran Turco,
et questi sono anco obligati d’albergar una notte per uno con le
loro squadre alla guardia delle porte del Palazzo, dove sta il
Gran Turco et similmente è in obligo di far in campo davanti
li padiglioni, et questi hadi salario aspri sento al giorno. Ancora
ognuna di queste squadre hanno un Gapitano, et questo ha il
carico di ordinar le guardie, et altri offîtii, et loro stano aile
guardie giorno et notte secondo che gli toca, et hano di salario
per uno aspri 40, et assai regalie et doni. Ancora sono duoi
1. Devins : le Conquérant lui-même en avait.
2. L’H. T. ajoute le mot turc capigi,. portiers (kopou = porte). Menav., 105;
Spand., ap. Sans., 114; Navagero (Albéri, t. 1, p. 59).
— 69 -
cancelieri salariati dal Gran Turco, li quali attendono a queste
due squadre, et hanno aspri io per uno al giorno, et per ogni
dosena di queste squadre vi è un caporale, et questi hano di
salario per uno aspri 8 al giorno, et tutti li altri hano aspri 6, et
altri regali et doni. Da poi vi è un altra squadra, che sonocirca
persone 40, li quali sono deputati il giorno che si dà udienza
a servir il Gran Turco 4, et quando ha servito il Gran Turco ser-
vono poi li Vixir, quando che mangiano, al modo che di sotto
intenderete, et il Capitano di questa squadra ha da esser sopra
quando si porta le vivande in tavola avanti il Gran Turco, et
star li fino che mangia, et cosè fino che mangia li Vixir, et
questo Capitano ha di salario aspri 100 al giorno, et il suo con-
sidéré, et altri hano aspri 30, che vien a fare mille aspri per
luna. Et quando il Gran Turco vol mangiar il giorno di udienza,
lui senta solo sopra una sedia un poco alta da terra, et s'a al
modo che stano li sarti a cusire, et poi li predetti vinti Scudieri
li portano le vivande inanti, et li portano un vaso, corne una
brandina, il quale è d’argento, et alcune volte ne portano uno
d’oro, et questo vaso li è posto inanti, poi li distendono sopra li
zenochi una tovaglia di seda, la quale è di più colori ; poi uno
di questi servitori ha parecchiato unamegiolara (= tondo)con il
pane, et il sculier ( = cuechiaio) et questo Scudiero li va porgendo
il pane tagliato avanti et cosi di mano in mano gli sono portate
le vivande, lequali sono in piati di porcellana, et fino che il
Gran Turco mangia, li 4 Vixir, lo Cadilescher etli 2 Testerdari
con assai altri Baroni stano là in piedi dinansi esso Gran Turco,
et le squadre da cavalo et da piedi stano ali suoi luoghi deputati
attorno la corte, li quali sono circa persone 2 milia, et a quelli
li portano da mangiare in certe brandine di rame instagnate
piene di vivande, et la minestra sono la maggior parte risi, et
corne il Gran Turco comincia a mangiar, tutti questi vinti milia
mangia ancora loro, etdapoi levati li piati, et che il Gran Turco
ha fmito di mangiare si leva in piedi, et con il capo chino fa
riverenza a tutti, et poi entra nella sua camara, et partito il
Gran Turco, li Vixir, lo Cadilescher et li altri, li quali sono stati
1. H. T., 136. Ciesignigiri ; GeufT. : casnegir bassi = sorte de maître d’hôtel. Cf.
Menav., 131; Spand., 108; Ramb., 15; Nie. de Nicolay, 173.
- 70 -
in piedi et hano mangiato, vano poi à suoi luoghi deputati, et
ancora, a questa gli èportato da mangiare per quelli vinti Scu-
dieri, li quali hano servito il Gran Turco, et dopo che questi
maggiori hano mangiato, mangiano li Secretari et Cancelleri, et
li altri, et fino che la brigata mangia, siascuno va a far quello
che è deputato : nei 4 giorni délia settimana si tien quest’
’ordine, cioè il Sabato, la Domenica, il Luni et il Marti.
Vi è un altra squadra intitolata la squadra delli Commanda-
tori 1 et il Gapitanio di questa squadra è deputato il giorno di
corte a star con un baston in mano davanti alli Vixir et quando
quelli addimandano alcuna persona, questo capitanio èobligato
dimandar a cercar et chiamar quella tal persona, over far altro
servitio, che accadesse, et questo ha di salario aspri 60 al
giorno; dopo vi sono li suoi Gaporali, li quali bisogna che stia
attenti con li suoi dieci compagni quando gli toca per andar
alli servitii dove il suo Gaporale li manda et questi Caporali
hano di salario aspri 25 al giorno, et il resto che sono circa
persone 30 hano da aspri 15 fino a 20 per uno al giorno. Vi è
un’ altra squadra che sono deputati quando il Gran Turco
monta a cavallo per andar fuora délia terra, over in altro luogo,
over in campo, sono obligati di dire ad alta voce alcune parole
in laude del Gran Turco, et poi si comincia a sonar gli istru-
menti, corne trombe, trombette, tamburi, et altri istrumenti, li
quali si usa in quel paese, et dopo che il Gran Turco è inviato
a cavallo questi si mettono inanti le squadre, le quali sono
deputate a cavalcare appresso il Gran Turco, et quando si passa
appresso gli seminati, questi stanno alli passi, et fano sapere
che niuno non guasti il seminato, et se alcuno facesse danno il
Gran Turco lo castigeria severamente. Sono poi due altre squa-
dre, una si chiama Ispahioglani 2, l’altra Silictari 3, le quai
1. L’H. T. les appelle gianussi.
2. H. T., 137 : Spachiolani, spahioglani, spachuglan pour sipahoglan. Ce sont
les gardes à cheval. « Pendant la guerre, quelque temps qu’il fasse, 500 d’entre
eux veillent en armes autour de la tente du sultan, » dit Spandouyn, 121. Cf.
Ménav., 111.
Ramberti appelle les Spaochi ou Spai des cavaliers au service des Beilerbei et
des sandjak ayant un revenu de cent ducats. Il en compte 30,000 en 1534; Bar-
baro, en 1573, mentionne 80,000 en Turquie, 50,000 en Asie et 15,000 de la Porte.
3. H. T.: silicharij ; Spand., ap Sans., 114, v. silitari ; Ramb. : silictari. Cf.
— 71 —
sono da mile persone per squadra, et liCapitanidi questeson
deputati ogni giorno di corte di venire alla Gorte con tutta la
sua gente et hanno di salario per uno al giorno aspri sento ;
poi vi è un Vitio-Capitano per squadra, et questo ha di salario
al giorno aspri 40, dappoi vi sono li Gapi di sento, li quali hano
di salario aspri 30 per uno al giorno ; il rimanente di questo
2 squadre hano aspri 15 per uno, et perché molti sono sotto-
posti ad altri, niente di meno hano più salario, et molti di loro
potriano esser Gapi et non vogliono quell’ impascio. Avvisan-
dovi che queste 2 squadre sono le piùnobili, chealtre ch’ abbia
il Gran Turco, et tutti quelli che esse fuora del Saraglio sono
posti in queste 2 squadre, et da queste ascende tutti li signori,
et gran Maestri, li quali sono sottoposti al Gran Turco. Et
questi sono quelli che fano li fatti importanti nel Stato cioè
vano Sinici sopra li Signori et Maestri per tutto il dominio
del Gran Turco. Questi sono sopra tutti gli incanti de’ datii et
de altre intrade del Gran Turco. Questi scuotono le dette in-
trade et hano gran giurisdition quando vano fuora, perché il
Gran Turco non tiene per le sue Gittà camerlenghi, né persone
che scoda ; ma ogni 6 mesi manda fuori questi tali per tutto il
suo paese, et questi vanno scodendo non senza sua utilité. Et la
maggior parte delle ambasciarie del Gran Turco vi manda di
queste persone di queste 2 squadre.
Ancora quando il Gran Turco cavalca fuora délia terra, questa
tal gente cavalca appresso la sua persona, et solamente gb
Silistrani hano carico di menar a mano 10 corsieri con sella
et briglia dinanzi il Gran Turco, li quali cavali sono per suo
uso. Ancora duoi di questi Silistrani hano carico di portar so-
pra 2 lanscie alcune code di cavallo, et in mezzo di questi che
portano le dette lanscie gli va sempre tre guide, le quali vanno
guidando lo squadrone che sta appresso la persona del Gran
Turco et vanno inanti quanto il Gran Turco gli puô vedere, et
per lo simile ogni signore et Gapitano, i quali han carico di
condotta di gente si fa portar avant! una lanscia con code di ca-
Albéri, I, p. 15, 60, 133. Les Silichtar, vulgairement silihdar, portent arc et
flèches. Leur chef est le porte-épée du Grand Seigneur auquel il est attaché, il
est l'intendant de tous les officiers du palais non eunuques (cf. Andréossy, p. 46).
- 72 —
vallo, che significa la guardia, et tutte queste squadre hano il
suo Cancelliere, il quai hano di premio aspri 20 per uno.
Dapoi sono 2 altre squadre di persone sinquesento per una,
le quali sono intitolateli Olofagi 1 et li Gapitani di queste sono
Deputati il giorno di Gorte a redursi con tutta la sua Gompa-
gnia, et hano aspri 80 di salario per uno, et li Cancellieri aspri
25 ; tulla l’altra gente hano di salario al giorno aspri 8, et
questi sono huomini che sono stati posti in queste compagnie
per qualche suo merito, et alcuni sono stati schiavi di qualche
gran Maestro, et per suoi meriti sono stati messi al soldo del
Gran Turco, et questi sono deputati a portar lettere, et altre
imbasciate da luogo a luogo corne fano li corrieri delle nostre
parti.
Vi sono altre 2 squadre, le quali sono persone 500 per squa-
dra et queste sono intitolate li Caripigi 2, et li Gapitani di
queste hano di salario per uno aspri 50, il Vicio 30, et tutti gli
altri hano aspri diese , cioè li capi di sentoventisinque; et
questi di queste 2 squadre sono tutti valent’ huomini, li quali
sono Gapitani alla gran Gorte, li quali sono da persone 20, et
alcuni tendono alla corte di Persiaet parte a quella di Tartaria,
et quando il Gran Turco sta alla sedia questi hano liberté di
alloggiarlontani dalla corte, dovegli par che siamiglior vivere,
et questi non ha carico di altro servitio, et mandano ogni luna a
levare il suo soldo.
Dapoi sono 2 altre squadre, le quali sono intitolate Irma -
lem 3, et il capo di queste è sopra quelli, li quali portano li
stendardi dietro al Gran Turco, quando il cavalcha. Ancora
questo è sopra quelli che sonano li Tamburi, et Gnaccare, et
Trombe, et altri istrumenti che si usano sonare quando il Gran
Turco cavalcha, et sono persone — 100 — le quali sonano questi
1. H. T., 138: olofazi pour oloufédjy, ouloufédjy, cavaliers dont la solde est
payée en espèces par le trésorier (uloufèh = solde), par opposition à timar =
solde en revenu terrien. Cf. Menav., 114; Spand., ap. Sans., 114; Ramb., 19;
Albéri, t. 1, 14, 60.
2. Caripigit aussi dans l’H. T. pour gharip oglan. Selon GeufTroy, les « cari-
poglan » sont gens de cheval extraordinaires.
3. H. T., 139: Imiralen. Geufî. : imralem (émir alem), porte-enseigne du sou-
verain et chef de tous les mechter.
- 73 —
istrumenti, et per ogni vittoria, che ha il Gran Turco, questi
ha no un mar di presenti et dont.
Sono poi la squadra di Falconieri l, et il Capitano di
questa è intitolato Muschir , et ha di salario aspri 100 al giorno,
et molti presenti del Gran Turco, et da altri suoi cortegiani, et
il Cancellier 15, et tutti gli altri, che sono da persone dosento
hano aspri 6 per uno, et le spese per loro, et suoi huomini et
falconi, et altri uccelli.
Vi sono un’ altra squadra, che sono quelli che lavorano 1’ ar-
mamento 2 3 corne Goracine, Panciere, Labarde, Spingarde,
Schiopi, Archi, Frecie, Balestre et altri istrumenti, et il Gapo
de’ questi ha di salario aspri 60 al giorno, il Vitio Gapo aspri 30.
il Cancelliero 15, li Maestri, li quali sono circa persone 200 hano
aspri 10 al giorno, et li Gapitani hano carico quando bisogna
d’ operar Y armatura, di andarla dispensando a quelli, che Y hanno
da operare, et adoperate che sono, le vadi riscotendo indietro.
Vi sono una squadra delli Bombardieri 3 li quali sono persone
100 che scaricano le artigliarie et ciascuno ha il suo discepolo,
et il Gapo ha per suo salario aspri ottanta al giorno, li ministri
hano da 10 aspro fino a 40 per uno al giorno, et li discepoli
hano 4 aspri per uno persino che hano impara Y arte del bom-
bardiero, et poi gli è cresciuto il salario.
Sono poi quelli, li quali fano gli Padiglioni 4 del Gran Turco,
et questi stessi hano carico di condurli in campo quando vien
occasion d’ andar fuora, et il Capitano ha di salario aspri 80 al
giorno et gli altri ministri hano otto etdieci per uno, et ciascuno
di questi Maestri, li quali sono da persone 300 hano il suo dis-
1. L’H. T. ajoute le mot Ganzi comme terme équivalent.
2. L’H. T. ajoute le nom turc Ziebezi; Spand. cite le zebezibassi ; il faut dire
djebèhdjibachy; cet officier avait la garde des munitions et des harnais. Cf.
Menavino, 115.
3. H. T., 141 : Bombardieri = « Topzibassi ». Sp., éd. Sch., 126, topzi bassi.
Geuffroy ( ibid .), topgibassi (top = canon, topgiler = canonniers). Tandis que
J. M, Angiolello assigne quatre-vingts aspres par jour au chef de l’artillerie,
Geuffroy lui en assigne soixante seulement.
4. L’H. T., p. 141, donne le nom turc mechter. GeulT., 109 n., mechter = les
subordonnés de l’Emiralem, leur capitaine. « Ung Imralem =r aga qui porte
l’enseigne du Grand Turc où pend une queue de cheval, en mémoire (ainsi qu’ilz
m’ont dict) de Alexandre le Grant qui la portoit sur sa teste, comme nous le
voyons en ses médailles ». Cf. Ramberti, 20; Menavino, 120.
5*
— 74 —
cepolo, et anco questi sono deputati a campegiar, et questi sono
quelli che conducono li Gambelli, li quali portano li padiglioni
et alloggiano un appresso ail’ altro, perciocchè vi sono 2 mude
di padiglioni, et alcuni sono fatti di legno di nogara et coperti
d’ oro, et han la coperta di sopra fatta di feltro grosso, et di
dentro sono fodrati di panni di seda et alcuni di panno d’ oro,
et quando è tempo cattivo se gli tira di sopra una coperta di
tela, acciocchè il feltro non perda di colore, et quando sono
acconci in piedi vengon a parère una cuba rotonda, et hano le
sue porte che se sara con chiave, et sono buoni da campeggiar
d’ està et d’ inverno, et ne hano anco di tela grandi et piccoli
d’ ogni sorte per tutta la brigata.
Dapoi sono le squadre, che hano carico di governar il campo
et questi è quelli che conducono li cari e carete con le cose
necessarie per viver, et hano carico delle sbare del Gran Turco,
et il capo ha di salario aspri 50 al giorno, et tutti gli altri, che
sono circa 80, hano aspri 8 per uno al giorno, et le carete sono
quatordici ben lavorate et coperte di panno rosso, et indorate di
dentro via , et le sbare sono 4, due da cavallo et due da mulo,
pur coperte di panno rosso et indorate d’ oro, le quali si menano
per rispetto che se il Gran Turco si sentisse male, over che ’1 vo-
lesse far viaggio la notte allora il monta in caretta, over in sbara
secondo che a lui piace.
Sono poi le squadre di Sartori, et il Capo di queste ha as-
pri 50 al giorno, et Vitio capo 25, li Maestri che sono persone
200, che tagliano et cuseno li drapi hano aspri 10 per uno et
molti regali et doni. Questi fano vestimenti, li quali il Gran
Turco fa fare per douar alla sua brigata over a qualche suo
Signorotto, comè il più delle volte suol donare a molti. Questi
fano altri lavori, corne coltre di seda, di pano d’ oro, le quali si
usano in Turchia.
Dapoi vi sono la squadra di quelli che governano li Cavalli
et le stalle del Gran Turco, et il Capo di questa è intitolato
Imbrar1, che vol dir in lingua nostra Maestro di stalla, et
1. Imbrar de YHist. Turch inichaor bassi ; Menavino écrit: Imbroor bascia.
Spand., p. 77 : mavracor bassi; 124 : marocar bassi On prononce vul-
gairement émit' akhor bachî grand écuyer, chef des écuries, imrakhor
75 —
questo ha di salario aspri 100 al giorno, et molti doni del Gran
Turco, et ha cavalli per suo uso, et questo è obligato d’andar
2 volte al giorno facendo la cercha per tutte le stalle, et vedere
corne le cavalli sono ben trattati et ha liberté di castigar quelli
che li attendono, trovandosi mancar del suo debito. Sono poi
quelli che governano li cavalli che sono circa 200, et ogn’ uno
ha un discepolo sotto di sè, li quali ha no aspri 8 et chi 10 per
uno al giorno, et ogni uno con il suo discepolo governa sette
cavalli, delli quali quando fa bisogno di campegiar, sei ne sono
per cavalcare, et una per portar cose necessarie, a questo modo
sono compartite per ordine tutte le stalle del Gran Turco.
Hora si dirà il modo che tien li Tui'clii a nutrir li cavalli .
Prima il Gran Turco fa tener a nome suo gran coppia di razze
in diversi luoghi et paesi, et perché tutti li suoi sudditi se ne di-
letano, massimamente quelli délia Natolia, per cio chè quelle
parti producono buoni Cavalli, et il Gran Turco dove sono le sue
razze ivi li tiene stalle et huomini, li quali hano governo di
quelle, et quando li poledri sono di duoi anni, vuole che siano
levati dalle cavalle et siano menati aile stalle, et gli siano poste
le capece alla testa, et siano legati un piede da dietro con una
corda lungaun braccio e mezzo, et poi siano coperti secondo il
caldo et freddo che sono, et poi ogni sera vi siano datti 8 pu-
gni di orzo in una sacchetta, la quai se li taca alla testa persin
alla mattina, etse fosse d’estate nel tempo che sitrovaerba fresca
ogni giorno, et notte ne dà quanta ne puô mangiare, et se fosse
daltro tempo vi si dà puoco strame : ogni giorno poi sono stri-
gliati, et gli sono messa la sella et la briglia, et sono menati a
mano un gran pezzo, et cioè fanoper domesticarli,et dopo che
hano forniti li hanni tre, si convincia a domarli a poco a poco,
tuttavia mettendoli al passo et strapasso, et dopo che hano
preso l’andar li cominciano a far correre, et al principio non li
da gran corsa, sua pianamente si li va crescendo la fuga fino a
bachi. Voici ce que dit GeufTroy du grand écuyer de l’empereur (édit. Sch ,
p. 124, n.). « Le grant a cinq cents aspres par jour avec lieutenant, escripvain
et commande les palle-freniers, mulletiers, selliers, esperonniers et ceulx qui
conduisent les cameaulx, ensemble tous les haratz de chevaulz et a soubz sa
charge 4,000 chevaux d’eslite ».
— 76 -
tanto che sono devoti a tal esercitio, et il mese di maggio gli
dano maggior fatica per fargli gietar via la carne poltrona, ma
non se gli sminuisce perô la biada. Et spesse volte li fano cor-
rer per luoghi arati da fresco acciocchè levano li piedi, et si
venga a far agili, et dopo che sono strusiati et magri sono poi
messi all’erba, et se gli levatutta la biada, et nel prà dove pas-
colano l’erba sono legati con una capecia longa et li tengono
imbalsiati li piedi da dietro et davanti, acciô non vada cor-
rendo et morbinizzando, et si facesse mala, et spesse volte se
gli si scambia il pascolo, cioè legati da luogo a luogo secondo
che vano pascolando, et dopo che sono stati duoi giorni ail’ erba
li fa cavar sangue del collo, et col suo sangue istesso gli ingios-
trano (intingono) l’acqua et glielo fa bevere, et li tenera cosi
al pascolo per giorni 40, cosi il giorno corne la notte, et dopo
li 40 giorni pigliano una quantità di latte agro et gli pongono
dentro dell’ aglio pesto mescolato insieme con il detto latte et
fa corne un impiastro et con quello impiastro tutto il cavallo da
capo a piedi, et questo fano quando è sole, et dopo che è
asciutto, pigliano un caldaro d’acqua calda, et con del sapone
10 lava tutto, et con coperte nette lo asciuga et lo copre,
et poi lo pone nella stalla. Dopo piglia délia farina d’orzo et gli
ne dà la mattina et la sera quanta ne puol mangiar, et
appresso questa li da anche duoi pugni di biada bianca al pasto,
et ogni giorno li va sminuendo la farina et crescendo la biada
talchè in capo di venti giorni li vien a dar una misura di
biada per cavallo assai convenante, et due volte alla settimana
11 dà un pugno di sale avanti bever per cavallo et dieci giorni
dopo che ha cominciato a mangiar biada, li comincia a ca val-
car pianamente per qualche giorno fino a tanto che l’habbia
assettata bene la carne, poi fatto questo lo cavalca ogni giorno,
et sempre si va facendo più gagliardo, et in quel paese usano
dar l’erba cosi a un cavallo vecchio, corne a un giovane, et per
ordinario la dono ogni anno, et cosi li suoi cavalli durano assai
tempo.
Vi sono poi lasquadra de’ Mulatieri, et il Capo di questa è inti-
tolato Harmandabassi et ha di salario aspri 40 al giorno ; il
suo Vitio Gapitano ne ha 20, il Cancelliero 15, li Maestri che
- 77 —
sono quelli che governano li muli sono circa 100 persone, et
hano tutti aspri otto per uno et ogni uno ha il suo discepolo, il
quai ha per uno aspri 4 al giorno. Et ogni maestro con il suo
discepolo hanno carico di tender al chiapo (= branco) di muli,
li quali sono 7 per chiapo, sei delli quali caricano per il Gran
Turco, et il settimo è per portar le cose necessarie alli altri : et
havete da sapere che li Muli in Turchia si nutrisce al modo che
si fano li Cavalli se non che non se li dà tanta biada, ma più
strame et li Muli, i quali hano a portar some, sempre stano col
basto addosso giorno et notte acciochè essendo usi con la basta
non terni tanto le fatiche, et quelli che si cavalca stano coperti
con una pelle.
Dapoi sono quelli che governano li Gameili, et il Gapo di
questi è intitolato Siuruabasi , et ha di salario aspri 40 al
giorno, il VitioCapitano20, il Gancelliero 15. Ma questi non ha
altro carico che questo suo; li altri Maestri poi sono persone
circa 300 et ha li suoi discepoli sotto di sè, li quali è salariati
corne li mulattieri. Li Gameili si nutriscono quasi d’ogni
tempo alla foresta, purchè trovano pascoli et il suo mangiare
vogliono essere erbasi grossi, corne garzi et ogni erba aspra,
perciochè tal pascolo è la vita del Gamello, et nel tempo he
trova da pascolare non se gli dà altra biada, et lo inverno
quando non trova da mangiare li pongono in stalla et si ligano
bassi acciocchè stiano in Zenochioni corne è sua usanza, et se li
dà délia paglia minuta, et si strigliano con un bastone, 2 et
3 volte al giorno, et stano ancora loro cosi il giorno corne la
notte con il basto sopra la schena. Avvertendovi che nel tempo
che il Gamello va in amor è pericoloso da governar, et se bat-
tuto da alcuno, longamente se l’aricorda, et trovando modo fa
sua vendetta ; et di questo se ne hanno visto le moite esperienze.
Et di più ogni anno il Gamello vuol esser unto tutto con l’oglio
comune, altrimenti gli vienerebbe la rogna, et corne è rognoso
si va consumando et more. Questi animali sono utilissimi per-
ché portano4 volte tanto peso quanto porta il mulo, et quando
è ben nutritoetgrasso dura un viaggio di mezz’ anno con pochis-
simo pasto, perché dandoli ogni giorno tanta pasta di formento,
over di orzo quanto sarà un pugno senza altro strame, et a un
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bisogno staria 3 giorni senza mangiar et senza bever, il che è
ail’ opposito di quelü delT Asia et délia Barbaria, li quali fano
gli viaggi lunglii et per luoghi arati, et quelli ogni giorno vuol
il suo pasto.
Dapoi sono la squadra di quelli che hano a proveder di biade
et strami per uso di Cavalli, Muli et Gamelli, et il Capo di
questa squadra si chiama Arpaimi 1 : questo hadisalario aspri
80 al giorno et biada per dieci cavalli per suo conto che li dà il
Gran Turco per suo cavalcar; il Vitio Capitano ha per suo sa-
lario aspri 40 et biada per 4 cavalli medesimamente ; il Can-
celliere ha aspri 25 et biada per2 cavalli ; li altri, li quali hanno
d’andar fuora per far condur le dette biade et strami sono 100
persone, li quali hano dieci aspri al giorno et biada per 2 ca-
valli per uno; avvertendovi che tutti li cavalli che doperano
questoro in questa squadra sono tutti cavalli del Gran Turco.
Vi sono poi li Marescalchi , et il Capitano s’addimanda
Nalbantopassi 2, et ha di salario al giorno aspri 40 ; il Vitio
Capitano 20; il cancellier 15. Li Maestri, li quali lavorano a far
ferri et altro sono persone circa 200, et questi ha 8 aspri al
giorno per uno, et ogni Maestro ha il suo garzon sotto di sè.
Sono poi li Sellari, li quali fano le Selli et Briglie, et altri
fornimenti da Cavallo, da Muli, et da Gamelli, et il Capitano di
questi ha di salario aspri 30 al giorno; il Vitio Capitano 20; il
Cancelliere 15 ; li Maestri con tutti quelli che lavorano sono
1. Arpaimi pour arpa eminy. L’H. T. porte cette dénomination absolument
fautive : corpturin. — Cependant, la même H. T. cite, p. 49, les arphaemiler.
Spandouyn, p. 129, écrit arphemin et lui adjuge soixante aspres par jour.
2. L’H. T., p. 144, écrit gianizzeri. Les janissaires fyéni tcheri = nouvelle
troupe, nouveaux soldats) formaient un corps d’infanterie d’élite, chargé de la
garde du sultan. Il a été créé en 1329, par Orkhan, suivant les indications de
Qara Khalil Tchendérély, et bénit par le derviche Bektachy, qui en a prédit la
grandeur future. Pour leur bravoure et leurs exploits, ainsi que pour leur indis-
cipline et leurs méfaits, les janissaires rappellent les prétoriens de Rome et les
strélitz de Russie.... Ce corps d’élite, mitraillé par le sultan Mahmoud (juin 1826),
comportait mille hommes sous Orkhan, dix mille sous Mohammed II, puis douze,
vingt et quarante mille à l’apogée de l’empire ottoman. Leur chef Aga, Janissar
agha, est un capitaine de si grande autorité et réputation, que bien souvent il
épouse les filles et les sœurs du Grand Turc. — Cf. Georgiewitz, Ménavino-Cus-
piniano, Spandouyn, Geufîroy, N. de Nicolay ; Du Fresne Canaye, Ludovisi,
Navagero (Albéri, relaz.). — Djevad Bey, trad. G. Macridès : « Le corps des
Janissaires ». Paris, 1884 B. N. 8 J. 956.
— 79 —
forsi 300 persone, et hano aspri 8 per uno al giorno, et tutti li
lavorieri che fano sono per la stalla del Gran Turco.
Dopo che si ha detto dei Gavalieri délia Corte, hora si dirà
délia fanteria et altre circostanze.
Prima vi è una squadra detta la squadra delli Genizari , la
quai computando li Gapi et li deputati intutto sono dieci millia
persone, tutti huomini da fatti et il Capitano di questa ha
maggior dignità et più salario di ogni altro. Questo ha di sala-
rio aspri sinquesento al giorno, et la intrade di 2 grosse ville
senza le regalie et presenti ; et il Vitio Capitano ne ha aspri
200 al giorno et altre regalie. Dopo ogni mille hano il suo Con-
testable li quali hano per il suo salario 100 aspri per uno al
giorno. Et ogni 100. hano il suo capo, che qui addimandiamo
qui capo di sento, et tutti questi sono obligati di star ail’ ubbi-
dienza del primo Capitano» li quali hanno al giorno aspri 50;
et tutto il resto di questi X millia hano un capo, il quai ha di
salario aspri 16 al giorno. Et corne havete inteso di sopra questi
Genizari stantiano tutti con li suoi Caporali nell’ anzidetto Cor-
tivo, cioè undeci per casa un Gaporale con li dieci compagni ;
gli altri capi stanziano in un altro luogo, et questi Caporali stano
sempre nelle stantie di questo Cortivo con li suoi X compagni,
salvo se alcuno fusse maritato, che sia Caporale over compagno
il Capitano li consede la licenza di stardove a loro piace, ma
pur nella Terra, chè facendo altrimenti sarebbero castigati; et
questi hano gran carichi, peroche li duoi ultimi consorti per
ogni X sono obligati a servir li altri, cioè il suo Caporale con li
altri suoi compagni, et li convien servir corne fossero suoi
schiavi propri.
(Ici s’arrête brusquement le manuscrit vicentin.)
a— C2SL-A- —
- 80 -
TABLEAU CHRONOLOGIQUE DES NEUF PREMIERS SULTANS
DE CONSTANTINOPLE
Osman I n. 1259 Mourad II n. 1403
— a. 1300 — a. 1421
— m. 1327 — m. 1451
Orkhan n. 1288 Mohammed II (el Fatih = le
— a. 1326 Conquérant). n. 1429
— m. 1358 — — a. 1451
Mourad (Khodavendiguiar = — — m. 1481
seigneur). n. 1325 Bayézid II n. 1447
— — a. 1358 - a. 1481
— — m. 1389 — m. 1512
Bayezid Ildérim (le foudre) . n. 1360 Sélim (Yavouz = le sévère,
— — — a. 1389 le cruel). n. 1467
— — — m. 1403 — — — a. 1512
décès suivi de dix ans d’interrègne. — — — m. 1520
Mohammed I n. 1379
— a. 1413
— m. 1421
Eski Séray (Saraï), ou vieux Sérail, palais des Demoiselles, rappelait moins que
le palais du Grand Seigneur le Kremlin de Moscou. Toutefois, il était encore fort
étendu. Situé entre la mosquée de Suléïman et celle de Bayézid, il a été élevé
sur l’emplacement de l’ancien palais du Sénat (construit par l’empereur Constan-
tin) de 1454 à 1457, sous Mohammed II. Une haute muraille non fortifiée l’entou-
rait; 3,000 personnes étaient attachées à ce palais, sous la direction du chef des
eunuques noirs. Longtemps négligé, il fut l’asile des femmes des sultans défunts
et des Khadines répudiées par le Grand Seigneur. — Le ministère de la guerre,
« le Séraskierat », en occupe la place aujourd’hui. Cf. Grelot, Baudier, Th. Gau-
tier, de Amicis.
Péra : aussi les Vignes de Péra ; résidence des ambassadeurs catholiques. Au
pied du palais de France, à Péra, se déroule un panorama féerique. Du Fresne
en a été ravi : « Nous regardions, avec une grande admiration et un grand plaisir,
tantôt le sérail du Grand Seigneur, placé en face de notre maison, tantôt le
merveilleux port, alors couvert de vaisseaux innombrables, tantôt le Bosphore,
Scutari, Chalcédoine et le golfe de Nicomédie, et tantôt File des Princes et plus
loin le mont Olympe » (p. 52 et 53).
Voir aussi Recueil d’Alberi (M. Venier, 1582), notre livre sur le « Catho-
licisme au xvii* siècle, à Péra ».
Bexestran (besostum, basestagno, besestag, bezestan), synonyme de bazar. —
Le grand est célèbre à Constantinople ; tous les voyageurs le mentionnent dans
leurs relations.
Voir : Spandouyn, p. 194; Gyllius, p. 158 ; Nicolaï, p. 75; Stochove, p. 52.
Roumili-hissar ou château d’Europe, construit par Mohammed II, en 1452, à l’em-
placement d’une prison d’Etat byzantine appelée « Tour du Léthé, de l’Oubli. »
On appela encore ce château fort Néocastron (terme grec) et Yéni-qalè (terme
turc). Abandonnée depuis des années, celte forteresse offre néanmoins encore des
ruines imposantes. Voir dans Hammer, Baedeker, Joanne (guides), une description
exacte, infiniment moins outrée que la suivante : « Castellum hoc adeo munitum
altumque factum est, ut turres ejus attingant regiones Saturni planetae, visusque
- 81 —
hominum, dum cacumina quaerit pinnarum, ad summum putet ascendere coelum,
et ignem custodum, ob immensam turrium celsitudinem, a lumine Saturni discer-
nere nequeat. » Kbodja Saad ed-Din. — Au xv# siècle, Roumili-hissar était armé de
gros canons destinés à menacer Constantin Dragasès, à surveiller les navires du
Bosphore, bien plus qu’à empêcher les Russes de venir prendre Constantinople.
Yédi Koulé, ou encore Mermer Roulé, le château des Sept Tours ou de la
Marmara (de la Mer Majeure), occupe la place d’un ancien château Pentapyrgion.
Cette forteresse servit aussi pour garder le trésor du Grand Seigneur et de pri-
son. Elle était bien fortifiée avec du canon et possédait une garde de 500 hommes
« Assarélis », tous anciens janissaires. Nombre de personnages turcs ont péri
dans cette forteresse ; sept sultans y ont été assassinés par les janissaires. Plus
d’une fois l’on vit une tête de vizir accrochée à ses créneaux. Plusieurs ambassa-
deurs chrétiens ont été détenus à Yédi-Koulé (Ruffin de 1798 à 1801). Pouqueville,
qui lui tint compagnie, a laissé une longue description de cette prison d’État.
Depuis longtemps abandonnée, elle n’intéresse plus que les touristes (Cf. Nicolaï,
Gautier).
TABLE DES MATIÈRES
Introduction au manuscrit vénitien : « Traduction du testament de
Mahomet, le prophète, à Ali son gendre »
Première édition annotée
Introduction au manuscrit vicentin : « Voyage fait par Angiolello,
de Venise à Négrepont, à Constantinople. — Mohammed II, son
sérail et sa cour »
Édition annotée
Notes finales
BESANÇON. — IMPRIMERIE JACQUES ET DEMONTROND.
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